S'abonner
Constructeurs

Horse est dans la course

Publié le 11 juillet 2023

Par Christophe Jaussaud
4 min de lecture
Les groupes Renault et Geely ont officialisé la naissance de Horse. Cette entité reprenant leurs compétences sur les mécaniques thermiques et les systèmes hybrides peut compter sur dix-sept usines et cinq centres de recherche et développement dans le monde.
Horse compte dix-sept usines et cinq centres de R&D dans le monde. ©Horse

Comme annoncé le 2 mars 2023, Renault et Geely ont donné naissance à Horse. Cette entité, contrôlée à 50/50 par le Français et le Chinois, veut "devenir le leader mondial pour développer, produire et fournir les meilleurs groupes motopropulseurs hybrides et thermiques de pointe", explique le communiqué de Renault.

 

La nouvelle entité avait toutefois déjà fait parler d'elle en créant un compte LinkedIn et en postant plusieurs messages dès le 1er juillet 2023.

 

Horse va donc s'appuyer sur dix-sept usines de moteurs et transmissions et cinq centres de R&D, répartis sur trois continents avec 19 000 employés. Renault a ainsi mis dans la corbeille huit usines et trois centres de R&D, le tout installé dans sept pays : Espagne, Portugal, Roumanie, Turquie, Brésil, Chili et Argentine. Cela représente 9 000 salariés.

 

De son coté, Geely Auto et Aurobay (filiale entre Geely et Volvo) ajoutent neuf usines (une en Suède et huit en Chine), ainsi que deux centres de R&D.

 

 

 

 

Chacun des acteurs conserve un siège, à Madrid pour Renault Group et Hangzhou Bay pour Geely. Cela étant, une équipe de direction sera basée au siège de la nouvelle société, qui devrait être établie au Royaume-Uni. Patrice Haettel est aujourd'hui le directeur général de Horse.

 

"Personne ne peut prétendre détenir à lui seul toutes les solutions"

 

"Face aux défis actuels de l'automobile, personne ne peut prétendre détenir à lui seul toutes les solutions" indique Luca de Meo, directeur général de Renault. Pour proposer des innovations révolutionnaires, il faut unir les compétences et les atouts. Dans la course à la décarbonation de l’industrie automobile, il n'y a pas de temps à perdre, et nous devons penser et agir différemment."

 

"Aujourd'hui, nous sommes fiers d'unir nos forces à celles d'une grande entreprise comme Geely pour créer un nouvel acteur, capable de relever le défi, de changer la donne et d'ouvrir la voie aux technologies des moteurs à combustion interne à très faibles émissions" a ajouté le patron de Renault.

 

A lire aussi : La révolution de Renault passe par la création de cinq entités indépendantes

 

Grâce à ses implantions dans le monde, Horse affirme pouvoir répondre à 80 % du marché mondial des moteurs thermiques et hybrides. Avant de devenir, peut-être, un équipementier de rang 1, Horse va livrer des pièces dans son environnement immédiat. En effet, ses premiers clients seront naturellement Renault, Dacia, Alpine, Geely Auto, Volvo Cars, Lynk & Co, Proton, Nissan, Mitsubishi et Punch Torino.

 

Un périmètre qui représenterait déjà 15 milliards de chiffre d'affaires et Horse a la volonté de l'étendre à d'autres constructeurs. Comme pour souligner son potentiel, la nouvelle société estime qu'à l'horizon 2040 le marché mondial demandera encore 50 % de moteurs thermiques et/ou hybrides.

 

Une opération bouclée au second semestre 2023

 

Quant à Aramco, rien n'est encore signé mais "l'investissement d'Aramco soutiendrait la croissance de l'entreprise et contribuerait à la recherche et au développement de solutions de carburants synthétiques et de motorisations hydrogènes de future génération" explique Renault.

 

Horse est donc lancée et la transaction devrait être bouclée au second semestre 2023. Il reste encore quelques étapes réglementaires dont l'approbation des autorités de la concurrence et du contrôle des investissements étrangers.

 

Gageons que certains hommes politiques, français et européens, vont une nouvelle fois tenter de faire pression sur Renault au moment de partager ses technologies avec un constructeur et concurrent chinois. Les élus et autres commissaires auraient peut-être dû faire, avant de décider, une étude d'impacts, sérieuse, sur les conséquences de l'interdiction en Europe de la vente de moteurs thermiques en 2035.

Partager :

Sur le même sujet

Laisser un commentaire

cross-circle