Cyclevia élargit son champ d'action aux emballages d’huiles

La mesure, bien qu'elle soit passée inaperçue pendant la période estivale, mérite d’être soulignée. Après sa signature par le ministère chargé de la Transition écologique, le complément au cahier des charges de la filière relatif aux emballages a été publié au Journal officiel le 24 juillet dernier.
À compter de cette date, Cyclevia dispose de quatre mois pour déposer sa demande complémentaire d’agrément et préparer la prise en charge effective de ces flux à compter du 1er janvier 2027.
Ainsi, bidons en plastique ou métal, fûts métalliques ou plastiques, grands récipients pour vrac (GRV), aérosols, cartouches de graisse ou encore burettes : l’ensemble des emballages de vente utilisés pour commercialiser les huiles sont concernés.
Ils intégreront dès le 1er janvier 2027 la REP des huiles minérales ou synthétiques, lubrifiantes ou industrielles et seront pris en charge par Cyclevia, seul éco-organisme de la filière.
Selon les premières estimations réalisées par Cyclevia, environ 20 000 tonnes d’emballages seraient mises sur le marché chaque année. Un gisement significatif alors même qu’une part importante de l’huile commercialisée auprès des professionnels est aujourd’hui livrée en vrac (camion-citerne).
En fait, cet élargissement de la REP et de son périmètre a été porté par le conseil d’administration de Cyclevia dès 2024, volontaire pour une telle évolution et convaincu de la nécessité de traiter ensemble le produit et son contenant.
Améliorer la traçabilité en créant des chaînes de traitement adaptées
"Un contenant d’huile est un déchet dangereux et ne peut pas être considéré comme un simple emballage, souligne André Zaffiro, directeur général de Cyclevia. Sa collecte, son tri et son traitement sont intimement liés au produit, et dans la pratique au déchet, qu’il a contenu. Les réunir au sein d’une même filière permet de construire une réponse cohérente, plus simple pour les acteurs et surtout plus performante sur le plan environnemental".
En effet, aujourd’hui, tous les emballages en plastique souillés sont intégrés à des flux plus larges de déchets et orientés vers la valorisation énergétique. Leur faible poids au sein de filières généralistes ne facilite pas l’émergence de solutions spécifiques.
En regroupant les volumes au sein d’une filière dédiée, Cyclevia entend améliorer leur traçabilité et surtout créer des chaînes de traitement adaptées, avec une ambition : toujours favoriser le recyclage et le retour de la matière dans de nouvelles boucles de production.
La réglementation fixe d’ailleurs désormais à la filière des responsabilités qui couvrent la collecte, le transport, mais aussi le réemploi, la réutilisation, le recyclage et les autres opérations de valorisation des contenants d’huile usagée.
Une consigne de tri plus lisible pour les particuliers
Cette évolution doit également apporter des bénéfices très concrets aux détenteurs. Au niveau des professionnels (garages, ateliers, industriels ou exploitants agricoles), l’éco-organisme apportera son soutien aux opérateurs et financera intégralement la prise en charge des déchets d’emballages relevant de la filière.
Le changement sera significatif puisque la gestion de certains de ces déchets peut aujourd’hui représenter pour un professionnel plusieurs centaines d’euros par tonne. Les modalités de collecte, quant à elles, resteront simples.
Par ailleurs, le rattachement du produit et de son emballage au sein d’une même filière REP permettra de travailler sur un autre enjeu essentiel : la simplification et la lisibilité du geste de tri. En effet, jusqu’à présent, l’huile usagée et ses contenants relevaient de consignes distinctes, engendrant une situation peu intuitive pour les consommateurs, contreproductive pour les filières et dangereuse pour l’environnement.
D’après une étude de l’Ademe menée en 2024, ce sont près de 2 900 tonnes d’huile usagée qui sont retrouvées dans les ordures ménagères en France chaque année. En réunissant les deux responsabilités, Cyclevia contribuera à simplifier et à harmoniser l’information.
Maintenant, pour ce qui concerne les éléments complémentaires nécessaires à l’extension de son agrément actuel, éléments à transmettre à l’État, l’éco-organisme va mettre à profit ces quatre mois pour préparer sa nouvelle mission.
Plusieurs chantiers sont actuellement menés : caractérisation des gisements et des flux ; définition du futur barème d’écocontribution applicable aux metteurs en marché ; construction des barèmes de soutien aux opérateurs de collecte et de traitement ; préparation des contrats types qui encadreront le fonctionnement de la filière ; élaboration des trajectoires de performance en matière de collecte, de réemploi et de recyclage.
Ces travaux sont conduits en coconstruction avec les acteurs de la filière, à travers plusieurs groupes de travail.
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