Michelin en recul sur l’exercice 2025

"En 2025, plusieurs marchés de Michelin ont été fortement affectés par une concurrence exacerbée, par de nouvelles politiques douanières particulièrement instables et par un environnement réglementaire pénalisant, ce qui a pesé sur nos volumes", a souligné le président du groupe Florent Menegaux, cité dans un communiqué.
Voilà l'année 2025 résumée en une phrase par le président de Michelin. Le manufacturier avait d'ailleurs révisé à la baisse ses résultats annuels en octobre 2025. Dans ce contexte, le manufacturier français a vu son chiffre d'affaires reculer de 4,4 %, à 26 milliards d'euros. Son bénéfice net a reculé de 12 %, à 1,7 milliard d'euros.
Il s'agit de la troisième année consécutive que cet indicateur baisse, après -4,7 % en 2024 et -1,3 % en 2023.
En 2025, la hausse des droits de douane aux États-Unis, où le groupe réalise environ un tiers de son chiffre d'affaires, a pesé environ 230 millions d'euros dans les coûts de l'entreprise. Celle-ci anticipe une charge supplémentaire de 120 millions d'euros en 2026.
"Au troisième trimestre, on avait cherché à répercuter ces surcoûts. Le marché ne l'avait pas accepté. On a dû pédaler en retrait pour réajuster notre compétitivité", a rappelé le directeur financier Yves Chapot, lors de la présentation des résultats à la presse.
Les variations des taux de change ont coûté 200 millions d'euros au groupe en 2025, dont "presque la moitié" à cause de la baisse du dollar face à l'euro, selon le directeur financier.
Dans ce contexte, contrairement à 2024, Michelin n'a pas su maintenir sa "marge opérationnelle des secteurs", l'indicateur de rentabilité qu'il privilégie, estimée à 10,9 % (12,4 % en 2024) à taux de change constants, en raison du "faible chargement des usines". Son résultat opérationnel des secteurs s'est établi à 2,9 milliards d'euros (-14,7 %).
Rachat d'actions pour 2 milliards d'euros
Cause principale de la baisse du bénéfice, la contraction des volumes de pneus vendus (-4,7 %) provient à "plus de 80 %" du marché de "la première monte et plus particulièrement des activités poids lourds et agricole en Amérique du Nord", rapporte l'industriel.
Les ventes pour les poids lourds en Amérique du Nord et centrale ont ainsi chuté de 20 %, et ont atteint à un niveau "historiquement bas", en raison des "nombreuses incertitudes politiques (remise en cause des réglementations environnementales prévues) et économiques qui ont incité les flottes à retarder leurs investissements dans de nouveaux véhicules".
Pour les voitures et deux-roues, les ventes ont progressé de 2 % dans le monde, sauvées par la Chine (+9 %) grâce à "un programme de subventions publiques qui a largement soutenu la demande intérieure".
Les pneus pour véhicules miniers affichent en revanche une croissance des volumes d'environ 4 %, "soutenue notamment par le dynamisme de la demande de cuivre et d'or".
Annoncées début 2026, les trois acquisitions d'entreprises américaines dans les secteurs des tissus plastifiés de haute technologie (Cooley Group et Tex Tech) et des joints (Flexitallic) viendront renforcer l'activité "hors pneu" du manufacturier.
La part de cette activité au sein du résultat opérationnel des secteurs a augmenté de 22 millions d'euros en 2025.
Fort d'un flux de trésorerie meilleur que prévu, à 2,1 milliards d'euros, Michelin va par ailleurs lancer un nouveau programme de rachat d'actions de 2 milliards d'euros sur la période 2026-2028, ce qui envoie "un message de confiance dans l'avenir", a souligné Yves Chapot.
En 2026, "les marchés pneumatiques sont anticipés stables", "indépendamment de l'instabilité des règles du commerce international", a estimé le groupe.
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