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Constructeurs

Renault investit dans la digitalisation de l'après-vente en rachetant Fixter

Publié le 10 juin 2022

Par Mohamed Aredjal
5 min de lecture
Déjà présent sur le marché de la rechange indépendante avec son réseau Motrio, le constructeur français va plus loin avec le rachat de Fixter. Cette start-up, spécialisée dans la digitalisation de l'après-vente, va offrir à Renault plus d'agilité au service des clients.
Les trois co-fondateurs de Fixter : Frédéric Dermer, Limvirak Chea et Cristian Vrabie.
Les trois co-fondateurs de Fixter : Frédéric Dermer, Limvirak Chea et Cristian Vrabie.

Avec le rachat de Fixter, le groupe Renault accélère la digitalisation de son après-vente multimarque, notamment symbolisée par le réseau Motrio. "Développer notre activité sur le marché de la rechange (IAM) est un axe stratégique au sein de l’après-vente de Renault Group, explique Hakan Dogu, senior vice-président après-vente monde de Renault Group. Nous continuons de développer notre offre multimarque en IAM et modernisons en profondeur notre chaine de valeur de l’après-vente afin de toujours mieux répondre aux attentes de nos clients."

 

"Nous sommes ravis d’avoir trouvé avec Renault un partenaire industriel qui partage à la fois notre vision et notre ambition d'inventer la maintenance automobile de demain : simple, transparente et sans stress", se félicite Limvirak Chea, co-fondateur de Fixter. "L’expertise et les moyens d’un grand groupe comme Renault, alliés à l’agilité et l’esprit start-up de Fixter, vont nous permettre d’aller encore plus vite et encore plus loin dans cette révolution."  

 

Simplifier l'expérience client

 

C'est aux côtés de Cristian Vrabie  Frédéric Dermer que Limvirak Chea a donné naissance à Fixter, en 2017. "L'idée de Fixter m'est venue d'un rendez-vous raté lors d'un contrôle technique. J'avais appelé le centre, mais mon rendez-vous n'avait pas été pris en compte et mon véhicule n'a pas été pris en charge. Finalement, j'ai perdu 2 heures", raconte le co-fondateur.

 

Issus du milieu de la tech, les trois entrepreneurs se décident alors à lancer le projet Fixter. Ils partagent le même profil : peu familiers des ateliers automobiles, ils sont en revanche beaucoup plus à l'aise avec les rouages du numérique.

 

Et c'est justement dans cette volonté de rendre les opérations d'entretien et de réparation moins anxiogènes et plus transparentes pour le consommateur qu'est né Fixter. Premier défi de la start-up : faciliter la prise en charge du véhicule jusqu'à l'atelier.

 

A lire aussi : Renault : la révolution Motrio

 

Alors que les comportements de consommation ont sensiblement évolué avec le digital, en particulier depuis la crise du Covid-19, la plateforme veut épargner aux automobilistes des allers-retours à l'atelier inutiles et chronophages. Elle dispose d'une équipe de chauffeurs chargés de récupérer le véhicule avant de le restituer au client. "Ce sont des auto-entrepreneurs en quête d'un complément de revenu et d'horaires flexibles", précise Limvirak Chea.

 

Même souci de simplification pour le devis et la réservation de la prestation. Il suffit à l'internaute de renseigner les informations de sa voiture et l'opération voulue (parmi la cinquantaine proposée) pour obtenir un devis. En cas d'interrogation ou de besoin d'un diagnostic, il peut solliciter le service client de Fixter, qui compte plusieurs techniciens dans ses rangs. Pour garantir la fiabilité de ses devis, la jeune pousse s'appuie sur un outil en constante évolution, couvrant aujourd'hui 90 à 95 % du parc européen.

 

"Nous avons créé un outil de devis agglomérant les informations des plans d'entretien constructeurs d'Auto-data avec une base de données pièces. En nous appuyant sur le machine-learning, nous avons commencé à nous constituer notre propre base de données. Quant aux taux de main-d'œuvre, ils sont indiqués par les garages partenaires", détaille Frédéric Dermer.

 

Une fois le devis accepté par l'automobiliste, il est alors adressé au garage partenaire sélectionné par la plateforme. "Ce dernier peut refuser l'opération, mais c'est assez rare que ça arrive", note Limvirak Chea. Si les réparateurs acceptent en grande partie les devis adressés par la plateforme, c'est en raison des nombreux services qu'elle leur apporte, selon ses fondateurs.

 

10 à 20 % d'activité en plus pour les ateliers

 

"Nous mettons tout en œuvre pour optimiser le planning de l'atelier et pour que le réparateur n'ait plus qu'à se concentrer sur son cœur de métier. Nous gérons, par exemple, la facturation, et absorbons les frais de paiement. Notre outil est aussi en mesure de prendre en charge les prestations additionnelles. Une fois le véhicule à l'atelier, le réparateur peut en effet envoyer, via notre outil, un devis supplémentaire par SMS, que le client peut valider à distance", souligne Limvirak Chea. Ce n'est pas tout : la plateforme prend aussi en charge le suivi client, et notamment les relances des échéances récurrentes de maintenance.

 

Autre atout de Fixter que ses dirigeants mettent en avant : son modèle économique ne repose pas sur une stratégie du moins-disant. La start-up entend se distinguer des comparateurs en ligne, qui auraient tendance à "tirer les prix vers le bas", pour offrir à ses garages partenaires une rémunération équitable. C'est pour cette raison qu'un nombre relativement limité d'ateliers est sélectionné dans chaque région.

 

"Nous ne sommes pas dans une logique exhaustive, poursuit Frédéric Dermer. Nous préférons choisir dans chaque zone quelques garagistes de qualité répondant à nos critères, vers lesquels nous concentrons nos flux." Un modèle qui assure aux réparateurs collaborant avec la plateforme un volume d'affaires assez conséquent, représentant environ 10 à 20 % de leurs entrées atelier.

 

2 500 Motrio en Europe

 

Fort de ces atouts, Fixter a déjà séduit quelque 400 réparateurs en Grande-Bretagne (MRA, centres autos, etc.). La start-up a également su convaincre Kamet, l'incubateur du groupe AXA, de l'accompagner dans son développement.

 

Mieux : pour simplifier l'achat de pièces de ses réparateurs, la jeune entreprise vient de nouer un partenariat remarqué outre-Manche avec LKQ, leader local de la distribution. Sûrs de leur modèle, les cofondateurs de Fixter veulent aujourd'hui passer à la vitesse supérieure. "Nous commençons donc par la France avant de prendre pied dans deux nouveaux pays en 2023", confie Limvirak Chea.

 

Dans l'Hexagone, le service sera d'abord mis à l'essai cet été à Paris (75), puis sera déployé, à partir de septembre 2022, dans de nouvelles régions. Fixter a également rencontré ses premiers garages sur le territoire pour leur présenter son concept. Grâce à Renault, la plateforme profitera d’ailleurs de l’appui du réseau multimarques Motrio qui fédère, rappelons-le, 2 500 points de vente en Europe. La start-up pourra aussi compter sur l'appui de Mobilize Financial Services pour des financements innovants.

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