Suzuki France fait le pari de la pièce de réemploi

L'accord signé avec Suzuki France marque une étape notable pour Valused. Pour la première fois depuis son lancement, en 2023, la plateforme spécialiste de la pièce issue de l'économie circulaire (Piec) a séduit un constructeur. La marque japonaise recommande officiellement la solution à son réseau de quelque 200 réparateurs agréés pour répondre aux nouvelles exigences de la loi Agec.
"On pourrait penser qu'un constructeur verrait la pièce de réemploi comme une menace pour la vente de pièces neuves. Mais au contraire, Suzuki démontre une certaine maturité en accompagnant son réseau sur ce sujet", salue Julien Dubois, président de Valused.
La loi Agec comme point de départ
Pourtant ce partenariat n'avait rien d'évident pour la marque nipponne dont le siège mondial n'est pas directement concerné par la législation française. "Suzuki est une entreprise japonaise, et la loi Agec est une spécificité française. Ce n'est donc pas un sujet central au niveau mondial", reconnaît Sabine Heim, directrice pièces de rechange & accessoires de Suzuki France. "Notre choix a été d'être acteurs plutôt que de subir."
Avant ce partenariat, la filiale du constructeur n'avait aucune visibilité sur les pratiques de son réseau en matière de pièces de seconde vie. "Nous supposons que certains concessionnaires y avaient recours ponctuellement, mais sans savoir via quels canaux", admet Sabine Heim.
Orienter les concessionnaires et ateliers vers une solution fiable s'imposait donc. Dans un marché de la pièce issue de l'économie circulaire fragmenté, Valused cherche à se démarquer avec une offre structurée. Pour constituer son offre, la plateforme a noué de nombreux partenariats avec des remanufacturiers et centres VHU. Elle prend en charge le sourcing, la facturation et le traitement des éventuels litiges.
Mais c’est surtout son service de conciergerie qui a emporté la décision. "Le concessionnaire formule une demande, et Valused gère l'ensemble du processus. La solution est sécurisée, avec une garantie, ce qui est essentiel pour l'utilisateur final", détaille Sabine Heim.
La fiabilité Suzuki, terrain favorable au réemploi
Dans les ateliers de la marque, le recours à la pièce de réemploi répond à des besoins croissants face à un parc roulant Suzuki réputé pour sa longévité. "Certains modèles anciens, comme le Samurai, sont entretenus sur la durée", confirme Sabine Heim.
Sur ces modèles, la pièce neuve est parfois introuvable, ou son tarif dépasse la valeur de remplacement à dire d'expert. "Dans ce cas, la pièce de réemploi permet de réparer le véhicule plutôt que de le déclarer économiquement irréparable. C'est d'ailleurs l'objectif de la loi Agec."
Pour les ateliers, l'équation économique est, en outre, loin d'être défavorable selon Julien Dubois. "Contrairement à une idée reçue, la Piec ne dégrade pas la rentabilité des ateliers. L'écart de prix permet souvent de maintenir une marge équivalente en valeur", précise-t-il.
Valused dispose aujourd'hui de plusieurs millions de références accessibles sur sa plateforme, avec une part croissante de fournisseurs européens, notamment en Espagne, en Italie, en Allemagne et aux Pays-Bas.
Des discussions sont en cours avec d'autres constructeurs. La France, souvent en avance sur ces sujets, pourrait bien servir de terrain d'expérimentation avant un mouvement plus large. "Les mentalités évoluent dans le bon sens", conclut Julien Dubois.
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