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Industrie

L'industrie automobile espagnole demande des mesures exceptionnelles

Publié le 23 septembre 2022

Par Gredy Raffin
3 min de lecture
Les associations espagnoles des constructeurs et des équipementiers, l'Anfac et Sernauto, demandent au gouvernement de Pedro Sánchez d'adopter des mesures exceptionnelles. Celles-ci doivent aider à préserver la compétitivité du pays.
Wayne Griffiths et Francisco J. Riberas, respectivement présidents de l'Anfac et de Sernauto.

Un plan choc, voilà ce que souhaitent à l'unisson les associations espagnoles des constructeurs et des équipementiers que sont l'Anfac et Sernauto. Une requête envoyée directement au gouvernement du premier ministre, Pedro Sánchez, au sortir d'une réunion qui s'est tenue jeudi 22 septembre 2022.

 

Par la voie de leurs présidents respectifs, Wayne Griffiths et Francisco J. Riberas, l'Anfac et Sernauto ont exprimé leur plus vive inquiétude quant la situation de l'industrie automobile en Espagne. Entre la crise actuelle des semi-conducteurs et les hausses conjuguées des prix des matières premières, de l'énergie et de la logistique, les deux associations ont décrit un climat de "grande instabilité".

 

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"Des situations extraordinaires comme celles-ci nécessitent des mesures extraordinaires. Nous représentons une industrie stratégique pour notre pays et nous devons la soutenir pour pouvoir surmonter cette période avec des garanties, sans perdre la compétitivité ni les emplois importants que nous générons", s'est notamment exprimé Francisco J. Riberas.

 

Il s'agit pour l'Espagne de consolider son statut de deuxième pays le plus important du secteur industriel européen. "Pour maintenir cette position dans la nouvelle mobilité, nous devons profiter du fait que la transformation vers le véhicule électrique et l'élimination de l'empreinte carbone représentent une opportunité pour déplacer des pièces, produits et services neutres en CO2 en Espagne, de leur production à leur distribution et commercialisation", avancent communément les associations.

 

Concrètement, selon elles, l'Espagne doit utiliser efficacement l'arrivée des fonds européens Next Generation EU pour acquérir une autonomie technologique et apporter des composants critiques tels que des semi-conducteurs ou des batteries au pays. Elles invitent également à favoriser la relocalisation de chaînes.

 

Respecter la neutralité technologique

 

Des rapatriements conditionnés, toujours selon l'Anfac et Sernauto, à la garantie d'obtention de financements pour renforcer les fonds de roulement, notamment celles des PME, ou une augmentation des crédits d'impôts à destination des projets de développement industriel, de produits et de procédés. "Ainsi, le poids qu'elle a perdu ces trois dernières années reviendrait à l'industrie nationale et à ses entreprises", arguent les associations.

 

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Un autre volet des doléances concerne la nécessaire garantie de la neutralité technologique, tout en assurant la promotion des ventes de véhicules électrifiés. "Des mesures telles que l'exonération d'impôt sur le revenu des subventions, les crédits d'impôt pour le renouvellement des flottes de véhicules électrifiés, ou l'articulation de mécanismes pour un plan Moves III plus efficace, seraient des outils essentiels dans ce sens", peut-on lire dans le communiqué.

 

Les constructeurs et les équipementiers ont à ce titre demandé au gouvernement espagnol de fixer des objectifs contraignants et annuels en vue d'accélérer l'installation des bornes de recharge rapide. Tandis que sous couvert de bénéfice environnemental, en forçant la mise au rebus des véhicules les plus anciens et polluants, les industriels tentent de réamorcer un mouvement de remplacement forcé du parc automobile. Encore faut-il que les consommateurs puissent suivre.

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