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Distribution

Europe : les prix des VO s'affaissent sous l'effet de recomposition de l'offre

Publié le 25 mars 2026

Par Gredy Raffin
6 min de lecture
Après deux mois consécutifs d'érosion, le volume de petites annonces pour des véhicules d'occasion dans l'Europe de l'Ouest a pris de l'ampleur en mars 2026. Il est revenu à 3,87 millions d'unités, selon l'agrégateur Le Parking. Ce regain d'offres entraîne mécaniquement un repositionnement tarifaire à la baisse.
Etude véhicules d"occasion Le Parking
Le nombre de petites annonces de véhicules d'occasion a augmenté de 2,4 % sur un mois, selon Le Parking. ©JA

Les consommateurs ont retrouvé un peu plus de choix dans les véhicules d'occasion en Europe de l'Ouest. D'après l'étude mensuelle réalisée par Le Parking pour Le Journal de l'Automobile, l'offre a pris de la consistance sur le périmètre des cinq pays du baromètre (France, Allemagne, Italie, Espagne et Belgique).

 

Après deux mois consécutifs d'érosion, l'agrégateur de sites d'infomédiaires a comptabilisé plus de 3,87 millions de petites annonces en mars 2026, soit 2,4 % de plus qu'en février.

 

L'Espagne a tout particulièrement tiré cette croissance avec +4 %, à plus de 556 700 véhicules d'occasion. Mais à en croire Le Parking, la France a aussi joué un rôle crucial avec une augmentation de 3,4 %, à 994 600 unités (-12,7 % sur un an). Tous les pays ont, de toute manière, vu leur nombre de véhicules d'occasion disponibles augmenter.

 

Dans le détail, Le Parking nous apprend qu'il y a 3,644 millions de voitures d'occasion, soit +2,4 % sur un mois, ainsi que 226 170 véhicules utilitaires (+2,6 %) à revendre sur les plateformes de diffusion. Là encore, l'Espagne s'illustre en enregistrant un allongement de 3,8 % de la liste des voitures d'occasion, à 526 420 unités.

 

Avec un tel cumul, l'ensemble des cinq pays observés reste cependant 4,1 % sous le niveau de l'an passé. Il faut dire que la France et l'Allemagne ont respectivement perdu 12,7 % et 4,2 % de volume d'annonces par rapport à mars 2025. Quand ces deux pays toussent, l'Europe n'est jamais loin de s'enrhumer.

 

 

Le diesel reprend de la place

 

L'offre s'est électrifiée. L'abondance de véhicules d'occasion tient en effet à l'afflux de voitures hybrides (+4,5 %, à près de 414 100 unités) et d'électriques (+5,9 %, à 207 115 unités). En dépit d'un rebond de 2,3 %, le diesel (1,401 million d'annonces) s'incline face aux motorisations essence qui équipent 1,574 million des véhicules remis en vente (+1,7 %) par les professionnels et les particuliers cumulés.

 

 

La France pèse lourd dans cette tendance électrique : 127 730 voitures hybrides (+5,9 %) et 55 630 modèles électriques (+6 %) apparaissent sur les sites internet dédiés à la revente de véhicules d'occasion. Si l'Allemagne s'incline pour ce qui est des hybrides (121 140 unités ; +3,5 % sur un mois), le premier marché européen constitue un vivier de véhicules électriques d'occasion, dont 102 250 exemplaires attendent preneur (+5,2 %).

 

 

Ajustement à la baisse des prix

 

Malgré cet essor technologique, les prix ne s'envolent pas. Bien au contraire, les données compilées par Le Parking montrent un affaissement de 0,9 %, 20 412 euros en moyenne pour un véhicule d'occasion dans les cinq pays passés au crible. Les professionnels ont suivi le mouvement (-0,9 %, à 27 279 euros de moyenne), tandis que les tarifs des particuliers ont chuté de 1,4 %, à 14 055 euros, pour tomber au plus bas depuis juillet 2022.

 

En France, le prix moyen tous canaux confondus est donné à 17 990 euros (-0,6 %). Il repasse donc sous la barre des 18 000 euros pour la première fois depuis janvier 2022. L'évolution des prix CtoC n'est pas étrangère à cet état de fait. En baisse de 2,5 %, il atterrit à 12 928 euros de moyenne, soit au niveau exceptionnellement atteint en juillet 2025. En effet, depuis juillet 2022, le prix n'est repassé que deux fois sous le seuil des 13 000 euros de moyenne chez les particuliers.

 

 

En élargissant l'analyse à deux autres pays, les Pays-Bas et le Portugal, le constat n'est pas bien différent. Le prix moyen dans les sept pays conjugués s'est ajusté vers le bas aussi bien chez les professionnels (-0,8 % à 26 999 euros) que chez les particuliers (-1,3 %, à 13 495 euros) pour donner une moyenne globale en recul de 1 %, à 20 247 euros. Là encore, nous parlons de niveaux comparables à ceux de juillet dernier.

 

Certes l'afflux de véhicules crée un jeu de concurrence qui pousse les revendeurs à consentir quelques efforts financiers. Mais le vieillissement du parc européen, notamment sur les motorisations diesel, n'aide pas à soutenir des politiques de prix élevés. D'autant plus que, comme l'explique Indicata, les courbes de prix des VO ont tendance à se rapprocher ces derniers mois au grand dam des revendeurs d'électriques.

 

 

Une durée de vie plus courte des annonces

 

Entre les nouvelles publications et les rééditions pour bouger les prix, la durée de vie des annonces s'est raccourcie. Contre 51 jours de moyenne en février, elle est revenue à 46 jours dans l'Europe des cinq pays. Le constat est pour ainsi dire le même à l'échelle de l'Europe des sept : la rotation est passée de 52 à 48 jours.

 

 

La France s'inscrit dans ce mouvement. La durée de vie d'une annonce de distributeur a diminué de 59 à 54 jours, quand celle d'un particulier a été raccourcie de 33 à 29 jours. À noter que les professionnels belges font office de référence (à 45 jours) tout comme les particuliers allemands (21 jours). À l'inverse, les professionnels espagnols (66 jours) et portugais (74 jours) manquent encore de rapidité de rotation. Ce qui commence à devenir particulièrement surprenant pour les premiers, habitués à tourner en dix jours de moins.

 

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