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Constructeurs

IG Metall dénonce un plan de réorganisation de Stellantis visant Opel

Publié le 8 octobre 2021

Par Gredy Raffin
3 min de lecture
Soucieux pour l'avenir de la marque Opel, le syndicat allemand IG Metall s'oppose à un plan de Stellantis qui aspire à réorganiser les outils de production. La marque au blitz serait alors sous la menace d'un démantèlement de ses usines.
Le projet porte sur un changement de statut juridique des usines Opel de Rüsselsheim et d'Eisenach en Allemagne.
Le projet porte sur un changement de statut juridique des usines Opel de Rüsselsheim et d'Eisenach en Allemagne.

IG Metall est vent debout contre un projet de Stellantis qui vise à réorganiser Opel. Le syndicat allemand de l'automobile accuse le constructeur de vouloir "fuir" la cogestion au moyen d'un "démantèlement". Une montée au front qui fait suite aux révélations d'un porte-parole d'Opel à l'AFP qui a indiqué que le constructeur "étudie" actuellement l'option de rendre juridiquement indépendantes les usines Opel de Rüsselsheim et d'Eisenach, situées respectivement dans l'ouest et le centre du pays.

 

Ce projet est imaginé "pour renforcer la coopération et la flexibilité dans le réseau de production", détaille le quotidien économique allemand Handelsblatt, qui a révélé ce plan. De fait, une fois indépendantes, les usines seraient rattachées non plus à Opel mais directement à une entité de Stellantis, "par exemple aux Pays Bas". Dans un communiqué, IG Metall a dénoncé la manœuvre soutenant que le "projet de démantèlement menace la marque Opel, les usines et l'emploi ainsi que la cogestion". Le syndicat réclame "des perspectives et des investissements".

 

Conditions de travail inchangées

 

En signe de protestation, le syndicat appelle les employés à manifester contre le projet de réorganisation, le 29 octobre 2021, dans le cadre d'une "journée d'action" départementale d'IG Metall. "Ce qu'annonce Opel ne suit aucune logique économique", a dénoncé Uwe Baum, chef du comité d'entreprise. "Il s'agit plutôt de fuir la cogestion", avec les syndicats, un pilier du modèle économique allemand. Et le cadre d'ajouter : "le démantèlement ne sert qu'à affaiblir la gestion paritaire qui fonctionne bien en Allemagne", a-t-il ajouté.

 

Opel assure de son côté que "les conditions de travail restent inchangées" et que "les accords collectifs et d'entreprise resteront en vigueur". "Nous voulons désormais discuter avec les partenaires sociaux de la mise en œuvre détaillée", a expliqué un porte-parole. Les annonces interviennent alors que le groupe aux 14 marques a fermé depuis cette semaine et "jusqu'à début 2022" l'usine Opel d'Eisenach en raison de la pénurie de puces électroniques.

 

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Pour mémoire, le groupe Stellantis "organise sa production en clusters pour atteindre une utilisation maximale et efficace des capacités" et pour "assurer que tous les sites puissent produire toutes les marques du groupe", justifie Opel, entité issue du périmètre de PSA lors de la fusion actée en 2020. L'usine de Rüsselsheim, siège historique d'Opel, compte à ce jour quelque 2 100 salariés. Celle d'Eisenach, qui emploie quelque 1 300 personnes, avait déjà été indépendante entre 1990 et 2013. Au début de l'année dernière, la marque au blitz avait présenté un calendrier de suppression de postes qui devait impacter 2 100 emplois.

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