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Industrie

L'électrification rapide du secteur automobile apporterait une meilleure valorisation en Bourse

Publié le 1 juin 2022

Par Catherine Leroy
4 min de lecture
L'association Transport & Environment a demandé au cabinet Profundo une analyse financière sur l'impact d'un passage rapide aux véhicules électriques. Selon cette étude, publiée quelques jours avant le vote sur les émissions de CO2 au Parlement européen, la valeur de marché des constructeurs automobiles augmenterait de 800 milliards d'euros.
T&E a commandé au cabinet Profundo une analyse financière qui selon eux prouve que l'électrification rapide des véhicules apporte une meilleure valorisation boursière.
T&E a commandé au cabinet Profundo une analyse financière qui selon eux prouve que l'électrification rapide des véhicules apporte une meilleure valorisation boursière.

La publication de l'analyse financière commandée par l'association Transport & Environment tombe à pic. Alors que le Parlement européen s'apprête à voter en séance plénière, les 7 et 8 juin 2022, les textes du paquet Climat, dont celui sur les émissions de CO2 des véhicules neufs, T&E publie de son côté une analyse financière qui montre les vertus de l'électrification des véhicules pour les constructeurs.

 

Lire l'intégralité de l'étude ici :  Etude Profundo valorisation boursière des constructeurs face à la transition électrique

 

L'association a en effet commandé au cabinet Profundo (proche de plusieurs organisations environnementales) une étude sur la valorisation en bourse des constructeurs en cas d'une électrification plus rapide du marché. "A chaque fois, dans l'histoire de l'automobile, une transition rapide est assimilée à des tensions financières, des pertes d'emplois et des faillites potentielles. Une fois encore, le sujet se transforme  en une formule obsolète qui est l'environnement contre l'économie", explique T&E qui, cette fois, a décidé de n'utiliser que des arguments financiers pour pousser les constructeurs à accélérer l'abandon des moteurs thermiques.

 

A lire aussi : L'appel des 28 pour interdire les véhicules thermiques en 2035

 

Profundo a analysé les données financières de six constructeurs automobiles : trois entreprises de voitures de grande diffusion (VW, Stellantis et Toyota) et trois constructeurs de voitures haut de gamme (Volvo Cars, Mercedes-Benz et BMW). Sur la base des chiffres financiers des entreprises, de leurs plans stratégiques et des tendances du marché, une analyse approfondie a été réalisée pour VW, représentatif de la moyenne du marché, puis une méthodologie similaire a été appliquée aux autres constructeurs pour comprendre la relation entre la vitesse de l'élimination progressive du moteur à combustion et la valeur marchande des entreprises selon trois échéances de passage au 100 % électrique :  plans actuels, lent et rapide (passage au tout électrique en 2025-2030).

 

L'analyse de Profundo montre qu'une transition rapide vers les véhicules électriques par les six constructeurs automobiles traditionnels pourrait entraîner une augmentation de la valeur des capitaux propres de 800 milliards d'euros par rapport à une transition lente. Celles-ci devraient générer des marges plus élevées, entraînant une augmentation de la valeur des capitaux propres pour les actionnaires ainsi qu'un meilleur accès au capital.

 

En moyenne, le scénario de transition rapide (c'est-à-dire une montée en puissance plus rapide en 2025-30 que les plans actuels) présente un potentiel de croissance de 316 % par rapport aux valeurs de marché actuelles, les constructeurs automobiles de masse multipliant leur valeur de marché par trois et les constructeurs haut de gamme par cinq.

 

 

Les constructeurs automobiles qui prévoient d'éliminer progressivement les moteurs à combustion d'ici à 2030 sur les marchés matures présentent le potentiel de valorisation le plus élevé. Profundo indique en effet que la valeur de marché de Stellantis pourrait augmenter de 270 % et celle de Mercedes-Benz de 410 %.

 

Des arguments pour scinder les activités thermiques et électriques

 

Cette analyse est visiblement partagée par d'autres constructeurs dont la volonté de scinder les activités électriques et thermiques est en cours d'étude ou déjà effectuée. Le dernier exemple en date concerne Renault, dont l'analyse est toujours en cours.

 

A lire aussi : Renault précise les contours d'une éventuelle scission de ses activités

 

Lors de l'assemblée générale des actionnaires de Renault qui s'est déroulée le 25 mai 2022, Luca de Meo, directeur général du groupe, avait indiqué : "Nous voulons rassembler les assets électriques dans une unité spécifique en France et une entité dédiée aux moteurs thermiques, hors de France. Ces études avancent très bien et confirment le fort potentiel de l’opération et les grandes motivations au sein du groupe. Mais attention, c'est un projet de construction et non de division du groupe".

 

Ford, a quant à lui, déjà franchi le pas, en rassemblant ses activités électriques sous l'appellation Ford Model e tandis que la division thermique se retrouve désormais sous la marque Ford Blue.

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