Essai BYD Atto 2 DM-i : un tour de force

BYD ne perd pas de temps. Après le Seal U DM-i et la Seal 6 DM-i, voici déjà son troisième hybride rechargeable lancé en Europe en un peu plus d'un an. Cette fois, le constructeur chinois descend d'un cran. Avec ses 4,33 m, l'Atto 2 DM-i vient jouer dans la cour des Dacia Duster, MG ZS et Citroën C3 Aircross. Mais la comparaison s’arrête là.
Car à partir de 26 990 euros pour la version Active et de 29 990 euros pour la Boost, celle de notre essai, il n’existe tout simplement aucune concurrence. Et le marché a totalement assimilé cette donnée. À fin octobre 2026, ce SUV urbain dans sa version hybride rechargeable (il existe aussi en électrique) était le modèle le plus vendu de BYD. Avec 8 425 unités, il couvrait 30 % des immatriculations d’une très large gamme.
Ce tarif alléchant ne se fait pas au détriment des prestations globales. Sur le papier, notre version Boost ne manque pas de ressources. La fiche technique indique un quatre-cylindres essence 1,5 de 98 ch, un moteur électrique de 197 ch et une puissance cumulée de 212 ch. Le même combo que dans les deux autres modèles BYD. De quoi imaginer un SUV plutôt nerveux.
Raté ! L'Atto 2 préfère nettement la douceur aux accélérations musclées. Les relances sont progressives et le moteur thermique, généralement discret, se met à mouliner lorsqu'on sollicite franchement l'accélérateur. Pas très agréable à l'oreille, mais rien de dramatique au quotidien. D'autant que le reste du temps, le passage d'un mode de propulsion à l'autre s'effectue sans à-coups.
Et c'est précisément là que le système hybride de BYD prend tout son sens. Car contrairement à certains hybrides rechargeables où le moteur électrique joue les seconds rôles, celui de l'Atto 2 assure l'essentiel du travail. Avec ses 300 Nm de couple, il suffit largement pour circuler en ville et sur route. Le moteur essence intervient principalement pour produire de l'électricité, même s'il peut également entraîner directement les roues à vitesse stabilisée. Une architecture qui privilégie la souplesse plutôt que les performances pures.
90 km d'autonomie
Mais le véritable atout de ce BYD se trouve sous le plancher. Sa batterie de 18 kWh promet jusqu'à 90 km d'autonomie électrique, sachant que la version d'entrée de gamme ne propose qu'une batterie de 7,8 kWh, à l'intérêt assez limité. Nous avons atteint les 75 km, un score très honorable. Cela permet de couvrir largement les trajets quotidiens sans brûler une goutte d'essence. À condition bien sûr de disposer d'une prise à domicile ou au travail. Car avec une puissance de recharge limitée à 6,6 kW et 3,3 kW (pour la version Active, soit la puissance d'une prise renforcée), il faudra patienter au minimum trois heures pour refaire le plein d'électrons.
Autre point positif, la consommation. Lorsque les deux moteurs travaillent de concert, nous sommes restés bien en dessous de la part des 5 l/100 km sur des parcours périurbains. Sur voies rapides, pas de miracle, la consommation s'envole, mais jamais très haut. Nous n'avons jamais dépassé les 7 l/100 km, ce qui est ici encore raisonnable.
Cette vocation à la tranquillité se retrouve naturellement sur la route. La direction, peu communicative, manque de précision lorsqu'on hausse le rythme. Les suspensions, quant à elles, se montrent parfois sèches sur les ralentisseurs et les chaussées dégradées. Heureusement, le comportement reste rassurant et les mouvements de caisse plutôt bien maîtrisés. On sent que les ingénieurs chinois travaillent d'arrache-pied pour que le comportement de leur voiture s'approche le plus possible de celui des modèles européens. En revanche, l'insonorisation laisse encore à désirer.
Un écran peu ergonomique, mais de l'habitabilité
À bord, pas de surprise, nous sommes bien dans un modèle chinois. Comme d'habitude, une planche de bord sans une once d'imagination, un grand écran central (12,8'') sur lequel la quasi-totalité des fonctionnalités de la voiture se pilote. L'ergonomie est toujours aussi peu adaptée à la conduite, mais l'espace aux jambes à l'arrière est très généreux et, pour une fois, le volume de coffre (425 l) est en adéquation avec la vocation familiale de la voiture. L'intérieur s'avère très bien fini, flatteur au regard et le niveau d'équipements de série, pléthorique. Citons pêle-mêle : le toit panoramique, la caméra à 360°, les sièges chauffants, la recharge par induction, les applications Google…
Au final, l'Atto 2 DM-i ne révolutionne pas le plaisir de conduite ni l'agrément routier. Mais il réussit un joli tour de force, celui de proposer un SUV hybride rechargeable compact mais spacieux, bien équipé et capable de rouler longtemps en électrique pour le prix d'un hybride classique. Une équation aujourd’hui encore inégalée, d'autant qu'il est exempté du malus grâce à son poids inférieur à 1 600 kg. L'Atto 2 DM-i réussit le pari de concilier le thermique, l'électrique et le pouvoir d'achat.
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