La filière du lavage confrontée à une crise sans précédent

Mobilians a effectué un sondage auprès des professionnels du lavage avec l’objectif de dresser un premier état des lieux de la situation au 31 août 2026, après les nombreux épisodes caniculaires de l'été 2026. Les réponses, issues de plus de 1 400 exploitants représentant plus de 400 centres de lavage indépendants implantés dans 61 départements (un état des lieux complété par des données consolidées transmises par de grands réseaux et portant sur plus de 1 000 sites), confirment l’ampleur des restrictions d'eau et leurs conséquences immédiates sur l’activité des centres de lavage.
Les résultats font apparaître une crise à la fois opérationnelle et économique. Ainsi, 87 % des centres couverts par le sondage se disent impactés, tandis qu’un exploitant sur deux estime avoir perdu au moins 80 % de son chiffre d’affaires depuis le 1er août.
Des restrictions qui affectent directement l’exploitation des centres
Les situations rencontrées varient selon les territoires et les arrêtés préfectoraux, mais les fermetures occupent une place prépondérante. En se référant aux différents niveaux du Guide sécheresse, 23 % des exploitants déclarent au moins un centre en "alerte renforcée" et 70 % mentionnent au moins un centre situé au niveau de "crise".
Une situation qui amène 66 % des exploitants à signaler l’arrêt complet d’au moins un portique, tandis que 61 % d’entre eux subissent la fermeture de toutes leurs pistes haute pression sur au moins un site. En outre, 55 % des exploitants mentionnent simultanément une fermeture des portiques et de la haute pression sur tout ou partie de leurs implantations.
Les témoignages montrent également une forte diversité de régimes intermédiaires : maintien d’une seule piste, limitation des horaires, recours obligatoire au programme Éco, ouverture réservée aux véhicules sanitaires ou professionnels, ou fonctionnement conditionné à la présence d’un système de recyclage.
Une importante baisse de chiffre d’affaires
Ces restrictions d'eau entraînent une baisse d'activité aux conséquences économiques désastreuses. Si 91 % des exploitants déclarent une baisse de chiffre d’affaires depuis le 1er août 2026, 50 % l’estiment à au moins 80 %, quand 32 % déclarent une perte de 100 % correspondant à une activité totalement à l’arrêt. Les exploitants monosites apparaissent particulièrement vulnérables : 38 % se déclarent totalement à l’arrêt, contre 24 % des exploitants multisites, dont les différentes implantations peuvent parfois compenser le manque à gagner.
Par ailleurs, environ 28 % des centres interrogés seraient équipés d’un système de recyclage de l’eau. Les résultats du sondage font apparaître des écarts sensibles selon le niveau d’équipement. Ainsi, seuls 3 % des exploitants entièrement équipés déclarent une activité totalement interrompue, contre 38 % de ceux ne disposant d’aucun dispositif de recyclage. De même, la fermeture des portiques concerne 47 % des centres entièrement équipés, contre 70 % de ceux qui ne recyclent pas l’eau.
Ces données tendent à montrer que le recyclage de l’eau peut renforcer la capacité des centres à maintenir leur activité en période de restrictions. Elles ne permettent toutefois pas d’établir, à elles seules, un lien direct de cause à effet. Les mesures préfectorales, le niveau d’alerte et les contraintes techniques diffèrent en effet selon les territoires. Disposer d’un système de recyclage ne garantit donc pas, à lui seul, la poursuite de l’activité.
Face aux fermetures, 21 % des exploitants ont sollicité une dérogation auprès des services préfectoraux pour tout ou partie de leurs centres. Parmi les demandes dont l’issue est connue : 69 % ont été refusées ; 19 % étaient encore en attente au 31 août ; 13 % ont été acceptées, pour moitié totalement et l’autre partiellement.
À ce stade, la dérogation apparaît donc comme une voie étroite, appliquée au cas par cas et de façon peu prévisible. Au vu du manque de précipitations sur bon nombre de régions du territoire français, la situation risque fort de perdurer jusqu’à la mi-octobre.
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