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Constructeurs

Les 10 points marquants du marché automobile en novembre 2021 : toujours dans le rouge

Publié le 1 décembre 2021

Par Christophe Bourgeois
7 min de lecture
En novembre 2021, le marché français a reculé de 3,2 %, à 121 995 unités. Sur les onze premiers mois de l'exercice, il reste néanmoins positif avec une croissance de 2,5 %, à 1 500 887 unités. Mais il manque 500 000 voitures par rapport à 2019.
Dans un marché en baisse de 3,2 %, la Renault Clio reste la voiture la plus vendue avec 6 948 immatriculations (+6,5%).
Dans un marché en baisse de 3,2 %, la Renault Clio reste la voiture la plus vendue avec 6 948 immatriculations (+6,5%).

Renault rit, Stellantis pleure

Les deux groupes français ne sont pas logés à la même enseigne. Dans un marché en baisse de 3,2 % en novembre, d’un côté, Renault a le sourire avec une progression de 7,8 % à 30 204 unités, de l’autre côté, Stellantis enregistre une baisse de 10,8 % à 40 786 immatriculations. Cette progression, Renault la doit essentiellement à Dacia, qui voit ses ventes croître de 66,6 % à 11 085 immatriculations alors qu’en même temps, Renault s’efface de 11 % à 18 936 immatriculations. Chez Stellantis, rares sont les marques qui parviennent à sortir leur épingle du jeu. A souligner néanmoins la belle performance de Citroën qui enregistre une progression de 14,7 % (13 171 immatriculations) et de Jeep (+ 19,5 %, 755 unités), alors que Peugeot tombe à - 22,6 % à 19 589 immatriculations.

 

Peugeot devant, Toyota toujours première marque importée

Malgré sa forte baisse, Peugeot conserve sa place de leader sur le marché français avec 19 589 immatriculations (-22,6 %), devant Renault (18 936, -11 %), soit un écart de 653 unités. La première marque importée reste Toyota qui avec 7 064 immatriculations (+1,9 %), poursuit sur une belle lancée. Seules 700 unités d'écart sont comptées par rapport à novembre 2019. de ce fait, Toyota affiche une part de marché de 5,8 % sur le mois. Volkswagen en revanche, perd plus de la moitié de son volume par rapport à novembre 2019.

 

Les marques qui font fi de la pénurie

Dans un marché toujours en baisse (-3,2 %), certaines marques enregistrent des progressions qui font mentir les statistiques. C’est le cas de Dacia (11 085 immatriculations, + 66,6%) mais également du groupe Hyundai qui, avec Hyundai et Kia, explose les compteurs : la première progresse de + 108,2 % à 3 286 unités, tandis que la seconde « se contente » d’une augmentation de seulement 34,6 % à 4 057 immatriculations. Autres très bons résultats, Suzuki bondit de 44,8 % (1 678 unités) et dans une moindre mesure, car cette progression porte sur de faibles volumes, Honda, de 32,7 % à 467 unités. Enfin, hors catégorie, Tesla reste toujours à des niveaux de progression stratosphériques avec + 298,9 % et 2 142 immatriculations.

 

Opel, championne des VD sur novembre

Avec 39 % de ses immatriculations sur le canal de véhicules de démonstration, Opel remporte la palme des tactiques sur ce mois de novembre. La marque a adressé 39 % de ses immatriculations sur le mois chez ses distributeurs, alors qu’aucune sortie à grand volume ne s’est déroulée. De fait, les volumes du Mokka et de la Corsa ont été attribués pour moitié à ce canal, en pleine pénurie de semi-conducteurs et de faible production. La marque perd 20 % de son volume sur le mois et 14,4 % depuis le début de l’année.

 

Le canal des particuliers reste faible

44,6 % des immatriculations de novembre ont eu pour destinataires des particuliers. La part reste faible mais s‘est légèrement améliorée par rapport à octobre 2020. Il est vrai que les constructeurs dirigent en priorité les livraisons vers cette clientèle plus génératrice de marge. Dacia reste la parque la plus vertueuse dans le domaine (avec 87,2 % de ses cartes grises sur le canal) avec une palme pour la Sandero qui a été livrée à 91,5 % à un client final.

 

L’électrique porté par Dacia et Tesla

Mais où s’arrêtera la dégringolade du diesel ? En novembre, cette motorisation a encore enregistré une baisse de 41 % pour atteindre une part de marché à 18,58 % (22 667 immatriculations). L’essence connait également un certain revers avec une baisse de 15,5 %. Les modèles essence restent pour autant majoritaire avec une part de marché de 36,38 % (44 746). A contrario, les modèles électrifiés poursuivent leur ascension. Les hybrides non rechargeables sont en passe de dépasser le diesel avec une part de marché de 17,64 % (21 516, +47,4 %). Les hybrides rechargeables progressent également, mais dans une moindre mesure avec « seulement » + 35,2 %, soit une part de marché de 9,97 % (12 162 unités). Quant à l’électrique, porté par la Dacia Spring (2 895 unités) et la Tesla Model 3 (2 142), il enregistre une progression de 71 % pour une part de marché de 13,46 % (16 416). Enfin, notons la belle performance du GPL, toujours soutenu par Dacia (2 982 immatriculations) et dans une moindre par Renault (903) qui s’octroie 3,36 % de pénétration (4 100).

 

VUL : léger mieux, mais toujours dans le rouge

Les immatriculations de véhicules utilitaires légers ont baissé de 12,1 % en novembre, à 31 707 unités. Dans l’absolu, il s’agit évidemment d’une contre-performance. Mais dans le contexte actuel, ce n’est pas si mal, dans la mesure où la chute qui affecte les VUL depuis le début de l’été a été moins prononcée. Rappelons que l’activité a été en recul de 16,5 % en août, de 16,7 % en septembre et de 24,6 % en octobre. Depuis le mois de janvier, le bilan reste positif, à +9,7 % et 392 743 unités. Nous devrions donc, selon toute probabilité, terminer l’année dans le vert même si le niveau ne sera pas celui attendu en début d’année.

 

L'occasion retrouve le sourire

Après une mauvaise passe de plusieurs mois, le marché du VO retrouve de l'allant. Toutes formes de transactions confondues, il boucle le mois de novembre 2021 avec 465 898 changements de main, soit 5,1 % de plus que l'an passé. Certes, l'effet de base n'est pas étranger à cette performance, mais en comparaison à novembre 2019, le segment de l'occasion connait même une légère croissance (+0,5 %). Conjuguées, les quatre marques françaises totalisent 229 968 unités, soit 1,6 % de plus que l'an passé, mais 3,6 % de moins qu'en 2019. Après 11 mois, 5 550 837 véhicules d'occasion ont été remis à la route, autrement dit +9,2 % par rapport à 2020 et +4,6 % en comparaison à l'année record de 2019.

 

La LLD progresse chez les particuliers

Dans un marché du financement à particulier en baisse de 6,3 %, la LOA et la LLD s'en sortent avec une progression respective de 9 % et de 11,3 % ce qui représente 15 370 (pdm : 12,6 %) et 11 440 contrats (pdm : 9,38 %). A contrario, le financement comptant ou le crédit classique chute de 17,7 %, soit 28 778 dossiers.

 

Objectif des 1,7 million difficile à atteindre

Verre à moitié plein ou à moitié vide. Le mois de novembre n’est pas fameux, mais il a été moins pire qu’en octobre. Il a enregistré une baisse de 3,2 % (121 995 immatriculations) alors qu’en octobre, il avait plongé de 30,7 % (118 521). Depuis le début de l’année, il s’est vendu 1 500 887 véhicules (+2,5%). Mais pour atteindre l’objectif de 1,7 million, comme annoncé par la PFA, il faudrait que 200 000 véhicules soient immatriculés en décembre. Un objectif difficilement atteignable car la crise des semi-conducteurs ne cesse de faire des ravages dans l’industrie automobile. « [Atteindre cet objectif de 1,7 million] va dépendre des réglages du commerce et de l'industrie, sans parler du facteur Covid, avec le nouveau variant », se veut prudent François Roudier, porte-parole de la PFA.

 

Retrouver l'intégralité des immatriculations de véhicules neufs et d'occasion du mois de novembre 2021 dans notre Data Center.

 

(avec Damien Chalon, Catherine Leroy et Gredy Raffin)

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