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Constructeurs

L’affaire des "faux espions" de Renault se solde par des peines de prison

Publié le 7 mars 2024

Par Jean-Baptiste Kapela
3 min de lecture
Le tribunal correctionnel de Paris a rendu son verdict le 7 mars 2024 dans le procès de l’affaire des "faux espions" de Renault. Il a condamné le principal prévenu, Dominique Gevrey, à trois ans de prison, dont un ferme. 
Dominique Gevrey, le principal prévenu, à trois ans de prison, dont un an ferme.©AdobeStock-PhotoGranary

Près de quinze ans après l'effervescence provoquée par l’affaire dite des "faux espions" de Renault sous l’ère Carlos Ghosn, le verdict est tombé. Le tribunal correctionnel de Paris condamne Dominique Gevrey, le principal prévenu, à trois ans de prison, dont un an ferme. Une peine qu’il devra accomplir sous bracelet électronique. Il est reconnu coupable d’escroquerie et de tentative d’escroquerie.

 

Le tribunal lui a également interdit d'exercer définitivement une activité professionnelle dans le domaine de la sécurité et du renseignement. D’autre part, son compte en Suisse, crédité de plus de 65 000 euros, a été confisqué et Dominique Gevrey devra par ailleurs payer au constructeur automobile la somme de plus de 318 000 euros (soit la somme escroquée à Renault) au titre du préjudice matériel subi par la firme.

 

En ce qui concerne les deux autres prévenus, Marc Tixador et Michel Luc, jugés respectivement pour recel de violation du secret professionnel et complicité d'escroquerie et de tentative d'escroquerie, ils ont été condamnés à 18 mois de prison avec sursis et 20 000 euros d'amende pour l'un et à six mois de prison avec sursis et 5 000 euros d'amende pour l'autre.

 

Une escroquerie qui mène au licenciement de trois cadres de Renault

 

Anciennement officier de la Direction de la protection et de la sécurité de la défense (DSPD) Dominique Gevrey, 65 ans aujourd’hui, s’était reconverti dans la sécurité privée avant d’être recruté par Renault au sein de la Direction de protection du groupe (DPG).

 

Pour mémoire, l'affaire avait commencé par une lettre anonyme adressée le 17 août 2010 à quatre hauts dirigeants du constructeur pour dénoncer le versement de pots-de-vin à des salariés en échange d'informations sensibles autour d'un programme phare de voitures électriques de Renault.

 

A lire aussi : Carlos Ghosn toujours dans le viseur de la justice française

 

Le constructeur, dirigé alors par Carlos Ghosn, avait pris l'affaire suffisamment au sérieux pour ouvrir une enquête interne confiée à sa DPG. S'abritant derrière une source anonyme en Belgique, Dominique Gevrey avait donné le nom de trois cadres qui auraient touché des pots-de-vin sur des comptes en Suisse ou au Liechtenstein.

 

En fait, tout était faux. Mais la carrière des cadres de Renault, jusqu'alors considérés comme des salariés modèles, est définitivement anéantie. En janvier 2011, ils ont été licenciés. Dominique Gevrey avait été interpellé en mars 2011 alors qu'il s'apprêtait à s'envoler pour la Guinée. Il a passé huit mois en détention provisoire. (Avec AFP)

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