Des robotaxis attendus en Île-de-France dès 2028

En parallèle de son autre annonce de partenariat avec Nvidia et Uber autour de Wayve, Stellantis dévoile une autre collaboration, plus concrète, à l’échelle locale. En effet, lors des Assises du véhicule autonome, le groupe aux 14 marques, l’opérateur de mobilité Bolt, le spécialiste de la conduite autonome Pony.ai et la Métropole du Grand Paris officialisent leur alliance autour du projet "Greater Paris Autonomous Driving Living Lab".
L’initiative, qui s’inscrit dans le programme européen ADACities (Autonomous Drive Ambition Cities), prévoit le déploiement d’une première phase d’expérimentation de véhicules autonomes dans un maximum de cinq communes du nord-ouest francilien à partir de 2028.
Une exploitation commerciale prévue pour 2030
Avec ce projet, les partenaires se donnent pour objectif d’étendre progressivement le service à une trentaine de villes de la métropole parisienne afin d’atteindre l’exploitation commerciale d’ici 2030. Le projet doit permettre, dans un premier temps, d’évaluer l’intégration de véhicules autonomes de niveau 4 dans un réseau dense de 7,2 millions d’habitants. Il ciblera d’abord la desserte du premier et du dernier kilomètre, les trajets en heures creuses, la mobilité des personnes âgées ou encore les déplacements vers les grands événements.
"Cela fait maintenant dix ans que nous expérimentons autour de ce que nous appelons des quartiers métropolitains d’innovation, où nous amenons nos 130 communes à mettre en place des expérimentations sur leur territoire, à en mesurer les effets et à pouvoir les déployer, souligne Nathalie Van Schoor, directrice générale des services (DGS) de la Métropole du Grand Paris. Aujourd’hui, il nous a semblé que la mobilité autonome était suffisamment mature pour être expérimentée sur notre territoire."

©Journal de l'Automobile - Jean-Baptiste Kapela
Miser sur la sécurité
Dans le détail, Stellantis fournira les véhicules construits sur sa plateforme "L4-Ready", tandis que Pony.ai apportera son logiciel de conduite autonome, adossé à l’architecture Nvidia Hyperion et au système de sécurité Halos. Bolt assurera, pour sa part, l’intégration opérationnelle et l’interface utilisateur via sa plateforme.
"Notre stratégie est basée sur la plateforme L4-Ready, sur laquelle nous travaillons toute la base véhicule afin d’avoir un véhicule capable d’accepter la technologie des fournisseurs technologiques, affirme Anne-Laure Vincke, responsable de l’innovation chez Stellantis. L’élément clé est la sécurité de fonctionnement : nous devons atteindre un niveau de safety de 10⁻⁸ en termes de taux d’erreur, c’est-à-dire garantir que, pendant 100 millions d’heures, il n’y ait pas le moindre incident. C’est la condition sine qua non du déploiement."
Pour l’opérateur Bolt, la réussite du projet repose sur la capacité à générer des volumes d’exploitation suffisants à l’échelle du continent. "Bolt est aujourd’hui la seule plateforme de mobilité à l’échelle mondiale née et détenue en Europe. Nous sommes ici pour fournir du volume aux constructeurs et aux fournisseurs de technologie. Nous sommes prêts à investir et à lancer jusqu’à 33 véhicules dans un premier temps pour tester le service, mais, pour aller au-delà, il nous faut une trajectoire claire vers des opérations commerciales à grande échelle", soutient Charlotte Eisner, responsable de la commercialisation et des partenariats stratégiques chez Bolt, qui réclame un allégement de la réglementation.
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