Quelque chose est peut-être en train de changer dans le paysage de la distribution automobile. Depuis quelques années, experts, observateurs, voire certains professionnels, nous prédisent des changements dans les structures, dans les forces en présence, dans la façon même d’exercer le métier de distributeur. Il faut bien reconnaître que nous n’avons peu ou prou rien observé de révolutionnaire et si mutations il y a, celles-ci s’opèrent de manière très subreptice.
Toutefois, ces modifications, aussi discrètes soient-elles, ont bel et bien lieu et demeurent l’œuvre des distributeurs eux-mêmes. En effet, confrontés à la chute du marché du véhicule neuf (- 13,9 % en 2012 et un marché 2013 annoncé incertain), mais également à des soucis de rentabilité qui fragilisent leurs affaires, les concessionnaires d’aujourd’hui, qui n’ont pas la chance d’appartenir à un grand groupe financier ou à un puissant groupe de distribution, sont de plus en plus tentés par la mutualisation des forces en présence, prônant la sacro-sainte “union fait la force”. En somme, réunir sur un seul site toutes les marques disponibles dans un territoire donné. En l’espace de quelques mois, des initiatives villages, pôles ou cités de l’automobile se sont multipliées en France, à l’image des groupes Rolland à Givors (69), Lempereur à Arras (62), Aratto à Tarbes (65), Rouyer à Mouilleron-le-Captif (85) et tout récemment Didier Chabrier à Carcassonne (11). Si ces concepts diffèrent, l’idée reste la même : réaliser des économies d’échelle, attirer le chaland et replacer l’automobile au cœur du système. Récentes, ces initiatives auront le temps de prouver leur bon sens, mais d’autres s’étaient laissé tenter il y a quelques années.
Des constructeurs plus conciliants