...modèles qui ont marqué l'histoire de l'automobile.
Lorsque André Citroën présente la C6 au Salon d'octobre 1928 sous la nef du Grand Palais, ses usines emploient 30 000 ouvriers et produisent 72 000 voitures par an, vendues grâce à 14 succursales et 5 000 agents en France et en Afrique du Nord. Motorisée par un six cylindres de 2,5 l et 45 chevaux, cette C6 prend place au sommet de la gamme du constructeur, sans chercher à concurrencer les Bugatti, Isotta-Fraschini, Mercedes ou Rolls-Royce. Ces modèles habillés par les meilleurs maîtres carrossiers restent supérieurs à une C6 qui ne va pourtant cesser d'évoluer pour approcher cette "haute couture" automobile dans sa version "Grand Luxe" lancée en 1931. Grâce à cette version, la C6 fait son entrée dans les concours d'élégance jusqu'à la fin de sa carrière en 1933. Cette entrée dans le monde du luxe reste cependant timide et ces années restent synonymes de crise économique après le crack boursier de 1929. Au bord du gouffre, la firme aux chevrons passe sous le contrôle de Michelin, son plus important créancier, en 1934. Seul rayon d'espoir parmi ces difficultés, le lancement de la 7A au mois d'avril prouve la bonne santé technique de la marque.
Passé à la postérité sous le nom de sa principale innovation, ce modèle introduit la technologie des roues avant motrices et directrices sur le marché des véhicules de série dès 1934. Pionnier de la publicité moderne, Citroën privilégie ce système inédit pour la promotion de son nouveau modèle. Parmi les autres caractéristiques de la "Traction", il ne faut pas oublier la caisse monocoque autoporteuse en acier qui met fin à la séparation entre châssis et carrosserie. Les quatre roues indépendantes, les suspensions par barres de torsion et les freins à commande hydraulique complètent une fiche technique inédite. Pour amortir le coûteux développement de ce modèle, la firme multiplie les versions jusqu'à la 22 CV présentée au Salon de Paris 1934. Ce modèle à moteur 8 cylindres de 3 822 cm3 et 100 chevaux atteint les 140 km/h et peut concurrencer les Bugatti 57, Delage D8 ou Delahaye 135, symboles de l'automobile française de luxe des années trente. Malheureusement, la situation financière catastrophique de l'entreprise ne permettra pas à cette 22 CV de dépasser le stade de prototype. Il faut attendre 1936 pour assister à une reprise des ventes de la marque aux chevrons, grâce au succès de la version 11 CV qui constituera l'essentiel des commandes de "Traction Avant" jusqu'à la fin de la production en juillet 1957. Le véritable sommet de la gamme n'apparaît qu'au Salon de Paris 1938 où Citroën présente la 15-six. Berline confortable motorisée par un six cylindres, elle couronnera la gamme jusqu'en 1956 et aura même l'honneur d'inaugurer la suspension hydropneumatique dès 1954, un an avant sa célèbre remplaçante.