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Constructeurs

Polémique autour de la rémunération de Carlos Tavares

Publié le 13 avril 2022

Par Catherine Leroy
3 min de lecture
L’assemblée générale des actionnaires du groupe Stellantis a voté contre la rémunération des dirigeants dont celle de Carlos Tavares et de John Elkann. Mais le vote est juste consultatif, selon le droit néerlandais, pays d’adoption du groupe automobile.
Carlos Tavares, directeur général de Stellantis se voit attribuer une rémunération de 19 millions d'euros au titre de 2021.
Carlos Tavares, directeur général de Stellantis se voit attribuer une rémunération de 19 millions d'euros au titre de 2021.

(Mis à jour le 13/04/2022 à 20h00)

 

La saison des assemblées générales d'actionnaires est ouverte. Et celle du groupe Stellantis ne s'est sans doute pas déroulée selon les prévisions de  John Elkann le président et de Carlos Tavares, directeur général. Les actionnaires ont finalement voté contre la rémunération des dirigeants. Mais Stellantis étant une société de droit néerlandais, ce vote n'est que consultatif. Le groupe a indiqué dans un communiqué que la "direction prenait note de ce vote négatif et expliquera dans le rapport sur la rémunération 2022 comment il a été pris en compte". Rendez-vous donc l'année prochaine !

 

Mercredi 13 avril 2022 au matin, jour de l'assemblée générale, la polémique s'est portée sur la rémunération de son dirigeant opérationnel, Carlos Tavares. Ce dernier doit se voir attribuer, au titre de l'exercice passé, une somme de 19 millions d'euros environ, dont deux millions de salaire fixe et 1,7 million de prime exceptionnelle liée à la fusion, le solde étant constitué surtout d'éléments de rémunération variable liés à la performance.

 

Mais selon Reuters, la société de gestion Phitrust, actionnaire minoritaire du constructeur, a toutefois aussi fait état d'une attribution d'actions gratuites pour un montant estimé à 32 millions d'euros et d'une rémunération de long terme pour un montant évalué à 25 millions d'euros, soit selon elle une enveloppe totale potentielle de 66 millions d'euros. "Cette rémunération qui est la plus élevée des grandes entreprises en France (et probablement des groupes cotés de l'Union Européenne) est-elle justifiée pour une personne qui n'est pas le créateur de l'entreprise, mais en est seulement son gérant ?", s'est interrogée Phitrust.

 

Dans le contexte politique de l'entre-deux tours de l'élection présidentielle en France, le sujet a fait réagir. Pour Jean-Pierre Mercier, délégué syndical CGT de Stellantis, cette rémunération est jugée "indécente et révoltante". Interrogée dans le cadre de sa campagne électorale, Marine Le Pen a qualifié de "choquante" cette rémunération mais "pour une fois, celle-ci est associée à de bons résultats." Enfin, Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement, a noté que Stellantis était "une entreprise privée et c'est à la fin les actionnaires qui décident et qui votent."

 

La rémunération la plus élevée du secteur automobile

 

Dans le secteur automobile, cette rémunération de 19 millions d'euros (sans compter l'attribution des actions qui  sera effective en 2026) est l'une des plus élevées. Chez Renault, Luca de Meo affiche un salaire de 3,2 millions d'euros. Du côté des constructeurs allemands, et notamment chez Volkswagen, Herbert Diess a perçu 10,3 millions d'euros au titre de 2021, tandis qu'Oliver Zipse, chez BMW, a obtenu 7 millions et Ola Kallenius, chez Mercedes, 6,1 millions. Quant à Akio Toyoda, le patron de Toyota, qui a gagné 442 millions de yens (3,2 millions d'euros) sur l'exercice 2020-2021.

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