Entre la lettre envoyée en grande pompe aux constructeurs et le résultat de son désormais traditionnel baromètre trimestriel, le CNPA aura su attirer les projecteurs. Il aura surtout réussi à soulever de nombreuses questions, notamment sur l’actuel état de santé des réseaux de distribution. “Nous sommes ainsi saisis par un nombre croissant de nos collègues, qui craignent de ne pas pouvoir faire face à leurs échéances de trésorerie au cours des mois d’été”, a effectivement écrit dans sa missive Olivier Lamirault, représentant de la branche concessionnaires du CNPA. Alarmiste, il rappelle ensuite que, selon les informations du CNPA, “la rentabilité moyenne des distributeurs français à fin mai est négative”. “Je suis entièrement d’accord avec ce message d’alerte, commente Emmanuel Hacquart, président du groupement des concessionnaires Renault de la région Est. Je regrette simplement l’ampleur qu’ont pris les événements, car il y a un risque que les banquiers s’inquiètent encore plus de notre situation.”
En novembre dernier, le CNPA avait déjà tenté d’attirer l’attention. Sans succès. Six mois plus tard, il semble que la situation ne se soit pas améliorée et que les “plans d’enlèvement” se soient multipliés, touchant toutes les marques ou presque. Certains évoquent du “chantage”, d’autres parlent de “pressions partenariales”. En réalité, le phénomène n’est pas vécu partout pareil. “En mai 2011, à la suite des catastrophes survenues au Japon, Citroën nous avait demandé de surstocker. Aujourd’hui, nous trouvons encore des véhicules de cette campagne sur les parcs”, témoigne un distributeur. “Nous avons un niveau légèrement supérieur à la moyenne”, concède, sans s’offusquer, Gérard Grau, président du groupement des concessionnaires Citroën. Les produits en parc depuis plus de 180 jours représenteraient moins de 4 % du total.
“Période inédite et historique”