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Distribution

Distribution : les grands groupes résistent, mais la mécanique s’enraye

Publié le 24 août 2026

Par Christophe Bourgeois
6 min de lecture
Rentabilité au plus bas, marché en recul, volumes en baisse : 2025 n’aura épargné aucun indicateur de la distribution automobile. Si les 100 premiers groupes continuent de renforcer leur emprise sur le marché français, leurs performances traduisent un secteur qui résiste davantage qu’il ne prospère.
Top 100 des distributeurs 2025
Les distributeurs du Top 100 ont pesé 79,7 % des ventes de véhicules en 2025. ©Renault

L'année aura été compliquée : tout d’abord au niveau de la rentabilité, qui n’a été en moyenne que de 0,08 %, mais aussi en ce qui concerne les volumes et le chiffre d’affaires en baisse.

 

Les 100 premiers distributeurs, dont la liste varie d’une année à l’autre en fonction des retours de la part des groupes de distribution, ont commercialisé près de 1,3 million de véhicules en recul de 1,75 % par rapport à 2024. Un résultat qui limite la casse pour ces acteurs, alors que le marché a reculé de 5 % en 2025.

 

Dans ce contexte, leur pénétration ne cesse de progresser pour représenter désormais près de quatre immatriculations sur cinq, ce qui démontre, s’il était encore nécessaire de le faire, que le marché est extrêmement concentré.

 

En moyenne, chaque groupe commercialise 13 000 véhicules, un résultat stable par rapport à l’année dernière. Mais comme toute moyenne, elle est à prendre avec des pincettes.

 

 

Le premier groupe de notre classement, à savoir Autosphere, enregistre près de 100 000 véhicules, tandis que le centième a mis à la route un peu moins de 2 500 unités. Ainsi, la moitié des groupes distribue moins de 6 500 véhicules.

 

Une baisse générale

 

Surtout, une analyse un peu plus poussée montre que la distribution automobile n’est pas au mieux de sa forme. Selon les informations communiquées par les distributeurs eux-mêmes, près d’un sur deux a commercialisé moins de véhicules qu’en 2024, année qui n’a pas brillé non plus par son dynamisme.

 

Seul un tiers d’entre eux est dans le vert, tandis que moins de 20 % sont stables, ce qui est en soi une performance dans un tel contexte. Ces résultats montrent que la profession suit finalement la tendance baissière, la hausse des immatriculations des acteurs dans le vert étant en partie liée à des opérations de croissance externe.

 

Il est aussi important de signaler que certains répondants qui sont présents à l’international ont également intégré leurs volumes hors de France, ce qui peut fausser les données.

 

Malgré un marché automobile français toujours en repli, les 100 premiers groupes de distribution ont néanmoins fait preuve d’une certaine résilience en 2025. À périmètre égal, leur chiffre d’affaires consolidé atteint 62,9 milliards d’euros, contre 63,2 milliards d’euros un an plus tôt, soit un recul limité de 0,5 %.

 

 

Une baisse relativement contenue au regard de la contraction des immatriculations, qui illustre la capacité des grands distributeurs à préserver leur niveau d’activité grâce à la diversification de leurs métiers, au développement de l’après-vente et des véhicules d’occasion, mais aussi à une gestion plus rigoureuse de leurs stocks. Mais si l’on prend les données du Top 100 de 2024 qui n’inclut pas tout à fait les mêmes acteurs, l’écart est beaucoup plus important. Le recul est, en effet, de 11,8 %.

 

Contraction du chiffre d’affaires

 

Derrière cette apparente stabilité de 0,5 % à données comparables, se cache toutefois une situation contrastée. Sur la centaine de groupes comparables d’une année sur l’autre, 45 enregistrent une baisse de leur chiffre d’affaires, tandis que 37 parviennent à progresser et 16 se montrent stables.

 

Les plus fortes hausses sont souvent le fait de groupes de taille intermédiaire poursuivant leur développement ou bénéficiant d’opérations de croissance externe, alors que plusieurs poids lourds du secteur voient leurs revenus se contracter, ce qui explique le léger recul du chiffre d’affaires global.

 

 

Le classement confirme également la forte concentration de la distribution automobile française. Le chiffre d’affaires moyen s’établit à près de 629 millions d’euros par groupe, mais cette moyenne est largement tirée vers le haut par les plus grands acteurs.

 

Seuls 31 groupes dépassent ce seuil, tandis que 69 restent en dessous, preuve que quelques grands distributeurs concentrent une part prépondérante de l’activité nationale. Cette bipolarisation du secteur continue de s’accentuer au fil des années, portée par les opérations de consolidation et la montée en puissance des groupes multisites.

 

 

À noter que le clan des milliardaires en chiffre d’affaires a néanmoins perdu un membre. Celui du groupe Gemy a, en effet, baissé de 5,8 % pour atteindre 980 millions d’euros.

 

Enfin, sur le chapitre du VO, 2025 a également été une année de contraction. Cette activité a reculé de 0,58 %. Globalement, 1,13 million de VO ont été commercialisés par les 100 premiers distributeurs.

 

La moyenne est de 11 400 véhicules par concession remis à la route, avec ici aussi de très fortes disparités. Plus des deux tiers des distributeurs sont sous la moyenne. Néanmoins, malgré cette moyenne stagnante, 45 d’entre eux ont vu leurs ventes de VO progresser.

 

 

Dans un marché qui ne retrouve toujours pas son rythme de croisière, la taille reste plus que jamais un facteur de résilience, sans pour autant constituer une garantie de croissance. Plus concentrée, plus sélective et toujours sous pression, la distribution automobile devra désormais transformer cette capacité de résistance en véritable levier de rebond.

 

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Aux abonnés absents

 

Le Top 100 que vous allez découvrir en cliquant sur les liens suivants se veut le plus complet possible. Malgré nos recherches, certains acteurs qui auraient naturellement dû y figurer n’ont toutefois pas pu être intégrés.

 

C’est notamment le cas des groupes Nedelec (6 500 VN), De Willermin, C.A.R et Valauto qui tournent autour des 5 000 VN annuels ou du groupe Suma (4 000 VN)*. Tous ont été sollicités mais ils n’ont pas donné suite à nos demandes dans les délais de réalisation de ce classement.

 

À l’inverse, plusieurs groupes font leur entrée cette année. Soit parce qu’ils ont accepté de partager leurs chiffres, soit parce que nous avons pu accéder à des données fiables les concernant.

 

C’est notamment le cas des groupes Warsemann, Louyet, Pelras ou Mozart Autos pour ne citer que ces derniers, qui rejoignent ainsi notre classement du Top 100 ou qui s’en rapprochent.

 

*Données 2024 ‑ estimations

 

Les 100 premiers groupes de distribution français selon les VN écoulés en 2025

Les 100 premiers groupes de distribution français selon les VO écoulés en 2025

Les 100 premiers groupes de distribution français selon le CA en 2025

Les 100 premiers groupes de distribution français selon leur effectif en 2025

 


 

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