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Industrie

Comment l'Europe compte rendre son industrie verte compétitive

Publié le 17 mars 2023

Par Catherine Leroy
3 min de lecture
Les règlements sur l'industrie zéro carbone et sur l’approvisionnement en matériaux critiques doivent être la réponse de l'Europe à l'Inflation Réduction Act américain. Mais sans les finances !
Europe et règlement sur l'approvisionnement en matières premières
L'Europe veut sécuriser l'approvisionnement des États membres en matières premières stratégiques telles que le lithium, le nickel, le cobalt ou le manganèse pour les batteries. © crédit phonlamaiphoto / adobe.stock.com

Très attendue depuis l'instauration de l'Inflation réduction Act aux Etats-Unis par le président Joe Biden, la réponse de la Commission européenne est intervenue le 16 mars 2023.

 

Celle-ci se base sur deux textes de lois. Le premier sur l'industrie à zéro émission nette (Net Zero Industry Act). Le second sur les matières premières critiques (European Critical Materials Act).

 

Tous deux doivent permettre de sécuriser l'approvisionnement des États membres en matières premières stratégiques telles que le lithium, le nickel, le cobalt ou le manganèse pour les batteries.

 

Actuellement, "nous recevons 98 % de notre approvisionnement en terres rares de Chine, 93 % de notre magnésium de Chine, 97 % de notre lithium de Chine", déplore la présidente de la Commission Ursula von der Leyen.

 

Extraire en Europe 10 % de notre consommation

 

Il est désormais établi que d’ici à 2030, la demande en lithium sera multipliée par douze pour produire les batteries des véhicules électriques. Pour limiter cette dépendance et d'autres, l'Union européenne veut créer les conditions pour extraire sur son sol 10 % de sa consommation annuelle de matières premières stratégiques, contre 3 % aujourd'hui.

 

A lire aussi : Philippe Varin : "Avec le véhicule électrique, la question des matériaux ne peut pas être évitée"

 

Le texte prévoit également de passer à "au moins" 40 % de la transformation et du raffinage sur le sol européen, contre "entre zéro et 20 %" à l’heure actuelle, a indiqué Thierry Breton, commissaire européen qui souhaite "passer de la naïveté à l'action" !

 

Enfin, d’ici à 2030, aucun pays tiers ne devra fournir à lui seul plus de 65 % de la consommation annuelle de l’UE dans chacune des matières stratégiques listées.

 

Quel financement ?

 

Mais contrairement aux États-Unis qui font bénéficier d'aides financière de près de 500 milliards de dollars sur dix ans, l'Union européenne n'a pas apporté de nouveaux fonds. Le soutien s'effectue plutôt par le biais d'aides d’État. Ou encore d'investissements privés soutenus par la Banque européenne d'investissement. La délivrance de permis et le financement des projets permettant d’extraire, de transformer ou de recycler ces dernières dans l’UE seront également facilités.

 

L’Union européenne qui craint que la loi américaine pousse les industriels à délocaliser leurs activités outre-Atlantique, répond donc à un flux massif d'argent par une simplification administrative.

 

A lire aussi : Volkswagen choisit le Canada pour implanter son usine de batteries

 

Le Parlement européen puis le Conseil de l'Union européenne vont désormais s'emparer de ces deux textes. Leur adoption définitive n'interviendra pas avant plusieurs mois. Avec la promesse de longues batailles entre l'Allemagne et la France sur le rôle du nucléaire dans une industrie zéro carbone.

 

Reste à savoir si cette volonté européenne n'arrive pas trop tard. Le plan 2025 chinois sur ce même sujet date de 2015. L'IRA américain, moins d'un an après son adoption, produit déjà des effets en matière d'investissements. Tesla a décidé de privilégier la production de batteries sur le sol américain.

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