Leasing social : Opel lance une offensive commerciale… au prix d'un effort collectif

Le 16 juillet 2026, le leasing social fera son retour avec un objectif de 50 000 véhicules financés. Comme l'ensemble des marques de Stellantis, Opel sera au rendez-vous avec une gamme particulièrement offensive.
La marque allemande proposera notamment son Frontera électrique à partir de 99 euros par mois, une offre qui devrait constituer l'un des principaux moteurs de sa croissance sur le second semestre. La Corsa Electric sera affichée à 139 euros mensuels, tandis que le Mokka Electric démarrera à 189 euros.
Des loyers particulièrement compétitifs qui illustrent la volonté du constructeur de faire de l'accessibilité l'un de ses principaux arguments commerciaux.
Comme l'explique Charles Peugeot, directeur général d'Opel France, l'équilibre économique de ces offres repose sur plusieurs contributions : les certificats d'économies d'énergie (CEE), Stellantis Financial Services, la filiale de financement du constructeur, la marque elle-même et enfin les distributeurs, qui acceptent également de réduire une partie de leur marge.
Les valeurs résiduelles restent au cœur des préoccupations
Mais le véritable enjeu se situe ailleurs. Car proposer aujourd'hui des loyers très faibles revient à faire un pari sur la valeur que conserveront ces véhicules lorsqu'ils reviendront sur le marché de l'occasion. Sur ce point, Charles Peugeot se montre prudent. Il assure que Stellantis Financial Services travaille ses hypothèses à partir de plusieurs scénarios de marché et adapte ses niveaux de provisions en conséquence.
Pour autant, le dirigeant reconnaît implicitement que personne ne dispose aujourd'hui d'une visibilité parfaite sur les valeurs résiduelles des véhicules électriques dans trois ou quatre ans. Cette prudence explique également l'évolution de la stratégie de reprise des véhicules.
Alors que pour l'édition 2024, les distributeurs portaient financièrement l'engagement de reprise avec les provisions et les pertes futures qui interviendront dès le début de l'année 2027, soit trois ans après la mise à la route, Stellantis avait mixé le portage des engagements pour le leasing social 2025. Le recours aux buy back centraux, sous condition, avait notamment permis d'atteindre près de la moitié des 50 000 dossiers ouverts par le gouvernement.
Pour la prochaine campagne du leasing social, Opel envisage une approche mixte. Certains véhicules pourront continuer à être repris directement par le constructeur, tandis que les distributeurs qui jugeront les perspectives de revente suffisamment favorables pourront choisir de les conserver dans leur propre stock.
L'objectif est de répartir le risque de manière plus souple, sans imposer un schéma unique à l'ensemble du réseau.
"C'est une garantie importante contre une exposition aux futures pertes. Mais le marché reste très incertain. Aujourd'hui, les stocks de véhicules d'occasion électriques sont en train de baisser avec une demande accrue des consommateurs depuis la guerre au Moyen-Orient et la hausse des prix des carburants", ajoute le patron d'Opel en France.
Préparer les retours du leasing social 2024
Au-delà de cette campagne qui s'ouvre dans quelques jours, Stellantis Financial Services travaille sur la prochaine échéance : le retour des premiers véhicules issus du leasing social.
Le groupe a réalisé une enquête auprès de plusieurs milliers de bénéficiaires afin de mesurer leurs intentions à l'issue de leur contrat. Selon Charles Peugeot, une majorité d'entre eux se déclarent prêts à rester dans l'univers du véhicule électrique, soit en renouvelant leur location sur un modèle neuf, soit en s'orientant vers un véhicule électrique d'occasion.
Ces résultats restent toutefois des intentions. Pour limiter les restitutions "sèches", plusieurs scénarios sont actuellement étudiés : renouvellement anticipé, prolongation des contrats, offres spécifiques sur le véhicule d'occasion ou nouvelles solutions de financement. L'objectif est de fidéliser les clients, mais aussi d'étaler dans le temps l'arrivée des véhicules sur le marché de l'occasion afin de diminuer la pression sur les valeurs résiduelles.
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