Dans l’évolution des réseaux de distribution et du paysage automobile national, l’année 2012 sera à n’en pas douter à marquer d’une pierre blanche, ou plutôt noire. En effet, avec un exercice se clôturant à 1,89 million d’unités, en recul de 13,9 %, le marché automobile s’est simplement effondré. Et rares sont les optimistes à croire en un sursaut cette année ni même en 2014. Une situation à laquelle même les pires Cassandre ne s’attendaient pas au moment de démarrer l’exercice précédent. Une déconvenue pour les marques automobiles, leurs directions de développements réseaux et, bien entendu et plus directement, pour les distributeurs eux-mêmes.
Rentabilités en berne
Alors que constructeurs et distributeurs avaient travaillé d’arrache-pied de concert pour mettre en avant la satisfaction client, déployer le Lean Management, multiplier les centres de profit et professionnaliser les acteurs tout en axant leurs efforts sur d’autres activités (VO, LLD, ateliers…), les opérateurs français ont été attaqués au cœur même de leur métier : la vente de véhicules neufs. Ainsi, il n’est donc guère étonnant que la situation financière des 37 réseaux généralistes et spécialistes recensés en France se soit fragilisée. Alors qu’en 2011, elle s’affichait encore à 1,21 % (JA n°1159), la profitabilité moyenne est dramatiquement tombée à 0,46 % fin 2012. Quant au résultat net moyen, c’est logiquement qu’il recule de 5,5 %, passant de 2 391 000 euros à 2 260 000 euros en fin d’année dernière. Evidemment, tous les réseaux ne sont pas logés à la même enseigne. Si tous connaissent une rentabilité moyenne en retrait, exception faite de Toyota, seul réseau dont la rentabilité progresse de 2011 à 2012 (0,6 %), il conviendra, au vu du contexte général, de souligner la vitalité financière des distributeurs Land Rover (3,40 % de rentabilité moyenne), Porsche (2,4 %), Audi (1,53 %), Nissan (1,3 %), Volvo (1,2 %), voire Volkswagen (0,97 %). Mais pour les autres, la situation est inquiétante. On dénombre en effet quelques réseaux (ceux des groupes Fiat, Seat, Mazda et Renault) dont les rentabilités moyennes sont négatives quand les autres (Opel, Hyundai, Chevrolet, Peugeot, Mitsubishi…) ne dépassent pas les 0,5 %. C’est dire si la situation s’est dégradée ces derniers mois.