Après 25 ans dans l’aluminium chez Pechiney, 6 ans dans l’automobile chez PSA, 6 ans dans le nucléaire, puis président de France Industrie, Philippe Varin a été président de Suez de 2020 à 2022. Missionné par le gouvernement sur la sécurisation de l’approvisionnement en matières premières minérales, ce dernier a accepté d’évoquer les nombreux défis qui se dressent sur la route vers l’électrique pour les constructeurs automobiles.
Philippe Varin, ancien président de France Industrie et de PSA, auteur du rapport sur la sécurisation de l'approvisionnement en matières premières minérales.
Journal de l’Automobile : Au début de cette année, vous avez remis un rapport au gouvernement qui estimait que ne pouvaient être produits en Europe que 30 % des métaux stratégiques pour l’automobile électrique. Comment a évolué le marché des matériaux critiques ?
Philippe Varin : Le diagnostic, qui a été dressé lors de la réalisation de ce rapport, est plus valable que jamais. Les conditions de l’offre et de la demande se tendent progressivement. J’avais indiqué à l’époque que les pénuries étaient fort probables pendant la prochaine décennie sur les métaux de la transition écologique (nickel, lithium, cobalt et terres rares). Les soucis se posant surtout sur le lithium et le nickel à court terme. Des tensions existent également sur le cuivre. Je vous rappelle que l’un de nos deux constructeurs français fait des rotors bobinés qui nécessitent du cuivre. Sur ces métaux, les prévisions de croissance restent explosives et le niveau de la demande sera multiplié par trois ou quatre d’ici 2030 et même par huit sur le lithium.
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