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Constructeurs

Renault invite Nissan à rejoindre son futur pôle électrique

Publié le 17 mai 2022

Par Damien Chalon
3 min de lecture
A l’occasion du premier conseil de l’Alliance organisé physiquement depuis le début de la pandémie, Luca de Meo et Jean-Dominique Senard ont proposé à Nissan d'investir dans le futur pôle électrique de Renault.
Makoto Uchida, le directeur général de Nissan, a déclaré "étudier soigneusement ce qui serait dans le meilleur intérêt de Nissan" suite à la proposition de Renault.

"La porte sera toujours ouverte à Nissan" pour investir dans le pôle électrique de Renault qui pourrait devenir une entité distincte, voire le rejoindre à terme, a déclaré le directeur général du constructeur français, Luca de Meo.

 

En déplacement au Japon, Luca de Meo et Jean-Dominique Senard, le président de Renault et de l'Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi Motors, font la promotion de ce projet auprès de leurs partenaires nippons, mais sans vouloir leur forcer la main.

 

A lire aussi : Nissan renoue avec les bénéfices

 

Le sujet était notamment au menu d'un conseil de l'Alliance au siège de Nissan à Yokohama, une réunion organisée en présentiel pour la première fois depuis plus de deux ans à cause de la pandémie.

 

De manière générale, Renault n'a pas l'intention de "forcer" Nissan et Mitsubishi Motors "à faire ce qu'ils n'ont pas envie de faire", ni d'imposer des "compromis qui créent des frustrations et ne sont pas des solutions optimales", a assuré Luca de Meo devant quelques médias dont l'AFP.

 

Potentiel premier constructeur électrique mondial

 

S'agissant de la future structure de son pôle électrique, sur laquelle Renault prévoit d'apporter des précisions à l'automne 2022, le constructeur français prévoit donc de démarrer seul. "Mais la façon dont nous avons construit le projet fait que la porte sera toujours ouverte à Nissan pour prendre le train en marche", selon Luca de Meo. "Ce sera à eux de décider".

 

Une combinaison de leurs actifs dans ce domaine "permettrait de créer le premier constructeur électrique au monde", a toutefois vanté l'Italien.

 

Nissan a déjà dit ces derniers jours qu'il comprenait le bien-fondé du projet pour Renault, tout en expliquant qu'il lui serait difficile de scinder ses propres activités électriques, du fait de sa répartition géographique beaucoup plus large et des rythmes différents de ses principaux marchés (États-Unis, Chine et Japon) en matière d'électrification.

 

"Nous devons étudier soigneusement ce qui serait dans le meilleur intérêt de Nissan (...). Il y a des options variées et nous devons toutes les considérer", a déclaré le directeur général du constructeur japonais Makoto Uchida lors d'un point presse à Yokohama, curieusement distinct de celui de Renault.

 

Revoir les équilibres

 

L'Alliance a subi des remous après la chute de son grand patron, Carlos Ghosn, arrêté fin 2018 au Japon pour malversations financières présumées et qui a fui par la suite au Liban. Mais les nombreux vents contraires qui ont déferlé ensuite sur le secteur automobile, de la pandémie à la pénurie de semi-conducteurs, ont rendu la coopération entre les trois constructeurs plus nécessaire que jamais, s'accordent à dire leurs dirigeants.

 

Des questions délicates restent néanmoins en suspens, comme le déséquilibre des participations croisées entre Renault et Nissan. Le premier détient plus de 43 % du second, mais le groupe japonais ne possède que 15 % du constructeur français et sans droits de vote, alors qu'il est beaucoup plus gros que lui.

 

Revoir les participations croisées "n'est pas le sujet (aujourd'hui, NDLR), nous devons d'abord consolider les bases de l'Alliance", a répété Jean-Dominique Senard. Mais "rien n'est fermé" à terme, a-t-il glissé. (avec AFP)

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