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Constructeurs

Le gouvernement prévoit 1,3 milliard d'euros pour verdir le parc automobile en 2023

Publié le 7 octobre 2022

Par Catherine Leroy
5 min de lecture
Promesse de campagne d'Emmanuel Macron, l'offre de leasing social du gouvernement pourrait débuter au second semestre 2023. Pendant ce temps, le bonus baisserait bien au 1er janvier 2023 et pourrait être réservé aux véhicules produits en Europe.
Le gouvernement prévoit une enveloppe d'1,3 milliard d'euros en 2023 pour verdir le parc automobile.

Dans un budget prévu à "l'euro près" selon l'expression de Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, le gouvernement envisage une enveloppe d'1,3 milliard d'euros pour verdir le parc automobile français. Ce qui constitue une hausse de 30 %, selon le ministère de Transport par rapport à 2022.

 

De fait, le bonus écologique pour l'achat d'une voiture électrique devrait présenter une ardoise proche du milliard d'euros pour cette année 2022 contre près de 900 millions en 2021. Il est vrai que les ventes de voitures électriques ont bondi cette année, malgré les problèmes de livraison issus des pénuries de semi-conducteurs. Près de 141 000 modèles 100% électriques ont été immatriculés au cours des neufs mois de 2022, auxquels doivent être ajoutés 88 554 modèles hybrides rechargeables.

 

Ainsi, 846 millions d'euros ont déjà été déboursés par l’État pour les voitures électriques mais un peu moins de 63 millions d'euros pour les PHEV puisque l'aide de 1 000 euros accordée s'est arrêtée au 1er juillet 2022, date à laquelle le gouvernement a décidé de prolonger le montant du bonus, en excluant cette motorisation.

 

Mais au 1er janvier 2023, cette fois, Bercy semble bien décidé à suivre son plan triennal, à savoir une baisse du bonus à l'achat de voitures électriques qui se contractera à 5 000 euros. Une logique implacable d'un point de vue budgétaire mais qui risque de freiner des consommateurs qui avancent en grande majorité le prix des voitures électriques comme principal obstacle à l'achat.

 

Ainsi selon l'étude Sustainable Sector Index réalisée par Kantar, 54 % des personnes interrogées qui souhaitent changer de voiture passer à l'électrique ou hybride, ne le font pas à cause du prix à l'achat.

 

Un leasing social en expérimentation en 2023

 

Cette accessibilité du prix de la voiture électrique sera sans doute l'un des plus gros obstacles de l'électrification jusqu'en 2024, date à laquelle un volume important de véhicules électriques d'occasion arriveront sur le marché de la seconde main.

 

Mais pour mettre en route la machine, le gouvernement travaille depuis six mois déjà à la mise en place du leasing social, promesse de campagne d'Emmanuel Macron. Visiblement très complexe à mettre en œuvre, cette nouvelle aide montre les limites du système.

 

"L'objectif", expliquait récemment Damien Adam, député Renaissance de la Seine Maritime, lors d'une conférence à la PFA "est de permettre un accès pour 100 euros par mois, sans apport et donc sur une période très longue. Mais nous devrions expérimenter  le système à partir du second semestre 2023, date à laquelle l'offre en véhicule électrique made in Europe soit un peu plus fournie".

 

Une expérimentation très prudente puisqu'elle ne concernerait que les ménages modestes et sans doute uniquement dans quelques zones rurales avant d'être généralisée sur le territoire plutôt en 2024. En fait, le gouvernement semble presque attendre la future Renault 4 électrique, qui sera produite dans l'usine de Maubeuge et dont le prix pourrait tourner autour de 24 000 - 25 000 euros.

 

En année pleine, l'objectif serait de subventionner l'achat de 100 000 voitures. Mais pour l'année prochaine, le budget alloué n'atteindrait que 30 millions d'euros, soit 10 000 voitures. La mesure doit être présentée par le Président de la République, lors du prochain Mondial de l'Automobile qui se déroule du 17 au 23 octobre 2022 au parc des Expositions de la porte de Versailles, à Paris.

 

"Nous devons tenter de nouvelles manières de rendre accessible le véhicule électrique", poursuit Damien Adam. "Mais la question est de savoir jusque quand l’État peut-il accompagner cet achat. D'ici la fin de la décennie, les aides ont vocation à s'éteindre."

 

Un bonus sous condition

 

Suivant la logique appliquée aux Etats-Unis, le gouvernement pourrait également ajouter une dose de protectionnisme européen. "Ne devons-nous pas réserver notre bonus écologique aux voitures construites en France ou en Europe, ou au moins s’assurer qu’ils sont conformes aux nouveaux standards environnementaux ? ", a déclaré Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, lors de la présentation du projet de loi de finances 2023.

 

Aujourd'hui, le bonus écologique est accordé pour tous les modèles électriques, quels que soient leurs lieux de production. Mais l'objectif n'est pas d'interdire son accès aux modèles européens fabriqués en Asie et importés en France, ce qui, de fait, reviendrait à éliminer la Dacia Spring, le seul modèle proposé à moins de 20 000 euros aujourd'hui. Le gouvernement souhaiterait introduire une mesure un peu plus fine mais qui récompenserait la localisation de certaines productions.

 

"Renault est avancé pour relocaliser sa chaîne de valeur en France mais ce n'est pas encore le cas pour Peugeot. Pour autant il n'est pas question de soutenir l'arrivée des constructeurs chinois sur le marché français", fait remarquer Damien Adam.

 

En attendant, ce budget d'1,3 milliard doit bien s'entendre comme un package complet pour soutenir le VE, comprenant le bonus, la prime à la conversion qui devrait rester identique et le leasing social.

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