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Constructeurs

Automobile : l'Europe est encore très loin d'un consensus sur le CO2

Publié le 25 juin 2026

Par Christophe Jaussaud
3 min de lecture
Alors que le texte sur l'assouplissement de la réduction des émissions de CO2 présenté par la Commission en décembre 2025 entre dans sa phase de négociation entre États, l'Allemagne et la France ne sont pas du tout sur la même longueur d'ondes. L’Allemagne pousse notamment pour intégrer les PHEV.
L'Allemagne et la France s'affrontent sur le futur texte lié aux émissions de CO2. ©Union Européenne

La France qui réclame le tout électrique pendant que l'Allemagne milite pour des aménagements supplémentaires : les Européens ont affiché de profondes divergences jeudi 25 juin 2026 à Luxembourg sur la trajectoire de réduction des émissions de CO2 dans l'automobile en Europe.

 

Poussée par Berlin, la Commission européenne a proposé en décembre de renoncer à l'interdiction de la vente des voitures thermiques neuves à partir de 2035, afin d'offrir davantage de souplesse à l'industrie.

 

 

À la place, les constructeurs d'automobiles devront réduire de 90 % les émissions de CO2 par rapport aux niveaux de 2021 et compenser les 10 % d'émissions restantes.

 

Mais l'Allemagne souhaite aller nettement plus loin dans les flexibilités accordées aux constructeurs. Lors d'une réunion des ministres de l'Environnement des Vingt-Sept, Berlin a notamment demandé des aménagements en faveur des véhicules hybrides rechargeables.

 

Helen Winter, diplomate de la représentation allemande auprès de l'UE, a aussi réclamé que "les véhicules fonctionnant exclusivement avec des carburants renouvelables" puissent être "comptabilisés comme véhicules à zéro émission". Une telle prise de position en faveur des biocarburants est également défendue par l'Italie.

 

 

L'Allemagne s'est opposée à une proposition de la Commission pour électrifier les flottes d'entreprises. Elle a aussi contesté les "supercrédits" que Bruxelles voudrait accorder avant 2035 aux constructeurs automobiles fabriquant des petites voitures électriques bon marché dans l'UE.

 

La France, qui souhaite s'en tenir à la proposition de la Commission européenne de décembre, a haussé le ton. "Nous serons opposés à toute mesure qui conduirait à casser le signal d'investissements dans l'électrique", a mis en garde la ministre française de la Transition écologique Monique Barbut.

 

"Je souhaite être très claire, les carburants alternatifs ne sont pas équivalents à l'électrique […] Ces carburants ne sont pas zéro émission et coûteront très cher", a-t-elle martelé.

 

"Quant aux véhicules hybrides rechargeables, leurs émissions réelles sont trois fois et demie supérieures aux émissions comptabilisées aujourd'hui", a-t-elle assuré, en plaidant pour mettre à jour un coefficient utilisé pour évaluer la part réelle de l'utilisation de ces voitures en mode électrique.

 

À l'inverse de l'Allemagne, la France a aussi apporté son soutien aux "supercrédits" proposés par Bruxelles pour inciter les constructeurs à fabriquer de petites voitures électriques en Europe.

 

La négociation s'annonce particulièrement âpre entre les Vingt-Sept dans les mois qui viennent. Le commissaire européen au Climat, Wopke Hoekstra, a insisté de son côté sur les ventes "spectaculaires" de voitures électriques depuis la flambée des prix des carburants liée à la guerre au Moyen-Orient. Y voyant un signal pour maintenir une trajectoire ambitieuse. (avec AFP)

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