L’électronique est partout dans l’automobile, et ne fait pas débat. Pour les constructeurs, le sens de l’histoire en la matière consistait à s’appuyer sur des équipementiers experts, afin de faire progresser leurs véhicules. Ils ont ainsi délégué le développement de leurs produits, élargissant peu à peu le champ des possibles, année après année. Tout est parti d’une évolution des besoins et de contraintes réglementaires, qui ont accéléré l’introduction de l’électronique dans l’automobile, avec deux tendances principales, la sécurité et la baisse de la consommation. De là, les multitudes de possibilités ont germé dans l’esprit fécond des ingénieurs, rapidement rejoints par des start-up ayant compris l’importance du besoin de mobilité et de simplicité des consommateurs. Avec des fonctionnalités ou des applications rendues viables grâce à l’électronique, qui est, à ce titre, devenue visible et incontournable.
Dans l’automobile, l’électronique s’immisce au cœur de trois univers. Au niveau du contrôle châssis tout d’abord, pour assurer la sécurité (ABS, ESP…), puis dans la gestion moteur, toujours plus fine afin de répondre aux contraintes de pollution, et enfin dans le pilotage des fonctions de confort (infotainement, connectivité…).
Or, ce cloisonnement naturel tend à disparaître. Les systèmes modernes d’aide à la conduite ont besoin d’informations provenant du châssis par exemple, et peuvent se voir amenés à contrôler certaines fonctions moteur. Tandis que des “acteurs de la mobilité”, comme ils se nomment, s’invitent à la table et profitent de l’avancée technologique des véhicules pour amener leurs solutions sous forme d’applications ou d’idées novatrices. L’électronique et l’informatique embarquées rebattent donc clairement les cartes. La voiture, qui vivait seule son paisible développement, voit désormais ses plans de développement bouleversés par ce nouvel écosystème aux multiples intervenants. Pour les équipementiers, la difficulté est technique, mais surtout culturelle. Impossible aujourd’hui de prévoir quelles seront les fonctions plébiscitées demain. Or, il faut innover sans cesse pour rester dans la course.