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Constructeurs

Volkswagen : Oliver Blume va-t-il réussir à imposer son plan ?

Publié le 13 juillet 2026

Par Christophe Jaussaud
4 min de lecture
Douze des dix-neuf membres du conseil de surveillance du groupe Volkswagen, réuni le 9 juillet 2026, auraient rejeté le projet d'Oliver Blume, le patron du groupe allemand. Mais ce dernier a réaffirmé qu'une réduction des coûts était essentielle et pourrait se traduire par 50 000 nouvelles suppressions de postes dans le monde.
Volkswagen plan 2026
Oliver Blume, le patron du groupe Volkswagen. ©Volkswagen

Le projet baptisé "Group Target Picture", porté par Oliver Blume, le patron du groupe Volkswagen, a-t-il du plomb dans l'aile ?

 

Il semblerait. Pour une partie des propositions. En effet, sous la pression conjuguée du puissant syndicat IG Metall et du land de Basse-Saxe (deuxième actionnaire du groupe), le conseil de surveillance du groupe n'aurait pas apporté son soutien à Oliver Blume.

 

Selon la presse allemande, 12 des 19 membres du conseil de surveillance auraient rejeté une partie du plan en discussion, le 9 juillet 2026. Il va falloir encore négocier dans ce modèle reposant sur la cogestion.

 

Un recul sur les fermetures d'usines ?

 

Pour mémoire, le plan que proposerait le patron du groupe allemand voudrait aller plus loin que les 50 000 emplois dont la suppression d'ici 2030 est déjà actée.

 

La presse allemande évoque la suppression de dizaines de milliers d'emplois supplémentaires, avec notamment la fermeture de quatre usines dans le pays. Le quotidien français Les Échos avance les noms des sites de Neckarsulm (Audi), Hanovre, Zwickau et Emden (VW).

 

Les syndicats rappellent notamment qu'un accord avait été signé en 2024 pour garantir la non-fermeture d'usines d'ici 2030.

 

 

Depuis, Oliver Blume semble être revenu dans un entretien accordé au journal Bild le 12 juillet 2026 sur ces possibles fermetures d'usines, évoquant plutôt "des solutions plus intelligentes."

 

Tout en ajoutant que l'avenir de ces quatre sites ne pouvait être garanti. "La vérité est également qu'en l'état actuel des choses, nous ne pouvons pas confirmer que les usines d'Emden, Hanovre, Zwickau et Neckarsulm seront en mesure de fonctionner de manière compétitive jusque dans les années 2030", a-t-il déclaré.

 

Le patron a été également clair, dans une note aux salariés, le 12 juillet, sur les emplois : "La prochaine étape consiste à ramener nos frais généraux à un niveau compétitif", a-t-il déclaré.

 

"Comme la moitié de nos frais généraux provient des coûts de personnel, un calcul théorique, en supposant que les coûts de main-d’œuvre restent inchangés, aboutirait à la suppression d'environ 50 000 emplois dans le monde", a-t-il ajouté.

 

L'autre dossier brûlant est la marque Volkswagen. La possibilité de sortir la marque du groupe, pour en faire une filiale à l'image d'Audi, ferait aussi partie des pistes de réflexion.

 

Encore réduire les coûts

 

"Notre modèle économique actuel ne fonctionne plus, en l'état, pour toutes les marques : concevoir des voitures en Allemagne, les produire en Europe et les exporter dans le monde entier", a souligné un porte-parole du groupe.

 

Le constructeur doit réduire ses coûts d'une manière générale et en particulier en Allemagne. Le cabinet Jefferies estime que les coûts de VW dans son pays sont 2/3 plus élevés qu'au Portugal ou en Espagne.

 

Pour le directeur financier Arno Antlitz, Volkswagen ne pourra continuer à investir dans les véhicules électriques, les logiciels et les nouvelles technologies qu'"en réduisant résolument ses coûts", en simplifiant son organisation et en améliorant sa rentabilité.

 

 

Certaines décisions ont toutefois été prises. Le directoire du groupe VW, après s'être félicité des économies déjà réalisées (plus de 10 milliards d'euros), a notamment annoncé la réduction de 50 % du nombre de modèles. La complexité de l'offre va aussi être réduite de 75 %.

 

Un bon moyen d'améliorer la production mais aussi le développement et de réduire les investissements. Une autre volonté d'Oliver Blume qui souhaite réduire d'environ 15 % l'enveloppe pour se limiter à 130 milliards sur cinq années.

 

Les synergies, déjà nombreuses dans le groupe, vont maintenant être systématiques et l'heure d'une rationalisation des solutions techniques a sonné.

 

Enfin, la réduction des capacités de production est aussi à l'ordre du jour. Le groupe vise une capacité industrielle de neuf millions de modèles par an. Elle est aujourd'hui de dix millions après avoir été déjà réduite de deux millions depuis 2020.

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