S'abonner
Constructeurs

Le groupe Volkswagen résiste au déclin du marché automobile français

Publié le 5 février 2026

Par La Rédaction
12 min de lecture
Dans un marché français en recul de 5 %, le groupe Volkswagen est parvenu à tirer son épingle du jeu en 2025, en signant une part de marché VP record de 15,3 %. Hormis Seat (-29,1 %) et Volkswagen (-7 %), toutes les marques ont vu leurs volumes de ventes progresser, avec notamment Cupra (+29,3 %) et Skoda (+13,8 %) en tête d’affiche.
Volkswagen Group France
Volkswagen Group France (VGF) tient bon malgré la chute du marché automobile français (-5 %). ©AdobeStock

Volkswagen Group France (VGF) tient bon malgré la chute du marché automobile français (-5 %). Si le groupe allemand a vu ses immatriculations de VP baisser de 1,1 % en 2025, à 248 931 unités (contre 251 690 unités un an plus tôt), il est tout de même parvenu à afficher une part de marché record de 15,3 % (+0,5 point).

 

Il s’agit là de la meilleure performance de VGF depuis sa présence sur le marché français. Toutes marques confondues, donc en prenant en compte les ventes de Volkswagen Véhicules Utilitaires, le groupe est resté relativement stable (-0,3 %) en 2025, avec un total de 267 467 livraisons (contre 268 402 en 2024).

 

Baisse des volumes pour la marque Volkswagen

 

En 2025, VGF ne doit sûrement pas sa performance à sa marque reine : Volkswagen. Si cette dernière performe sur le Vieux Continent (1,45 million d’unités vendues ; +6 %) et garde son statut de première marque européenne grâce à une part de marché de 11 %, il en est tout autre dans l’Hexagone. Volkswagen a en effet vu ses volumes de ventes chuter de 7 % en 2025, pour atteindre 110 960 mises à la route et une part de marché de 6,8 % (-0,1 point).

 

"Nous avons vécu une année en deux temps avec un deuxième semestre très réussi puisque nous avons été au-dessus des 7 % de part de marché", assure Sylvain Charbonnier, directeur de Volkswagen France. Sur le dernier trimestre de 2025, la marque a en effet affiché une part de marché de 7,2 %, avec une pointe à 7,8 %. "Ce qui n’est jamais arrivé dans l’histoire de la marque", affirme le patron de la marque.

 

 

Pour ce qui est de l’électrique, la marque a vu ses ventes de modèles à batterie progresser de 27 % en 2025, avec notamment une forte accélération pour l’ID.3 et l’ID.4 sur le dernier trimestre. "Volkswagen a réalisé une très belle performance sur la deuxième édition du leasing social, avec 7 % de part de marché. Mais cette croissance sur l’électrique ne s’explique pas que par le leasing social", soutient Sylvain Charbonnier. "L'ID.3 et l'ID.4 sont avant tout très bien positionnés en loyer", ajoute-t-il.

 

Volkswagen ID. Polo camouflée. ©Volkswagen

 

En 2026, Volkswagen mise donc sur son plan produit pour renouer avec les volumes. La marque pourra dans un premier temps s’appuyer sur la première année complète de commercialisation de son nouveau T-Roc qui, selon le dirigeant de Volkswagen France, a permis de contribuer à la performance de la marque allemande en 2025, avec "un très bon démarrage".

 

Au cumul, Volkswagen a déjà atteint les 5 000 commandes, dont 1 800 rien que sur le mois de janvier 2026. D’autant que de nouvelles motorisations full hybrid viendront compléter la gamme du modèle au cours de l’année. "Le full hybrid représente plus de 20 % des ventes en France et c'est une motorisation que nous ne proposions pas jusqu’à cette année", indique Sylvain Charbonnier.

 

 

L’ID. Polo fera également partie des nouveautés de Volkswagen en 2026. Reposant sur la nouvelle plateforme MEB+ du groupe, la future citadine 100 % électrique sera officiellement présentée le 29 avril prochain, tandis que ses premières livraisons interviendront au mois de septembre 2026. "C'est le retour aux sources, et de ce qui a fait le succès de la marque, en termes de design, en termes de robustesse. Nous attendons avec impatience ce véhicule, pour continuer à accélérer sur l'électrique", soutient le directeur de Volkswagen France. Dévoilée à l’été 2026, l’ID. Cross, un SUV compact 100 % électrique, sera quant à lui commercialisé d’ici à la fin de l’année.

 

ID. Cross Concept. ©Volkswagen

 

En 2026, Volkswagen aspire donc à atteindre les 7 % de part de marché. "Certains diront que nous aurions pu nous donner un objectif plus ambitieux avec tous ces nouveaux lancements. Mais notre priorité est de réaliser un 7 % de part de marché solide, afin de rééquilibrer nos canaux, de renforcer notre croissance sur le marché des particuliers et de poursuivre notre belle performance sur les flottes", commente le patron de la marque.

 

La machine Skoda est lancée

 

Mission accomplie pour Skoda qui a atteint tous les objectifs qu’elle s’était fixés en 2025. La marque tchèque prévoyait d’atteindre les 50 000 livraisons. Elle a dépassé ce cap de 660 unités. La marque voulait atteindre les 3 % de part de marché. Elle a affiché une part de 3,1 % en 2025. La marque ambitionnait d’être dans le top 10 en France. Elle devient le huitième constructeur de l’Hexagone.

 

"Nous sommes contents de cette performance mais nous préférons rester mesurés. Ces résultats ne sont que le reflet de ce qui se passe pour la marque en Europe et dans le monde", souligne Julien Bessière, directeur général de Skoda France. En 2025, la marque a en effet refranchi le cap du million de véhicules vendus et produits dans le monde. Une performance que Skoda n’avait pas retrouvée depuis son départ du marché russe où la marque avait perdu 100 000 véhicules, mais qu’elle a finalement retrouvée en Asie, et notamment en Inde. En Europe, elle a également atteint la troisième place des constructeurs, avec 6,3 % de part de marché.

 

 

En France comme dans le monde, Skoda a donc doublé ses immatriculations de véhicules, notamment grâce au lancement de l’Elroq en 2025. Mais globalement, ce sont l’ensemble de ses modèles qui ont vu leurs volumes de ventes augmenter. "Pour un constructeur européen plus que centenaire, c’est plutôt rassurant de savoir qu’il est encore possible d’afficher des croissances de plus de 10 % en France et en Europe, tout en restant fidèle à ses valeurs, à son ADN et à sa stratégie de value for money", souligne le directeur général de Skoda France. La marque tchèque est également parvenue à atteindre un mix de 24 % de voitures 100 % électriques, pile dans ses objectifs.

 

Mais Skoda ne compte pas pour autant s’arrêter en si bonne voie. Le constructeur du groupe Volkswagen ajoutera en effet deux nouveaux modèles à sa gamme de véhicules 100 % électrique. Le premier, baptisé Epiq, dont la présentation officielle est prévue le 19 mai prochain, reposera également sur la plateforme MEB+ du groupe. Skoda annonce une autonomie électrique supérieure à 430 km et un prix inférieur à 25 000 euros bonus déduits, pour une commercialisation attendue au troisième trimestre 2026. Enfin, l’autre nouveauté prendra le nom de Peaq. Il sera le premier SUV 100 % électrique à sept places pour le constructeur et revendiquera une autonomie de plus de 600 km en cycle mixte WLTP.

 

Concept Skoda Epiq. ©Skoda

 

Performante sur les canaux BtoB, avec 43 % des ventes réalisées en entreprises l’an dernier, Skoda espère qu’un tiers de ses ventes françaises sera réalisé à particulier en 2026, notamment grâce à ses loyers attractifs. "Si nous regardons la Skoda Fabia, nous proposons aujourd’hui les mêmes loyers, voire même dix euros moins chers que ceux que nous proposions il y a quatre ans. Pourtant, le prix de la voiture a augmenté", soulève Julien Bessiere. Skoda s’est d’ailleurs donné l’objectif d’atteindre 3,2 % de part de marché en France en 2026.

 

Cupra à la rescousse de Seat

 

Voici deux marques qui connaissent des trajectoires bien différentes. D’un côté, Seat, un constructeur qui vient de fêter ses 75 ans, a affiché des volumes en recul de 29,1 % en 2025, à seulement 15 860 unités. De l’autre, Cupra, devenue marque à part entière en 2018, a vu ses ventes augmenter de 29,3 % en l’espace d’un an, à 22 695 unités. Pour la première, Cupra a vendu plus de voitures que Seat sur le marché français.

 

Cupra Raval camouflée. ©Cupra

 

"Pour Seat, nous nous étions fixé l’objectif de conserver une part de marché de 1 % en France en 2025. La mission est accomplie et nous espérons faire de même en 2026. En revanche, pour ce qui est de Cupra, la marque enregistre chaque année une progression fulgurante. Nous sommes ainsi passés d’une part de marché de 1 % à 1,4 % en à peine un an !", glisse Pedro Fondevilla, directeur général de Seat et Cupra pour la France.

 

 

En 2026, Seat ne pourra que s’appuyer sur un énième restylage des Ibiza et Arona en termes de nouveautés produits. En revanche, l’actualité sera plus riche du côté de chez Cupra. La marque espagnole présentera d’abord en avril sa future citadine 100 % électrique : la Raval. Cousine technique de la Volkswagen ID. Polo, elle devrait, selon le patron de la marque, représenter à terme 50 % des ventes de Cupra. Viendra ensuite plus tard dans l’année le restylage de la Born, ainsi qu’une mise à jour apportée sur son Tavascan.

 

"Audi is back"

 

En 2025, Audi a atteint les 48 756 immatriculations sur le marché français, un chiffre en hausse de 1,8 % par rapport à 2024. Le constructeur premium allemand arrive ainsi à la deuxième place des marques premium, derrière BMW mais devant Mercedes-Benz. Sur le marché premium, Audi a pris trois points par rapport à 2024 et réalise désormais 24 % des ventes. Sur le marché global, la part de marché de la marque est de 3 % (en hausse de 0,2 point).

 

"Avec l'équipe et tout le réseau d'Audi France, nous nous sommes vraiment battus pour pouvoir afficher une telle performance en 2025", déclare Robert Breschkow, directeur d’Audi France. Car ces dernières années, Audi manquait cruellement de produits. Mais la marque a procédé en 2025 à un gros renouvellement de sa gamme de véhicules.

 

 

Audi a en effet boosté son offre de véhicules hybrides rechargeables, avec l’arrivée de l’A3 PHEV et des nouveaux Q5, A5 et Q3 en 2025. La marque premium a également augmenté son nombre de modèles 100 % électriques avec le lancement du Q6 e-tron et de l’A6 e-tron. "Nous sommes satisfaits car nous avons pu réaliser une belle croissance dans un marché vraiment compliqué. En particulier dans le marché du premium qui enregistre une baisse de 11 %", précise le directeur général d’Audi France.

 

En 2025, 29 % des immatriculations concernaient des modèles 100 % électriques. Un chiffre qui dépasse même les 33 % dans les commandes. "Tous les canaux ont vraiment progressé et la gamme a vraiment bien fonctionné. Notre best-seller en 2025 est l’A3 puisque le nouveau Q3 n’a pas encore pu bénéficier d’une année complète de commercialisation. Ce modèle devrait donc logiquement reprendre sa première place, comme c’est le cas depuis 2019", souligne Robert Breschkow.

 

Audi France estime que ce nouveau Q3 devrait renouer avec plus de 10 000 immatriculations par an. ©Audi/TheGoodClick

 

Pour sa feuille de route 2025, Audi s’était donné pour leitmotiv : "Audi is back". En 2026, le maître mot de la marque premium allemande sera la sportivité. Elle souhaite en effet capitaliser sur son arrivée en Formule 1 pour relancer sa gamme Audi Sport, et en vendre donc 1 000 unités. Avec le lancement de l’A6 thermique, il se pourrait bien qu’Audi relance sa fameuse RS6 dans une version électrifiée. Sinon, la marque prévoit de commercialiser cette année une compacte 100 % électrique de plus de 600 km d’autonomie.

 

Part de marché historique pour Volkswagen Véhicules Utilitaires

 

De son côté, Volkswagen Véhicules Utilitaires signe une année 2025 historique. Dans un marché VU en déclin de 5,6 %, la marque a réussi à augmenter ses volumes de ventes pour la troisième année consécutive, enregistrant 18 536 mises à la route (+ 11,8 %). Sa part de marché est de 5,6 % en 2025 (+0,9 point), un record pour la marque en France.

 

Lancé en 2025, les livraisons du nouveau Transporter ont fortement contribué à la réussite de Volkswagen Véhicules Utilitaires l’an dernier, avec 7 290 unités écoulées (+20 %). Mais c’est chez le Caddy que l’on retrouve la meilleure progression (+48 %), our un total de 3 413 exemplaires écoulés. Le Crafter affiche quant à lui un total de 5 527 immatriculations (+ 10%), tandis que les livraisons de l’ID. Buzz ont augmenté de 12 % (2 116 unités).

 

En 2026, Volkswagen Véhicules Utilitaires espère dépasser les 20 000 exemplaires écoulés sur le marché français (+ 8%) et atteindre une part de marché de 5,6 %. Dans le détail, la gamme Transporter devrait se vendre à 8 600 unités (+18 %), le Crafter à 5 300 unités (-4 %), le Cady à 3 500 unités (+2,5 %), l’ID. Buzz à 2 600 unités (+ 23 %).

 

 

(Robin Schmidt et Jean-Baptiste Kapela)

Vous devez activer le javacript et la gestion des cookies pour bénéficier de toutes les fonctionnalités.
Partager :

Sur le même sujet

Laisser un commentaire

cross-circle