Automobile : l'Europe est encore très loin d'un consensus sur le CO2

La France qui réclame le tout électrique pendant que l'Allemagne milite pour des aménagements supplémentaires : les Européens ont affiché de profondes divergences jeudi 25 juin 2026 à Luxembourg sur la trajectoire de réduction des émissions de CO2 dans l'automobile en Europe.
Poussée par Berlin, la Commission européenne a proposé en décembre de renoncer à l'interdiction de la vente des voitures thermiques neuves à partir de 2035, afin d'offrir davantage de souplesse à l'industrie.
À la place, les constructeurs d'automobiles devront réduire de 90 % les émissions de CO2 par rapport aux niveaux de 2021 et compenser les 10 % d'émissions restantes.
Mais l'Allemagne souhaite aller nettement plus loin dans les flexibilités accordées aux constructeurs. Lors d'une réunion des ministres de l'Environnement des Vingt-Sept, Berlin a notamment demandé des aménagements en faveur des véhicules hybrides rechargeables.
Helen Winter, diplomate de la représentation allemande auprès de l'UE, a aussi réclamé que "les véhicules fonctionnant exclusivement avec des carburants renouvelables" puissent être "comptabilisés comme véhicules à zéro émission". Une telle prise de position en faveur des biocarburants est également défendue par l'Italie.
L'Allemagne s'est opposée à une proposition de la Commission pour électrifier les flottes d'entreprises. Elle a aussi contesté les "supercrédits" que Bruxelles voudrait accorder avant 2035 aux constructeurs automobiles fabriquant des petites voitures électriques bon marché dans l'UE.
La France, qui souhaite s'en tenir à la proposition de la Commission européenne de décembre, a haussé le ton. "Nous serons opposés à toute mesure qui conduirait à casser le signal d'investissements dans l'électrique", a mis en garde la ministre française de la Transition écologique Monique Barbut.
"Je souhaite être très claire, les carburants alternatifs ne sont pas équivalents à l'électrique […] Ces carburants ne sont pas zéro émission et coûteront très cher", a-t-elle martelé.
"Quant aux véhicules hybrides rechargeables, leurs émissions réelles sont trois fois et demie supérieures aux émissions comptabilisées aujourd'hui", a-t-elle assuré, en plaidant pour mettre à jour un coefficient utilisé pour évaluer la part réelle de l'utilisation de ces voitures en mode électrique.
À l'inverse de l'Allemagne, la France a aussi apporté son soutien aux "supercrédits" proposés par Bruxelles pour inciter les constructeurs à fabriquer de petites voitures électriques en Europe.
La négociation s'annonce particulièrement âpre entre les Vingt-Sept dans les mois qui viennent. Le commissaire européen au Climat, Wopke Hoekstra, a insisté de son côté sur les ventes "spectaculaires" de voitures électriques depuis la flambée des prix des carburants liée à la guerre au Moyen-Orient. Y voyant un signal pour maintenir une trajectoire ambitieuse. (avec AFP)
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