Quelles sont les voitures les plus volées en France ?

Moins de vols, mais des méthodes plus sophistiquées : en 2025, le vol de véhicules change de visage. C’est le constat de la fédération réunissant 254 entreprises d’assurance, France Assureurs, dans son étude annuelle sur le classement des véhicules volés, en collaboration avec Argos, groupement d’assureurs français.
L’organisation constate, dans son étude, que les premières places du classement sont prises par deux modèles Toyota, le RAV4 en première position et le CH-R en troisième position. Le Hyundai Tucson IV arrive en deuxième position des cibles privilégiées par les voleurs.
Le reste du top 10 se retrouve majoritairement dominé par les marques françaises. Ainsi, il est possible de retrouver deux modèles Renault à la quatrième et à la cinquième place avec, respectivement, la Megane IV et la Talisman. La marque au losange se retrouve également représentée à la dixième place avec la Clio IV.
Trois modèles Peugeot figurent également dans le classement avec la 508 II, la 5008 II et la 3008 II à la cinquième, sixième et neuvième place. Du côté de la marque aux chevrons, la Citroën DS7 Crossback vient compléter le top 10 en s’affichant à la huitième place.
France Assureurs constate sans surprise qu’une corrélation existe entre les modèles les plus volés et ceux qui sont les plus recherchés à la revente. L’organisme observe également que les voitures haut de gamme et les véhicules électriques ne figurent pas dans le top 10.
En ce qui concerne la première catégorie, les modèles premium ont un degré de sécurisation supérieur, limitant drastiquement leur fréquence de vol. Toujours pour des questions d’offre et de demande, les véhicules 100 % électriques n’apparaissent pas dans le classement du fait de leur difficile revente dans de nombreux pays, qui ne possèdent pas encore d’infrastructures de recharge suffisantes.
Des chiffres raccord avec ceux du ministère de l’Intérieur
Pour cette étude, France Assureurs se base sur des déclarations réalisées auprès des assureurs adhérents à Argos, soit près de 99 % du chiffre d’affaires de l’assurance automobile en France. Ces chiffres se veulent représentatifs et se basent donc sur 34 millions de véhicules assurés contre le vol en France pour 45 millions de modèles assurés.
Comme pour les autres études publiées sur le sujet, les assureurs constatent une baisse de 9 % des vols de véhicules, tous types confondus. Sur les 64 088 vols de véhicules, celui de voiture représente plus de la moitié des cibles des malfaiteurs. Ainsi, 44 104 voitures ont été dérobées en 2025, un chiffre en baisse de 6 %.
Des chiffres similaires à ceux du ministère de l’Intérieur, "mais des chiffres en valeur absolue qui sont très différents", indique Paul Esmein, directeur général de France Assureurs. "Nous sommes pratiquement dans un rapport de un à deux entre nos chiffres et ceux du ministère. Comme il n’y a que 75 % des véhicules qui sont assurés contre le vol, mathématiquement, nous retrouvons des chiffres plus importants qui ressortent du ministère de l’Intérieur, de l’ordre de plus de 33 %", ajoute-t-il.
Les chiffres du ministère comprennent les "faux vols", soit les déclarations dans les commissariats qui peuvent être des oublis d’emplacement de stationnement ou encore des mises en fourrière. Notons également que les véhicules volés et retrouvés dans la journée ne sont pas représentés dans le palmarès France Assureurs.
Des vols qui se professionnalisent et qui s’internationalisent
Au total, trois départements concentrent 18 % des vols de voitures en 2025 : les Bouches-du-Rhône (4 289 vols ; 7,6 %), le Nord (3 381 vols ; 6,0 %) et le Rhône (2 524 vols ; 4,5 %). Au total, 14 départements concentrent la moitié des véhicules dérobés en France.
"Ce sont des départements qui offrent des conditions logistiques facilitant le départ des véhicules vers l’étranger avec la présence de ports et d’infrastructures autoroutières. Ce sont également des territoires où des réseaux criminels sont implantés. Des réseaux qui ne sont pas uniquement organisés pour le vol et la revente de véhicules", précise Paul Esmein. Des vols qui sont aussi corrélés au nombre d’habitants dans les bassins de population.
"Nous ne sommes pas dans une dimension française. La plupart des véhicules ne sont pas revendus en France. C’est pour cela que nous retrouvons en tête de classement des véhicules peu vendus dans l’Hexagone. Des modèles qui ne sont même pas dans le top 20 du marché français, mais qui sont en revanche très recherchés dans certains pays où les véhicules sont revendus", assure Benoît Leclair, directeur général d’Argos. Des vols réalisés sur commande et revendus dans d’autres pays.
En 15 ans, la méthodologie de vol a changé. Ainsi, les vols par effraction, qui représentaient 80 % des cas en 2010, ne représentent plus que 30 % des dossiers en 2025. Les outils pour dérober un véhicule ont évolué technologiquement et permettent de le subtiliser grâce à des outils aussi bien électroniques que mécaniques comme un coussin d’air, des antennes relais, des clés universelles ou encore des télécommandes de piratage.
Des objets accessibles en libre-service pour un investissement allant de 4 000 à 5 000 euros. "Les cas sont de moins en moins des vols d’opportunité. Nous avons aujourd’hui affaire à des bandes criminelles bien organisées d’envergure internationale qui ont les moyens d’investir dans un certain nombre d’outils pour pénétrer le véhicule", assure Benoît Leclair.
Une évolution vers le leasing qui jette un flou
Le développement du leasing en France est à double tranchant dans le domaine du vol de véhicules. D’un côté, il permet d’augmenter le parc de véhicules premium, qui restent moins susceptibles d’être volés, mais de l’autre, il a fait naître une nouvelle manière, plus subtile, de voler un véhicule.
Désormais, certains malfaiteurs détournent les véhicules loués et jouent sur les failles du système d’immatriculation (SIV). "Il s’agit là de nouvelles fraudes qui ne sont pas considérées juridiquement comme des 'vols', mais davantage comme un détournement de location. Ces derniers ne sont donc pas comptabilisés dans nos statistiques ni dans celles du ministère de l’Intérieur", assure Benoît Leclair.
Par exemple, si un contrat de location s’étale sur trois ans, le voleur arrête à partir d’un certain moment de payer les loyers et change, avec un complice, l’identité du véhicule pour en devenir le propriétaire. Le temps que le loueur s’en rende compte, cela peut prendre du temps et le véhicule peut donc partir vers l’étranger.
Selon France Assureurs, les loueurs professionnels font du lobbying afin de pouvoir enregistrer ces vols dans le fichier Fobes. "Nous avons assisté à un nombre incalculable de véhicules qui passent la frontière espagnole pour transiter vers le Maroc. Le temps que la déclaration de vol soit faite, nous ne le revoyons plus jamais. Nous n’avons malheureusement pas de chiffres concrets pour avoir des retours sur ce phénomène", se désole le directeur général de France Assureurs.
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