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Les start-up françaises de transport battent un record de levées de fonds en 2023

Publié le 28 février 2024

Par Thomas Blanc
4 min de lecture
D'après la première édition du tout nouvel Observatoire des start-up françaises de la mobilité, les jeunes pousses de l'Hexagone ont été parmi les mieux pourvues en Europe avec des levées de fonds en hausse de 12 % en 2023. La mobilité ressort comme l'un des rares secteurs qui échappe à la morosité des financements.
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Verkor a maintenu le navire à flot en représentant près de la moitié des fonds levés par les start-up françaises de la mobilité. ©Verkor

1,9 milliard d’euros, c’est le montant record qu’ont réussi à lever les start-up dans le secteur des transports en 2023 selon les chiffres de l'Observatoire des start-up françaises de la mobilité présenté par le syndicat des métiers de l'automobile Mobilians, le cabinet de conseil Roland Berger et le fond d'investissement Via ID. 

 

L'étude montre que ce chiffre, 12 % plus élevé que celui de 2022 (1,696 milliard d'euros) place la France dans le club très fermé des écosystèmes en progression sur le sujet de la mobilité. C'est également 4,4 fois plus que les montants levés en 2019.

 

Cette croissance s'est largement appuyée sur les levées de fonds de deux start-up, Verkor qui a inauguré sa gigafactory de production de batteries à Dunkerque et le spécialiste de la recharge de véhicules électriques, Driveco. La première a réussi à amasser 850 millions d'euros en 2023, la seconde 250 millions.

 

Le transport, secteur porteur

 

Sur onze secteurs identifiés par l'observatoire où ont été menées des levées de fonds par des start-up françaises, parmi lesquels l'énergie, l'alimentation et la santé, seuls deux sont en progression. Les semi-conducteurs (+213 %) et le transport (+12 %), tirant énormément la moyenne de la (dé)croissance totale des montants levés par l'ensemble des start-up françaises entre 2022 et 2023 (-43 %) vers le haut.

 

Cela s'explique simplement pour Julie Sadaka-Entringer, directrice du pôle solutions de mobilité chez Mobilians. "Parmi les facteurs qui jouent en la faveur des transports, il y a le fait qu'ils sont au cœur des enjeux énergétiques, sociétaux et environnementaux. Ils jouent également un rôle dans le pouvoir d'achat, ce qui pousse les investissements dans ce secteur."

 

Sur ce thème des transports, la France réussit grâce à ces résultats à se hisser parmi les meilleurs écosystèmes européens. David Schwarz, directeur général de Via ID, affirme même que "l'écosystème de tech français avec ses assureurs, ses banques, etc. fait référence en Europe".

 

À la première place en termes de rythme de croissance, les start-up norvégiennes avec 400 millions d'euros levés font +46 % par rapport à 2022, notamment grâce aux bornes de recharge.  

 

Ensuite, vient le Royaume-Uni avec 3,4 milliards d'euros levés et 40 % de progression. Le pays d'outre-Manche est selon Clément Guillemot, directeur des programmes start-up et de l'écosystème chez Via ID, "l’écosystème le plus dynamique historiquement dans ce secteur", pas de surprise donc de le voir culminer en haut du classement. 

 

A lire aussi :Verkor débute sa production de batteries à Grenoble

 

Vient enfin la France avec +12 % de progression. À l'instar de la Norvège, la France attire les investissements grâce à son industrie de bornes de recharge qui se développe fortement. Cette performance place la France 36 points au-dessus de la moyenne européenne des levées de fonds qui s’établit à -24 % dans le secteur des transports. 

 

À noter que l’Allemagne, au coude-à-coude habituellement avec la France, fait trois fois moins bien (600 millions d'euros levés) dans l’investissement de ses start-up de transports.

 

Des segments de la mobilité plus séduisants que d'autres

 

Sur la mobilité et les services automobiles, les chiffres sont un petit peu moins bons. Une baisse de 30 % des levées de fonds a été observée.

 

Sur ce sujet, le segment le plus porteur est celui du commerce automobile et de la distribution énergétique qui regroupe environ deux tiers (62 %) des levés de fonds du secteur de la mobilité en France. 

 

Selon Clément Guillemot, "ce segment est très dynamique grâce notamment à des investissements dans le véhicule d’occasion." En effet, parmi les levées de fonds notables, celle de Proovstation, start-up d'inspection des carrosseries des véhicules d'occasion via l'IA, qui a levé 10,4 millions d’euros en 2023, ou encore celle d'Eveho, qui a digitalisé l'activité des concessionnaires VO à quatre millions d'euros. 

 

Ce segment "a tout de même subi une baisse de 44 % de ces investissements", a noté Olivier Hanoulle, spécialiste automobile chez Roland Berger.

 

Dans le détail, il est vrai que moitié moins de fonds a été levée sur ce segment (466 millions en 2023 contre 827 en 2022) alors même que le nombre de levées a été plus important, 20 contre 16. Mais il faut noter que l'année 2022 a été gonflée par la levée de fonds de l'opérateur de bornes de recharge Zeplug à 240 millions d'euros. L'année 2023 reste donc une bonne année, cinq fois meilleure que 2021 (95 millions d'euros levés) par exemple.

 

2024 est une année qui s'annonce également fructueuse pour les start-up françaises de la mobilité et plus spécifiquement de la borne de recharge comme le veut la tendance. Le spécialiste français de la recharge ultrarapide, Electra a levé 304 millions d'euros mi-janvier 2024.

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