En 2011, le déficit commercial de la France s’est établi à près de 70 milliards d’euros, un bien triste record. Pour expliquer ces piètres résultats, l’industrie automobile a souvent été montrée du doigt. Sans chercher à nier l’évidence, Jacques Aschenbroich prend cependant le temps de préciser les choses : “Ce déficit est avant tout imputable au secteur des énergies et ensuite à l’automobile”, avant d’enchaîner : “Il s’agit d’un sujet sensible qui s’articule autour de deux questions clés. D’une part, la production automobile a significativement diminué en France, ce qui n’a pas été le cas en Allemagne. D’autre part, l’enjeu de la compétitivité demeure central et force est de reconnaître que le coût du travail a augmenté en France ces dernières années, ce qui n’a pas été le cas en Allemagne”.
La situation des équipementiers français contraste avec celle des constructeurs
Ce qui peut d’ailleurs poser des problèmes à Valeo, comme l’indique Jacques Aschenbroich : “Pour Valeo, les clients sont français et allemands et les concurrents sont… allemands… En outre, par rapport aux coûts évoqués, cela ajoute des difficultés pour localiser la production en France”. Toutefois, sous l’angle de la balance commerciale, la situation des équipementiers français, dont Valeo, contraste avec celle des constructeurs. Réorganisé autour de quatre pôles d’activité, et Jacques Aschenbroich rappelle qu’il n’a pas l’intention de se disperser sur d’autres métiers, Valeo a présenté de bons résultats (CA en hausse de 12,5 %, marge opérationnelle à + 7,2 % et cashflow libre en progression de 10 % au 1er semestre 2012) et son portefeuille de clients est bien équilibré et diversifié : 17 % pour la France, 30 % pour l’Allemagne, 30 % pour l’Asie et 18 % pour les Amériques.
Une Europe à deux vitesses