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Industrie

T&E s'alarme des ambiguïtés de l'Europe sur la voiture électrique

Publié le 13 mai 2024

Par Nabil Bourassi
3 min de lecture
L'ONG environnementale vient de produire une étude sur les risques d'annulation d'usines de batteries pour véhicules électriques en Europe. Selon T&E, seule la moitié de ces projets est réellement sécurisée. Elle appelle l'Union européenne à cesser de tergiverser sur la fin de la voiture thermique.
étude T&E batteries Europe
Selon T&E, les batteries électriques produites en Europe ont un bilan carbone inférieur de 37 %. ©AdobeStock-paulynn

Un coup d’avance pour la France. D’après une étude de l’ONG environnementale Transport & Environment (T&E), l’Hexagone serait le pays le mieux positionné en Europe en matière de capacités de production de batteries électriques.

 

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De cette étude très large sur les batteries, il ressort que la France serait le pays qui aurait le mieux sécurisé ses projets de gigafactories. Sur les 171 GWh de batteries prévues pour 2030, 88 % sont classés par T&E à "faibles risques" de décalage ou d’annulation.

 

L'Allemagne a sécurisé la moitié de ses projets

 

En Allemagne, ce ratio n’est que de 56 %, 49 % pour la Hongrie et 27 % pour l’Espagne. Les projets de production de ces trois pays sont toutefois supérieurs à ceux de la France. Ainsi, l’Allemagne table sur près de 350 GWh de production de batteries d’ici la fin de la décennie, contre 200 environ pour la Hongrie et l’Espagne. Sur l’ensemble de l’Union européenne, 47 % des projets de production sont sécurisés.

 

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"T&E appelle les législateurs à consolider les investissements en renforçant les politiques de l'UE en matière de voitures électriques, en appliquant des exigences strictes en matière de durabilité des batteries qui récompensent la fabrication européenne, et en renforçant le financement au niveau de l'UE", écrit l’ONG dans son communiqué. 

 

Car pour T&E, la relocalisation de la production de batteries sur le territoire européen permet de baisser leur bilan carbone de 37 %. Ce chiffre a été calculé en tenant compte du mix énergétique actuel de l’Union européenne. Les émissions de CO2 baisseraient de 62 % si ces batteries étaient produites à partir d’énergies renouvelables.

 

L'ombre de la Chine

 

L’ONG reconnaît toutefois que la Chine dispose d’un avantage déterminant sur les approvisionnements en matières premières. T&E estime que l’Union européenne pourra produire elle-même 56 % de ses besoins en cathode d’ici 2030, dans le meilleur des cas. L’ONG estime toutefois que l’Europe pourra générer la totalité de ses besoins en lithium d’ici la fin de la décennie.

 

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"La course aux batteries entre la Chine, l'Europe et les États-Unis s'intensifie. Si certains investissements dans les batteries, qui risquaient d'être détournés par les subventions américaines, ont été sauvés depuis l'année dernière, près de la moitié de la production prévue d'ici 2030 est encore menacée. Pour y remédier, l'UE doit éviter toute ambiguïté sur la fin de vente des moteurs thermiques et fixer des objectifs d'électrification pour les véhicules d'entreprises. Ces signaux forts permettront d'assurer aux investisseurs que les gigafactories européennes disposeront d'un marché garanti pour leurs produits" déclare Diane Strauss, directrice France de Transport & Environment. 

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