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Constructeurs

Renault met la pression à Verkor

Publié le 1 juin 2026

Par Damien Chalon
2 min de lecture
Retards de production, surcoûts et perte de compétitivité : la situation se tend chez Verkor. Renault, son principal client et actionnaire, critique ouvertement les performances de la start-up française de batteries et exige un redressement industriel rapide ainsi qu’une gouvernance jugée plus crédible.
renault verkor
Renault attend de Verkor un redressement de sa trajectoire industrielle et une gouvernance crédible. ©AdobeStock-Timon

Renault, actionnaire et seul client du fabricant de cellules de batteries Verkor, a critiqué son manque de compétitivité croissant et des retards de fabrication de 18 mois, en lui réclamant de "redresser sa trajectoire industrielle" et "une gouvernance crédible", a indiqué le constructeur à l'AFP.

 

Verkor, start-up française créée en 2020, a construit l'une des trois gigafactories de batteries installées dans le nord de la France, avec d'importants soutiens de l’État et de l'UE. Inaugurée fin 2025, son usine basée près de Dunkerque a représenté un investissement de 1,5 milliard d'euros, dont près de la moitié d'aides publiques.

 

Écart de compétitivité

 

"Nous restons partenaire de long terme de Verkor", a précisé Renault Group qui en détient 12 %, "mais nous assumons notre rôle de client industriel et nos contraintes économiques".

 

"Les écarts de compétitivité de Verkor par rapport à des produits similaires fabriqués en Europe se sont fortement accrus ces derniers mois et ne peuvent pas être absorbés par Renault", explique le constructeur, qui confirme avoir décidé de ne pas s'adresser à Verkor pour les batteries de son futur utilitaire électrique.

 

 

Pour les contrats conclus avec Verkor à la naissance de l'usine, qui portent sur l'Alpine A390, une partie des Scenic électriques et la prochaine génération du Trafic, Renault souligne avoir dû, en raison des retards de livraison, recourir au sud-coréen LG, pour des cellules produites en Europe, ce qui a entraîné pour lui des coûts supplémentaires.

 

"Verkor doit démontrer sa capacité à redresser sa trajectoire industrielle", précise Renault. "Nous demandons à Verkor une feuille de route crédible et une gouvernance crédible, tenant compte du préjudice envers Renault".

 

Déblocage de prêts européens

 

Le groupe Stellantis a connu des problèmes similaires avec ACC, coentreprise de Stellantis, Mercedes et TotalEnergies, qui a accusé d'importants retards de livraison et récemment remplacé son directeur général par un ex-dirigeant de Panasonic, chargé de faire monter en cadence une production trop lente.

 

Alors que l'UE veut soutenir une filière européenne de batteries au nom de sa souveraineté industrielle, la France négocie avec Bruxelles le déblocage de prêts pour les gigafactories qui pourraient soutenir ACC et Verkor à hauteur de 500 millions chacune. (avec AFP)

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