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Constructeurs

Vers une nouvelle Alliance Renault-Nissan

Publié le 10 octobre 2022

Par Christophe Jaussaud
3 min de lecture
Les deux constructeurs, partenaires depuis 1999, seraient en passe de redéfinir leur alliance. Renault baisserait sa part dans le capital de Nissan et ce dernier deviendrait un actionnaire important de la future entité regroupant les activités électriques du français, baptisée Ampère.
Jean-Dominique Senard, président de Renault, en janvier 2022, à l'occasion de la présentation du plan stratégique de l'Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi.

Présent au Grand Prix du Japon de Formule 1, Luca de Meo, directeur général de Renault, a sans doute prolongé son séjour dans l'archipel pour discuter de l'avenir de l'Alliance.

 

Plusieurs médias ont rapporté ce week-end que Renault pourrait réduire sa part au capital de Nissan à 15 % contre 43 % actuellement. En contrepartie, le constructeur japonais, qui lui-même détient actuellement 15 % de Renault, investirait dans "Ampère", la future entité électrique de son partenaire français.

 

Renault et Nissan ont confirmé, lundi 10 octobre 2022, dans un communiqué commun des "discussions" sur "plusieurs initiatives" pour "renforcer la coopération", évoquant la possibilité d'un "accord autour de plusieurs initiatives stratégiques communes".

 

Selon le communiqué, Nissan "envisage d'investir dans la nouvelle entité de Renault" dédiée à la mobilité électrique et les deux entreprises "continuent d'avancer sur des améliorations structurelles" de l'Alliance en matière "d'opérations et de gouvernance".

 

A lire aussi : Le projet de scission des activités de Renault est en bonne voie

 

"Nissan investira dans Ampère, c'est sûr" et en deviendra le "deuxième plus gros actionnaire" après Renault, a confirmé à l'AFP une source proche du dossier au Japon. Mais il est encore trop tôt pour quantifier cet investissement, tout comme l'ampleur de la baisse de la participation de Renault dans Nissan, a précisé cette même source.

 

Ce désengagement partiel de Renault dans Nissan devrait avoir une "exécution différée" et être réalisé par étapes pour éviter au constructeur tricolore des dépréciations massives. Car actuellement la valeur des actions Nissan est "bien en deçà de leur valeur inscrite dans les comptes de Renault".

 

Par ailleurs, Nissan "n'investira pas" dans "Horse", le pôle thermique de Renault qui n'en garderait que 35 % et céderait le reste au constructeur chinois Geely et au groupe pétrolier saoudien Aramco, toujours selon la même source.

 

Mais "Horse" fait l'objet de discussions "très techniques" entre Renault et Nissan, car beaucoup d'innovations dans ce périmètre ont été développées conjointement par les deux groupes et le constructeur nippon souhaite "prendre le juste retour de sa propriété intellectuelle".

 

Reformer la gouvernance de l'Alliance

 

Le rééquilibrage de l'Alliance implique aussi nécessairement une réforme de sa gouvernance, et la place conférée à son troisième membre, Mitsubishi Motors, reste également à clarifier. De nouveaux projets de l'Alliance devraient également se greffer, portant sur des zones géographiques et des segments de marché spécifiques, selon la source interrogée par l'AFP.

 

Tous ces sujets sont étroitement liés et doivent donc être menés de front. Les négociations entre Renault et Nissan, qui durent depuis des mois, "accélèrent depuis fin août" et devraient encore s'intensifier d'ici novembre.

 

Luca de Meo doit présenter le 8 novembre 2022, à Paris (75), une "mise à jour" sur sa stratégie, notamment sur la scission des activités thermiques et électriques. Mais les conséquences concrètes sur l'Alliance devraient être annoncées ultérieurement par les trois constructeurs, pas avant la "mi-novembre", selon la même source.

 

Rappelons que l'Alliance avait annoncé, début 2022, un investissement commun de 23 milliards d'euros dans l'électrification, pour arriver à lancer 35 nouveaux modèles électriques d'ici à 2030. (avec AFP)

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