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Constructeurs

Volvo France améliore sa performance en 2021 et s'organise pour 2022

Publié le 20 janvier 2022

Par Catherine Leroy
6 min de lecture
Avec une part de marché en hausse en 2021, Volvo Car France s'organise face à la concurrence de nouveaux entrants sur le territoire, dont le développement est également basé sur les modèles électriques. Les ventes digitales pourraient devenir un nouveau terrain de conquête.
Yves Pasquier-Desvignes, président de Volvo Car France vise 70 % de ventes de véhicules électrifiés rechargeables en 2022.
Yves Pasquier-Desvignes, président de Volvo Car France vise 70 % de ventes de véhicules électrifiés rechargeables en 2022.

Malgré la pandémie et la pénurie de semi-conducteurs, qui ont largement pénalisé la production de véhicules dans le monde, Volvo enregistre une croissance importante dans la zone Europe de 2,6 % pour atteindre 320 100 immatriculations, soit 41,6 % du volume total immatriculé dans le monde (698 693 au global en 2021).

 

Dans ce contexte, la France ne fait pas figure d’exception et gagne même une place dans le top 5 des marchés européens, avec 18 877 unités livrées (+14,2 % par rapport 2020). L’observation des immatriculations selon AAA Data montre un niveau de 17 285 véhicules (+5,3%). Un volume qui apporte une part de marché de 1,04 %, soit le meilleur niveau atteint par la marque depuis 1985. Sur le segment du marché premium, la marque obtient 10,9 % de part de marché.

 

 

Mais ce n’est pas le seul record obtenu par Volvo durant cette année de pénurie de livraisons. "Nous avons réalisé des performances exceptionnelles et plusieurs records ont été battus en 2021", a annoncé Yves Pasquier-Desvignes, président de Volvo Car France, dans sa traditionnelle "opération transparence" avec la presse de début d'année

 

Record en pièces, accessoires et loueurs longue durée

 

La marque enregistre en effet la meilleure année en termes de chiffre d’affaires de pièces de rechange avec 58 millions d’euros de vente (+12%), mais aussi dans le secteur des accessoires avec un chiffre d’affaires de 10 millions d’euros (+21%).

 

Les ventes de véhicules d’occasion ont également performé avec 7 500 véhicules labellisés Volvo Selekt (+14%). Enfin, les ventes de programmes d’entretien ont atteint 4 042 dossiers sur un total de 9 512 véhicules éligibles à ces programmes, soit un taux de pénétration de 42,5%.

 

Si les ventes aux particuliers restent en dessous de la moyenne du marché (25 % pour Volvo, contre 30 % environ pour l’ensemble des marques premium), Volvo tire son épingle du jeu chez les loueurs longue durée, avec 36 % des ventes adressées à cette clientèle et 10% pour le canal des sociétés. Une performance aidée par la captive Volvo Car fleet (en partenariat avec ALD Automotive).

 

Retrouvez tous les chiffres du marché français en 2021, par marque, modèle, énergie, canal de vente

 

Performance du financement

 

Le financement aux particuliers a connu également une belle évolution. 3 403 véhicules neufs ont été financés par la captive (+22,9%), Volvo Car Financial Services, dont le partenaire est BNP Paribas Personal Finance, ce qui porte la pénétration en financement à 40,6 % contre 34,6 % en 2020. Avec un montant moyen financé de 36 000 euros, la production financière atteint 122,2 millions d'euros (+35,5%). Dans ce contexte, la part locative est de 92 %, en baisse de 4 points par rapport à 2020, notamment à cause du véhicule d'occasion, toujours essentiellement financé en crédit par les clients.

 

Quel marché en 2022 ?

 

Peu de constructeurs s’avancent aujourd’hui à donner des prévisions de marché, au regard de la difficulté de l’exercice. "Nous savons que la crise des matériaux, qui va bien au-delà de celle des semi-conducteurs va encore perdurer sur l’année 2022 et les tensions vont se poursuivre surtout durant le premier semestre 2022", poursuit le président de Volvo Car France. Mais la base de travail s’effectue sur un volume de 1,8 millions de voitures neuves en France (+8,4% par rapport à 2021).

 

A partir de ce niveau, Volvo s’est fixé un objectif de 20 000 immatriculations, soit +6,5 %, et donc de revenir à des niveaux proches de 2019. 70 % de ces mises à la route devront s’effectuer avec des véhicules électrifiés rechargeables (57 % de PHEV et 13 % de BEV). En 2021, la part totale des modèles électrifiés a atteint 63%.

 

Plusieurs nouveautés doivent épauler la marque sur ce chemin. Tout d’abord l’arrivée du XC 40 relifté mais aussi et surtout la nouvelle motorisation 100 % électrique Recharge 231 ch. Celle-ci, disponible sur le XC 40 et le C40, embarque une batterie légèrement plus faible (69  contre 78 kWh sur le moteur Recharge Twin). Ce choix lui procure un gain de poids (-158 kg), ce qui permet d'éviter le malus au poids. En outre, avec un tarif inférieur à 45 000 euros, il  rend les modèles éligibles au bonus écologique de 6 000 euros. Enfin, de nouvelles batteries seront également proposées sur les gammes 60 et 90 apportant une autonomie électrique jusqu’à 92 km en cycle mixte WLTP.

 

Pour accompagner cette progression, la filiale française a décidé de modifier son organisation autour de deux piliers : le commerce et l'expérience client. La direction du marketing disparaît et se fond dans cette nouvelle organisation. "100 % du commerce est confié à la direction des ventes et la direction de l'expérience client travaille uniquement dans le sens du client", ajoute le patron de la marque en France. Christophe Duchatelle dirige le pilier commerce pendant que Patricia Michellier prend en charge la direction de l'expérience client.

 

Un réseau dans l'attente de ses nouveaux contrats

 

Les distributeurs de la marque (49 investisseurs qui possèdent 125 sites dont 42 % exclusifs) affichent une rentabilité moyenne de 1,4 % contre 1,2 % en 2021 et surtout un chiffre d'affaires supérieur. Pour l'instant, aucune modification dans les contrats n'a encore été présentée au groupement européen, qui reste dans l'attente des propositions de la marque.

 

Pour l'instant, le réseau français a commencé a signé quelques contrats (pour 12 distributeurs environ) pour l'entretien et la réparation de la marque Lynk&Co dont la distribution a débuté sur le territoire. "La filiale française n'est pas en charge de cette commercialisation mais nous pouvons accompagner le mouvement", indique Yves Pasquier-Desvignes. Pour autant, il ne voit pas de cannibalisation des ventes avec ce nouvel acteur, dont le modèle est basé sur le XC 60. "C'est un concurrent de plus et c'est un risque assumé par la maison mère. De toute façon, la guerre est déjà déclarée avec 5 ou 6 marques potentielles qui arrivent sur le marché", reconnait-il.

 

Des ventes digitales qui progressent

 

Cinq pays en Europe testent la vente 100% en ligne : l’Allemagne, la Norvège, la Suède, la Grande Bretagne et les Pays-Bas. 17 788 ventes ont été enregistrées (soit 11% du total réalisé sur ces pays), qui selon le constructeur, ne cannibalisent pas celles signées dans le réseau. "Nous apprenons sur cette stratégie de ventes en ligne. Et nos premières constatations nous montrent que 70 % de ces ventes se font sur des modèles déjà en stock, 22% concernent des véhicules électriques et surtout 90 % sont de la conquête pure", explique Yves Pasquier-Desvignes. "Il y a donc une demande pour des outils appartenant à la marque. D’ici 2025, nous pensons atteindre 50% de nos ventes, sachant que cette part se fera sur des volumes également en croissance."

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