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Constructeurs

Un front de huit pays contre les normes Euro 7

Publié le 23 mai 2023

Par Christophe Jaussaud
3 min de lecture
Huit pays européens, dont la France, ont fait savoir qu'ils étaient opposés aux futures normes Euro 7. Dans cette période où l'électrification de l’industrie automobile demande des investissements massifs, ils demandent notamment que la raison et le pragmatisme reviennent à la table des négociations.
Huit pays européens demandent à la Commission de revoir ses positions sur les futures normes Euro 7. ©Lukasz Kobus/Union Européenne

Alors que la fin annoncée des ventes de véhicules à moteur thermiques est programmée pour 2035, le durcissement des normes d'émissions pour ces moteurs appelés à disparaître passe mal. Huit pays européens se sont exprimés contre ce projet.

 

"Nous nous opposons à toute nouvelle règle sur les gaz d'échappement (y compris de nouvelles obligations sur les conditions de tests ou de nouvelles limites d'émissions) pour les voitures et les utilitaires légers", ont écrit dans un document de travail les Etats opposés à ce texte, dont la France et l'Italie.

 

A lire aussi : Normes Euro 7 : un report de quatre ans ?

 

"Ces nouvelles règles freineraient les investissements nécessaires de l'industrie dans la transition vers le zéro émission", estiment ces pays qui incluent aussi la Bulgarie, la Hongrie, la Pologne, la République tchèque, la Roumanie et la Slovaquie. Ils jugent aussi l'échéance de 2025 trop rapprochée et demandent un délai de 3 ans à compter du moment où les normes seront réellement connues.

 

L'Allemagne, de loin la première puissance automobile européenne, n'a pas signé le texte, mais elle s'est inquiétée à plusieurs reprises de l'impact du durcissement des normes pour ses entreprises. Le gouvernement de coalition peine à trouver une ligne commune entre sociaux-démocrates, libéraux et Verts.

 

Selon les calculs de l'exécutif européen, la norme Euro 7 permettrait notamment de réduire de 35 % les émissions d'oxydes d'azote (NOx) des voitures particulières et utilitaires légers et de 56 % celles des bus et camions d'ici à 2035, par rapport à la norme précédente Euro 6.

 

13 millions d'emplois en Europe

 

"De nombreux pays se sont joints à l'Italie pour demander à la Commission d'être raisonnable et pragmatique" sur la future norme Euro 7, s'est félicité lundi le ministre italien des entreprises Adolfo Urso, cité par des médias italiens.

 

Le durcissement proposé par la Commission était pourtant jugé insuffisant par les défenseurs de l'environnement qui accusaient déjà Bruxelles de céder au lobby automobile.

 

La Commission a notamment proposé de modifier les conditions de tests d'émissions de gaz polluant des véhicules pour les rendre plus conformes aux conditions réelles de conduite, mais sans modifier les seuils imposés aux voitures essence et en abaissant seulement légèrement ceux des véhicules diesel.

 

Ces seuils seraient toutefois significativement réduits pour les poids lourds, un autre point contesté lundi par les huit pays signataires qui jugent ces objectifs "trop ambitieux".

 

Les Etats membres de l'UE, très divisés sur le sujet, doivent tenter de trouver une position commune, avant des négociations qui s'annoncent très compliquées avec le Parlement européen. Rappelons que l'industrie automobile emploie 13 millions de personnes en Europe. (avec AFP)

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