En 2009, Mathias Boniface, distributeur Hyundai à Bordeaux, avait réussi à vendre quelques véhicules sur Facebook via la création d'un groupe baptisé "Toi aussi tu connais bien Mathias Boniface, distributeur Hyundai à Bordeaux". L'initiative, spontanée, relevait davantage de la galéjade que d'une véritable démarche commerciale. Avec Digital Dealer, société fondée en 2009 par Eric Saint-Frison, on n'est plus dans la galéjade du tout. L'affaire est sérieuse et a nécessité plusieurs mois de développement. Depuis quelques jours, les groupes Behra et Hg Automobiles ont investi le réseau social planétaire avec des pages personnalisées, répondant à une logique purement commerciale ; les offres de VO ou de VN y apparaissent de manière détaillée, comme sur un site Internet. On savait la Toile florissante, toujours prompte à accoucher de nouvelles solutions permettant de booster les ventes, mais ce nouveau projet surprend et questionne.
Facebook explose les compteurs
Peut-on vendre des voitures sur un site où l'on s'exhibe en maillot de bain, où l'on affiche ses "amis" et raconte sa vie ? Il y a un an, Eric Saint-Frison, en doutait. "Pour être honnête, un tel développement ne me paraissait pas du tout évident. J'étais persuadé que Facebook était un jouet", admet-il. Aujourd'hui, il n'en doute plus. Chiffres à l'appui. "20 millions de Français sont inscrits sur le site, soit 1/3 des habitants de l’Hexagone. 50 % des utilisateurs ont entre 25 et 54 ans et plus du tiers (35 %) des entreprises françaises ont une page Facebook, argumente-t-il. Et de poursuivre sa démonstration : "Nous ne surfons pas sur une vague. L'intérêt de ce support est de pouvoir multiplier les opportunités de rencontres très rapidement, à moindre frais. Aujourd'hui, il faut aller vite et suivre le client quand il est sur le Net, sur son mobile ou sur Facebook ". 50 % des utilisateurs se connectent chaque jour sur le réseau social et le temps moyen passé par utilisateur est de 55 min.