Julien Bessière : "Skoda est une des marques les plus vertueuses du marché"

Le Journal de l'Automobile : Malgré un marché VP compliqué en 2025 (-5 %) Skoda France a affiché une croissance de 13,8 %. Comment expliquez-vous cette performance ?
J.B. : C'est une année historique pour Skoda en France. Nous avons totalisé 50 660 immatriculations et affichons une part de marché de 3,1 %. Dans les deux cas, il s'agit d'un record. Nous sommes heureux de ces résultats qui sont aussi l'aboutissement d'un travail de fond. Nous sommes présents sur quasiment tous les segments mais aussi sur toutes les énergies, du thermique, à l'essence et au diesel en passant par le microhybride, l'hybride rechargeable et l'électrique. Je tiens d'ailleurs à pointer l'immense succès de notre gamme 100 % électrique. De plus, dans notre réussite, il faut également mettre en avant le rôle de notre réseau extrêmement performant.
J.A. : Vous venez d'évoquer l'électrique, ces modèles représentent 24,4 % de vos ventes. Êtes-vous surpris par ce chiffre ou êtes-vous en ligne avec vos objectifs ?
J.B. : Nous sommes parfaitement en ligne avec notre objectif. En janvier 2025, j'avais annoncé viser une part de 24 % pour les modèles 100 % électriques. L'Enyaq poursuit une belle carrière et l'Elroq, qui compte seulement neuf mois de commercialisation car il est arrivé en mars, a totalisé près de 8 000 immatriculations. En fin d'année, l'Elroq et la Fabia, qui demeure notre best-seller en 2025 avec près de 11 500 unités, affichaient des niveaux de commandes mensuels très proches. En 2026, cette dynamique électrique va se poursuivre avec l'arrivée de l'Epiq et du Peaq.
J.A. : De quoi nourrir vos ambitions électriques et peut-être faire mieux que les 24 % de 2025 ?
J.B. : Nous allons ouvrir les commandes de l'Epiq à la fin du printemps et on pourra notamment le découvrir sur les routes du Tour de France. Les premières livraisons en concession sont attendues pour la fin du troisième trimestre. Le Peaq arrivera ensuite, un mois plus tard environ. Donc naturellement nous voulons faire mieux. L'électrique est un vrai disrupteur et Skoda s'est rapidement installée parmi les grandes marques de ce marché, comme en témoigne la deuxième place de l'Elroq sur le marché européen. En France, nous avons souvent été aux portes du top 5 avec ce modèle.

Le Skoda Epiq, un B-SUV électrique, sera en concession à la fin du troisième trimestre 2026. ©Skoda
J.A. : Au sujet des énergies, on note dans vos ventes que le thermique représente encore 45,8 %. N'y voyez-vous pas un risque avec le durcissement régulier du malus ?
J.B. : Effectivement, les mécaniques essence représentent encore une partie importante de nos ventes mais elles sont très efficientes, avec des niveaux de CO2 vraiment contenus. Le modèle que nous lançons aujourd'hui, la Fabia 130, l'illustre. Nous proposons une voiture de caractère, avec 177 ch, avec un niveau d'émissions de 127 g/km de CO2, ce qui limite le malus à environ 700 euros. Plus largement, sur la gamme Fabia, nous débutons à 117 g/km. Cela étant, nous allons poursuivre l'électrification de notre gamme avec l'arrivée de MHEV sur d'autres segments mais aussi une mécanique full hybride (HEV) qui arrivera dans l'année sur l'Octavia.
J.A. : Vous progressez sur tous les canaux y compris la LCD, avec +54,5 % ! Que faut-il voir dans cette augmentation ?
J.B. : Oui, nous avons progressé sur la LCD mais cela reste extrêmement raisonnable avec seulement 4 127 immatriculations, soit 2,2 % sur ce canal. C'est bien mieux que notre part de marché globale. Nous avons répondu à une demande des loueurs et cela nous permet aussi, car nous sommes en buy back complet, de proposer ensuite des VO récents très demandés par notre réseau. Plus largement, nous affirmons notre volonté de continuer à travailler sur les canaux sains qui représentent 80 % de nos ventes. Je pense que Skoda est une des marques les plus vertueuses du marché. Nous progressons de 16,6 % sur les particuliers, de près de 10 % dans le BtoB, alors même que ces deux canaux se contractent. Il y a encore du potentiel pour croître car, si la marque affiche au global 3,1 % de part de marché, sur le seul canal des particuliers nous sommes seulement à 2,5 %. Nous allons continuer nos efforts pour séduire toujours plus.
Il est en train de se passer quelque chose autour de cette marque et cela me fait dire que Skoda n'a pas encore atteint son potentiel dans l'Hexagone.
J.A. : Après une année 2025 auréolée de records, comment imaginez-vous l'année 2026 ? Quels sont vos objectifs ?
J.B. : Cette année encore, je pense que nous allons évoluer dans un marché contraint, avec un volume assez bas. Après 1,632 million l'an dernier, nous espérons un très léger rebond, entre 1,650 et 1,7 million. Je préfèrerais, comme tout le monde, retrouver un marché à 2 millions, mais cela n'en prend pas la direction. Cela étant, nous avons prouvé que dans des conditions de marché difficiles nous avons été performants. Si vous regardez dans le rétroviseur, il y a seulement deux ans, Skoda affichait 38 257 immatriculations en France. En deux ans, nous avons gagné plus de 12 000 voitures et près de 1 % de part de marché. J'interprète ces résultats comme la preuve d'un réel changement de braquet de Skoda en France. Il y a une réelle appétence des particuliers et des entreprises à venir vers nous. L'image de Skoda a profondément évolué. Il est en train de se passer quelque chose autour de cette marque et cela me fait dire que Skoda n'a pas encore atteint son potentiel dans l'Hexagone.
J.A. : Cette croissance rapide et cette volonté de croître encore ne risquent-elles pas de déstabiliser votre business model ?
J.B. : Nous ne nous départirons pas de notre stratégie qui repose sur une croissance saine. Pas question d'acheter des parts de marché ou d'abuser des canaux tactiques. Notre succès repose sur la solidité de nos valeurs résiduelles et des loyers compétitifs, malgré les hausses de prix. Cela nous permet de proposer, en 2026, une Fabia avec un loyer semblable à celui de 2022.
J.A. : L'année 2025 a donc été bonne pour Skoda. Qu'en a-t-il été pour votre réseau ? Connaissez-vous déjà la rentabilité ?
J.B. : Notre réseau sera rentable en 2025. Je n'ai pas encore le chiffre annuel, mais la rentabilité devrait être supérieure à 0,5 % et même atteindre 1 % pour les exclusifs Skoda. Notre réseau, qui compte 172 points de vente et 253 points de service, est une pièce maîtresse de notre stratégie car il est notamment au cœur de l'expérience client. D'ailleurs, en 2026, nous allons reformater notre programme dédié à l'expérience client, baptisé Human Touch, pour encore améliorer les choses. Notre réseau a aujourd'hui quasiment terminé la mise aux normes, tant extérieure qu'intérieure, et je les remercie d'avoir investi durant ces dernières années. Nous avons su tisser une relation très forte avec nos partenaires.
Sur le même sujet
Laisser un commentaire
Vous devez vous connecter pour publier un commentaire.
