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Industrie

L'appel des 28 pour interdire les véhicules thermiques en 2035

Publié le 19 mai 2022

Par Catherine Leroy
4 min de lecture
Ford, Volvo et LeasePlan ont rejoint l'appel lancé par l'association Transport & Environment aux législateurs européens pour interdire les véhicules thermiques particuliers et utilitaires légers dès 2035. Une lettre qui tombe à pic alors que les députés doivent voter, début juin 2022, le texte sur les futures normes d'émissions de CO2.
Ford, Volvo, LeasePlan ont rejoint l'appel lancé par l'association Transport & Environment aux législateurs européens pour interdire les véhicules thermiques particuliers et utilitaires légers dès 2035.
Ford, Volvo, LeasePlan ont rejoint l'appel lancé par l'association Transport & Environment aux législateurs européens pour interdire les véhicules thermiques particuliers et utilitaires légers dès 2035.

Le 17 mai 2022, l'association Transport & Environment a transmis aux députés européens une lettre d'engagement de 28 groupes industriels pour s'assurer que toutes les voitures et camionnettes neuves soient zéro émission à partir de 2035 et à fixer des objectifs contraignants en matières d'infrastructures de recharge.

 

Une lettre assez classique dans cette phase d'intense lobbying avant le vote en séance plénière au Parlement européen qui doit signer la fin de vie des véhicules thermiques dans le futur règlement sur les normes d'émissions de CO2.

 

A lire aussi : La fin de la vente des véhicules thermiques se profile bien pour 2035

 

Mais la grande nouveauté réside dans la présence de deux constructeurs et d'un loueur longue durée, comme signataires de cette lettre. Volvo, Ford et LeasePlan s'affichent désormais clairement en faveur de la proposition de la Commission européenne, aux côtés de groupes tels que Uber, Unilever, Fastned, Vattenfall, EV Box, Allego ou encore Sanofi (lire la liste complète en fin d'article).

 

"Transport & Environnement a coordonné la lettre pour avoir des signataires dans plusieurs domaines industriels", affirme Diane Strauss, présidente de l'association T&E en France. "Nous sommes en contacts réguliers avec tous les constructeurs sur ce sujet de la transition énergétique. Certains sont proactifs sur le sujet, comme Volkswagen, même s'ils n'ont pas signé officiellement et souhaitent même avancer les objectifs à 2030. D'autres, au contraire, comme BMW essaie de retarder la transition." Pour l'instant, les groupes français ne se sont pas encore officiellement positionnés.

Quels sont les constructeurs qui seront prêts au 100 % électrique en 2030 ?

 

 

L'ACEA a d'ailleurs écrit une lettre au Président de la République, Emmanuel Macron, au titre de la présidence française du conseil de l'Union européenne. Dans cette dernière, Oliver Zipse, également président de BMW, faisait valoir "qu'il était prématuré de fixer un objectif pour 2035. La fabrication de voitures à batterie, les seuls véhicules capables de respecter les limites d'émissions prévues par l'UE, dépend de fournisseurs étrangers pour les matières premières des batteries. L'extraction et le raffinage des matières premières pour les batteries sont principalement situés en dehors de l'Europe, et certains sont situés dans des pays à haut risque."

 

"Chez Ford Europe, nous sommes convaincus que la liberté de mouvement va de pair avec le respect de la planète et des autres. C’est pourquoi nous tenons à ce que tous les véhicules Ford soient zéro émission d’ici 2035, conformément à cet appel, à l’initiative RouteZero de la COP26 et à l’engagement pris dans le cadre de la conférence de Paris sur le climat. Pour y parvenir, nous avons besoin que les responsables politiques de l’UE fixent eux aussi des objectifs nationaux contraignants à même de garantir une infrastructure de recharge électrique sans faille, qui soit à la hauteur de la demande croissante de véhicules électriques et qui permette aux entreprises et aux consommateurs européens de tirer pleinement parti de l’univers numérique dans lequel ils évoluent", a ainsi expliqué Stuart Rowley, président de Ford Europe.

Un vote en séance plénière en juin 2022

 

A quelques jours du vote décisif sur les futures normes d'émissions de CO2, l'ONG estime que l'objectif n'est pas encore acquis même si le doute pour 2035, comme date butoir pour la vente de véhicules thermiques, ne semble plus permis. La France, qui se doit d'être neutre en cette période de présidence du Conseil européen, s'est finalement rangée à la position de la Commission européenne. "Mais nous ne sommes pas l'abri de changements de dernière minute", estime Diane Strauss. "Et nous l'avons vu d'ailleurs lors des dernières discussions de la commission Environnement au Parlement européen. Nous avons été très déçus de voir que les objectifs intermédiaires plus contraignants, notamment en 2027 et 2030, n'ont finalement pas été retenus."

 

Reste également en suspend la place qui sera accordée aux hybrides rechargeables mais aussi aux carburants de synthèse : deux sujets qui seront discutés lors du vote en séance plénière qui doit se dérouler du 6 au 9 juin 2022.

 

La lettre d'engagement coordonnée par T&E réunit les signatures de : Allego, An Post, Arrival, AVERE, Ball, ChargePoint, Currys, Danfoss, EDP, EVBox, FastNed, Ford, Greenway, Grundfos, Iberdrola, LeasePlan, Li-Cycle, Novo Nordisk, Sanofi, SAP Labs in France, Solar Group, Tesco, Uber, Unilever, Vattenfall, Volvo Cars, Vulcan, Zurich.

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