Stellantis taille dans la R&D d’Opel : 650 postes supprimés en Allemagne

Stellantis poursuit la réorganisation de son dispositif d’ingénierie en Europe. Le groupe automobile a annoncé la suppression de 650 postes d’ingénieurs sur le site de recherche et développement d’Opel à Rüsselsheim, en Allemagne, soit près de 40 % des effectifs actuels.
Sur les 1 650 ingénieurs aujourd’hui employés dans ce centre historique de la marque Opel, environ 1000 devraient être maintenus, a précisé la direction. Cette restructuration vise à transformer le site en un centre technologique plus spécialisé, intégré à l’organisation mondiale Product Development & Technology (PDT) du groupe. En 2017, lors du rachat d'Opel par le groupe PSA, 7 700 ingénieurs étaient employés dans le centre de R&D.
Le site de Rüsselsheim restera dédié au développement des véhicules des marques Opel et Vauxhall, tout en se concentrant sur plusieurs domaines transversaux jugés stratégiques. Parmi eux figurent les systèmes d’aide à la conduite (ADAS), l’intelligence artificielle, le développement virtuel, les technologies d’éclairage, les batteries ou encore certains modules logiciels liés à l’architecture STLA Brain, selon les informations communiquées par le constructeur.
Un redéploiement global des moyens d’ingénierie
Stellantis présente cette décision comme un ajustement de ses ressources à l’échelle mondiale. Le constructeur explique répartir ses effectifs en fonction des missions attribuées à chacun de ses centres de R&D, dans un objectif de compétitivité accrue.
"Chaque centre technologique se voit attribuer un périmètre de projets de responsabilités clairement défini. sur la base de périmètre, nous déterminerons la charge de travail correspondante et les effectifs nécessaires, en termes de taille et de compétence", indique Stellantis dans un communiqué.
Dans le même temps, le groupe a renforcé ses équipes ailleurs. Le 15 octobre 2025, Antonio Filosa, nouveau dirigeant du groupe automobile a annoncé un investissement de 13 milliards de dollars aux États-Unis pour y intensifier ses activités et le recrutement de près de 5 000 salariés dans les usines de l’Illinois, de l’Ohio, du Michigan et de l’Indiana.
La France a également été épargnée. Le 4 novembre 2025, le directeur général de Stellantis a promis près de 1 400 embauches dans l'Hexagone (à masse salariale constante), dont 350 postes dédiés aux métiers de l'ingénierie et de la R&D.
Une dynamique qui souligne un rééquilibrage géographique de ses activités d’ingénierie, au détriment du centre historique d’Opel en Allemagne.
Leapmotor, accélérateur de transformation
Cette réorganisation intervient alors que Stellantis accélère également ses coopérations technologiques, notamment avec le constructeur chinois Leapmotor, dont il est partenaire depuis 2023.
Selon des informations de Reuters, le groupe étudie le développement d’un SUV électrique Opel reposant en grande partie sur une base technique fournie par Leapmotor. Le modèle, qui pourrait être produit en Espagne à partir de 2028 et viserait un volume d’environ 50 000 unités par an. Opel conserverait la responsabilité du design, tandis qu’une partie significative du développement serait réalisée en Chine.
Au-delà du cas d’Opel, des discussions seraient également en cours pour étendre ce type de coopération à d’autres marques du groupe, comme Peugeot, Fiat ou Alfa Romeo.
Pour Opel, cette nouvelle réduction d’effectifs constitue un coup dur supplémentaire. Elle confirme le recul progressif du rôle du site de Rüsselsheim dans le dispositif industriel et technologique du groupe, malgré son maintien comme centre de compétences sur certains domaines clés.
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