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Présidence de Mobilians : le soutien de Francis Bartholomé à Virginie de Pierrepont fait réagir

Publié le 19 juin 2026

Par Catherine Leroy
5 min de lecture
Le président sortant de Mobilians a choisi son camp. À quelques jours du scrutin qui désignera son successeur, Francis Bartholomé apporte publiquement son soutien à Virginie de Pierrepont, convaincu qu'elle est la mieux placée pour poursuivre l'œuvre engagée depuis 2014. Ce qui n'a pas manqué de faire réagir les autres candidats qui lui rappellent son devoir de neutralité ! Ambiance...
Francis Bartholome-Mobilians
À quelques jours du scrutin qui désignera son successeur à la présidence nationale de Mobilians, Francis Bartholomé apporte publiquement son soutien à Virginie de Pierrepont. ©Mobilians

À quelques jours de l'élection qui désignera son successeur à la tête de Mobilians, Francis Bartholomé a décidé de sortir de sa réserve. Le président de l'organisation professionnelle, qui quittera ses fonctions après douze années de mandat, appelle clairement à la continuité et met en garde contre toute remise en cause du modèle construit depuis 2014.

 

 

S'il affirme désormais publiquement son soutien à Virginie de Pierrepont, sa vice-présidente depuis trois ans et présidente de Mobipolis, Francis Bartholomé assure surtout vouloir préserver ce qu'il considère comme l'un des principaux acquis de son mandat : une organisation capable de fédérer l'ensemble des métiers de la mobilité. "Attention à ne pas casser le jouet", résume-t-il. "Tous ceux qui pensent changer les choses pour faire mieux, je leur demande déjà de conserver les progrès et la force de Mobilians aujourd'hui."

 

Une prise de position qui n'a pas manqué de faire réagir les autres candidats. Marc Bruschet et Denis Bernier, dans un communiqué commun, ont rappelé le respect de neutralité du président sortant dont "le rôle n'est pas d'orienter le vote des électeurs ni de donner à un candidat une caution institutionnelle qui pourrait fausser l'équilibre de cette élection."

 

L'ambiance se dégrade fortement autour de la campagne avec une question posée ? "Cette prise de position interroge d’autant plus qu’elle laisse planer le doute sur la nature réelle de ses intentions : s’agit-il réellement de garantir une stabilité qui n’est d’ailleurs pas menacée, ou bien de préserver, sous une forme ou une autre, une influence personnelle sur la gouvernance à venir à travers une coprésidence déguisée ?", avancent les deux candidats.

 

"Mobilians n'a jamais été aussi fort"

 

De quoi accentuer l'agacement du président sortant qui pointe du doigt les arguments de campagne des autres candidats, évoquant la nécessité de "casser les lignes" ou de transformer profondément l'organisation.

 

"Entre 2014 et 2026, nous avons traversé plus de crises que la profession n'en avait connues depuis cinquante ans. La crise sanitaire, les bouleversements réglementaires européens, les tensions économiques ou encore la transformation des modèles de distribution. Pourtant, à chaque fois, Mobilians est sorti renforcé", affirme-t-il.

 

Francis Bartholomé revendique notamment la transformation du CNPA en Mobilians, le renforcement de la représentation des métiers de la mobilité, l'influence acquise auprès des pouvoirs publics et la progression du nombre d'adhérents, passé selon lui de 12 000 à 26 000 entreprises. Et le montant des cotisations qui est passé de 9 à 14 millions d'euros. "Si quelqu'un pense pouvoir faire beaucoup mieux du jour au lendemain, il faut aussi regarder ce qui a déjà été construit", lance-t-il.

Une organisation fondée sur l'unité des métiers

 

Au cœur de son argumentaire figure la défense d'un modèle interprofessionnel réunissant concessionnaires, réparateurs, loueurs, entreprises de services, organismes de formation et organisations paritaires. "La force de Mobilians, c'est de représenter 24 métiers. Les concessionnaires ont besoin d'un Mobilians fort pour être entendus à Bruxelles, à Bercy ou à l'Élysée", estime-t-il.

 

À ses yeux, revenir à une logique davantage centrée sur les seuls distributeurs constituerait une erreur stratégique. "Penser que les concessionnaires seraient mieux défendus en reprenant une forme d'indépendance est une erreur. Leur force, c'est justement d'être portés par une organisation qui représente toute la filière", prévient-il.

 

Le président sortant rappelle notamment les combats menés contre le développement du modèle d'agent voulu par certains constructeurs ou encore les interventions conduites auprès des pouvoirs publics sur les dossiers européens, "quitte à monter au créneau à l'Élysée".

 

Un soutien assumé à Virginie de Pierrepont

 

Pour Francis Bartholomé, son choix en faveur de Virginie de Pierrepont ne relève d'ailleurs pas d'une décision récente, même si jusqu'à présent ce dernier s'est retenu d'afficher son soutien publiquement. "Je l'ai dit aux candidats dès le départ : je soutiendrai Virginie", indique-t-il.

 

Il justifie cette position par le parcours de la dirigeante, concessionnaire de métier, ancienne présidente de Mobipolis et impliquée depuis plusieurs années dans les sujets liés à la formation professionnelle. "Si je l'ai choisie comme vice-présidente, c'est parce qu'elle connaissait les dossiers, les territoires, les CFA, les métiers et les organisations de branche", défend-il. Selon lui, elle est aujourd'hui la candidate la plus à même de poursuivre le travail engagé depuis douze ans.

 

Une filière sous pression

 

Cette prise de position intervient alors que les distributeurs automobiles traversent une période particulièrement complexe. Francis Bartholomé évoque la dégradation économique de certains réseaux, les engagements de reprise, les difficultés liées à l'électrification du marché, la pression réglementaire européenne et la montée en puissance des constructeurs chinois. "Je n'ai jamais connu autant de sujets stratégiques concentrés en même temps", observe-t-il.

 

Dans ce contexte, il estime que la future présidence devra renforcer encore la présence de Mobilians à Bruxelles et poursuivre le dialogue avec les ministères économiques et industriels. "La profession a besoin d'une voix forte. Aujourd'hui, ce n'est pas le moment de fragiliser l'organisation", analyse-t-il.

 

Le scrutin se tiendra le 24 juin 2026. Trois candidats briguent la succession de Francis Bartholomé : Virginie de Pierrepont, Marc Bruschet et Denis Bernier. Une élection particulièrement suivie qui déterminera l'orientation de Mobilians pour les prochaines années, à un moment où la filière automobile française fait face à des défis économiques et industriels majeurs.

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