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Distribution

Groupe Bailly : Un bien fringant septuagénaire

Publié le 3 octobre 2008

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Par David Paques
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8 min de lecture
Opérateur historique de la marque au lion dans sa région mosellane, voilà bientôt un an que le groupe Bailly s'est ouvert au multimarquisme, au point de devenir un des plus importants partenaires de Citroën dans l'Est de la France. Avec l'intégration locale et la profitabilité...

...financière en toile de fond, le groupe familial fait sa mue sans perdre ses racines.

Au-delà des mastodontes du métier dont la profession de foi échappe bien souvent aux histoires de cœur, mais répond davantage à de froides logiques financières, la distribution automobile hexagonale est bien souvent une histoire de famille. Des fratries qui ont donné de la couleur à la représentation locale des marques. Comme le groupe Bailly. A Metz, puis plus loin aujourd'hui. Du petit garage Peugeot de la rue de Pont-à-Mousson, à Montigny-lès-Metz, ouvert en 1936, le groupe Bailly n'en conserve plus grand-chose, si ce n'est cet esprit de proximité avec sa clientèle. C'est pourtant là, qu'a commencé leur histoire automobile. Là, qu'a débuté leur indéfectible partenariat avec la marque au lion qui, jusqu'il y a moins de deux ans, était unique. Depuis, le temps a fait son œuvre. Le renouvellement des générations également. Jean-Paul et Patrick Bailly, qui présidaient aux destinées de l'entreprise familiale depuis 1962 ont en effet passé le flambeau à Stéphane, fils de Jean-Paul. Un tournant dans l'histoire du groupe. "Pas une révolution", insiste le directeur général, rappelant que son père et son oncle sont respectivement président du conseil de surveillance et président du directoire et qu'en ces qualités, toutes les décisions importantes sont prises en commun. Pourtant, il s'agit bien d'un changement de style. Et à 72 ans, le groupe Bailly fait désormais feu de tout bois. "Avec mes équipes, nous avons opéré un véritable travail de fond sur les process métier et les frais de structure", explique Stéphane Bailly. Le groupe se servait par exemple de locaux en plein centre ville de Metz pour préparer et stocker ses véhicules pour la location. "Je me suis appliqué à optimiser nos frais généraux et nos frais de structure en réorganisant notre immobilier. Ce qui nous a donné les moyens de dégager du cash et de faire des acquisitions. Nous avons donc basculé dans le multimarquisme, par notre souci d'optimiser notre foncier et de préserver notre rentabilité", explique Stéphane Bailly.

Citroën en un an A l'été 2007, le groupe Bailly s'engage donc dans les réseaux de marques asiatiques avec Hyundai, SsangYong, Suzuki et Kia. Et dès la fin de ce premier exercice, Stéphane Bailly reprend la concession Citroën de Pont-à-Mousson (Europ'Auto RM), puis il entame des négociations avec le groupe Oblinger pour le rachat des sites de Saverne, Haguenau (67) et Sarrebourg (57). Opération conclue en janvier dernier. En 12 mois, le visage du groupe Bailly a considérablement évolué. Stéphane Bailly a posé les bases d'un nouvel axe de croissance. Arrivé en 2003 du Luxembourg, Bruno Cavagni, directeur administratif et financier, est peu à peu devenu l'une des clés de voûte du "système Bailly". La gestion des actifs est en effet à la base de ce développement. Depuis décembre 2006, le groupe Bailly s'est ainsi enrichi de cinq marques et de 3 500 VN. Mais ce n'est pas fini. "Nous devons consolider notre développement actuel tout en suivant ce schéma logique de marques séparées. Il s'agit de préserver notre surface financière avec une culture du résultat dans chaque affaire. Nous voulons développer chacune des marques que nous représentons sur ce modèle", précise Stéphane Bailly. Une surface financière semble-t-il d'importance puisque le groupe s'apprête à réaliser deux grosses opérations. Depuis le 1er octobre, le distributeur s'est renforcé un peu plus encore dans le réseau Suzuki en intégrant deux nouvelles affaires à Forbach et à Pont-à-Mousson, portant à 4 le nombre de points de vente alloués au constructeur japonais. Le distributeur s'affirme également dans le réseau de la marque aux chevrons. Le groupe Bailly a en effet conclu la reprise des sites Citroën de Colmar et Sélestat, jusque-là propriété de PGA Motors. Avec ces acquisitions, le groupe Bailly compte désormais six sites Citroën pour un potentiel de 3 600 VN et 80 millions d'euros de chiffre d'affaires avec la marque. A la fin 2008, l'opérateur devrait donc atteindre un volume global de 11 500 immatriculations. Soit une croissance de 90 % en deux ans ! Un développement frénétique qui se veut pourtant maîtrisé et qui ne manque pas d'influer sur la gestion quotidienne du groupe. De la rigueur et de la chaleur avec le souci permanent de respecter chacun des partenariats. A commencer par le plus ancien d'entre eux.

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