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Richard de Cabrol, Grand Prix ACF : "Un concours d'innovation doit nous amener sur des terres inconnues"

Publié le 15 novembre 2022

Par Gredy Raffin
4 min de lecture
La phase de candidature à l'édition 2023 du Grand Prix ACF s'achèvera le 25 novembre 2022. Alors que les dossiers lui parviennent progressivement, Richard de Cabrol, à la tête du comité d'organisation de l'événement, nous présente les nouveaux enjeux du concours de start-up.
Richard de Cabrol, organisateur du Grand Prix ACF Autotech. (©Thomas_Raffoux)

Journal de l'Automobile. Dans quel contexte se lance cette édition 2023 du Grand Prix ACF ?

Richard de Cabrol. Cette 6e édition profite du travail accompli durant les dernières années. En regardant dans le rétroviseur, nous voyons que 2019 avait été un véritable tremplin pour notre événement car nous avions réussi l'exercice de la cérémonie phygitale, puis que 2020 nous a permis d'atteindre un niveau record de candidatures, avec 89 dossiers et que 2022 nous a fait rayonné avec 47 % de candidatures étrangères et 1 700 personnes connectées au live de la finale.

 

JA. Parlons de l'internationalisation. Quel projet spécifique avez-vous mis en place ?

RdC. Nous nous sommes posé la question de créer un prix dédié aux start-up étrangères. Nous nous sommes ravisés pour prendre un autre angle. Parmi les nouveaux partenariats signés, il y en a un avec Choose Paris Region, l'agence de promotion et d'attractivité internationale de la Région Île-de-France à l'échelle nationale, régionale et mondiale. Ainsi, nous pourrons à la fois aider les start-up françaises à s'expatrier et les étrangères à venir proposer leur innovation dans l'Hexagone.

 

Nous aurons de plus en plus de prétendants au titre qui se positionneront sur des sujets de logiciels

 

JA. Quel profil de start-up peut se dégager ?

RdC. Nous n'attendons rien de spécifique car par définition un concours d'innovation doit nous amener sur des terres inconnues. Je pense quand même que nous aurons de plus en plus de prétendants au titre qui se positionneront sur des sujets de logiciels. Pour une raison simple, l'automatisation des fonctions à bord des véhicules est un domaine porteur. Nous pouvons aussi miser sur celles qui par leur invention affranchissent en partie l'automobile de leur dépendance aux semi-conducteurs car la réduction de la pollution devient une thématique moins influente que la baisse de consommation de matériaux.

 

JA. Vous avez fait allusion à de nouveaux partenariats, quels sont-ils ?

RdC. Le dernier en date à nous avoir rejoint est la SIA, la société des ingénieurs. Le Grand Prix ACF a aussi séduit le nouveau cluster de Station F baptisé Ville de demain, l'Agence Innovation (anciennement France Innovation, NDLR) et le groupe Crédit Agricole Consumer Finance.

 

JA. Outre les partenaires, il se dit que le jury aussi promet une surprise…

RdC. En effet, pour capitaliser sur notre historique, nous avons convier tous les anciens lauréats à rejoindre le jury. Cela va déplacer le centre de gravité des préoccupations financières vers des considérations plus techniques. Ils viendront éclairer les avis des grands groupes et cela promet un débat animé lors de la délibération.

 

JA. Quel crédit en tirez-vous ?

RdC. Nous envoyons un message clair aux candidats. Pouvoir réunir tous les lauréats, c'est leur montrer que chaque start-up recompressée par le passé a su trouver sa place. Scortex a été rachetée, Breizh IoT enchaîne les contrats, Qovoltis a bouclé une belle levée de fonds, Hiflow et ProovStation sont devenus incontournables dans leur domaine respectif et Geolith est au cœur des préoccupations actuelles.

 

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JA. Il n'empêche que la crise financière met à mal les perspectives de développement selon les récentes déclarations de porteurs de projets…

RdC. La hausse des taux oblige les start-up à montrer des bilans financiers plus solides. Cela impacte aussi négativement les valorisations. Je parlerais plus volontiers d'effet de nivellement après une période d'envolée. Face à la crise actuelle, les groupes constitueront des remparts en proposant des collaborations, des soutiens variés, voire des entrées au capital. Nous pensons d'ailleurs que cette perspective a motivé les premières candidatures qui nous sont parvenues plus rapidement que de coutume.

 

JA. La mobilité électrique consomme énormément de ressources. Les ingénieurs dédiés aux véhicules autonomes en savent quelque chose. Les start-up n'en souffriront-elles pas également ?

RdC. Les constructeurs sont en bonne santé financière. Le véhicule électrique n'a donc pas toute l'influence qu'on lui prête sur les budgets de R&D. Toutefois, la question se pose de savoir si les constructeurs européens consacreront des sommes suffisantes à l'innovation pour tenir la concurrence que leur imposent les rivaux chinois.

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