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Industrie

Michelin à un tournant de son histoire ?

Publié le 12 septembre 2012

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Par Alexandre Guillet
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4 min de lecture
Presque simultanément au délicat épisode de PSA, Aurélien Duthoit, consultant chez Xerfi, publiait une note sur Michelin indiquant que la question du poids de son activité en France allait se poser.
Jean-Dominique Senard, gérant de Michelin.

“Michelin à un tournant de son histoire ?”, telle est l’accroche, plutôt agressive, d’Aurélien Duthoit pour ouvrir sa note sur le groupe Michelin. A ses yeux, le pneumaticien fait valoir deux forces capitales. D’une part, un solide ancrage dans le Premium, segment où les marges sont les plus fortes. Michelin occupe le deuxième rang de ce périmètre du marché en Europe comme aux Etats-Unis. D’autre part, une position affirmée sur le marché des pneus techniques (génie civil, agriculture, aéronautique…), c’est-à-dire à nouveau un domaine où les marges sont significatives. D’ailleurs, si cette activité ne représente que 15 % de ses ventes globales, elle contribue à hauteur de 36 % aux bénéfices dégagés par le groupe.

Une opération consolidation saluée par les analystes, avec une nuance…

En outre, on peut ajouter que le groupe s’est efforcé, ces dernières années, de consolider ses positions financières. Une approche technique, mais aussi stratégique, comme le confiait Michel Rollier, peu avant la passation de pouvoir à Jean-Dominique Senard : “Nous avons renforcé la structure financière de Michelin, si bien qu’elle est la meilleure depuis les 50 dernières années. Mais parallèlement, nous avons aussi développé nos “capteurs” sur les marchés, de manière à accélérer encore notre réactivité et défini un certain nombre de leviers à mettre en œuvre, dès que cela s’avère nécessaire. En 2009, nous avons ainsi réagi beaucoup plus vite que ce que nous avions pu faire lors des crises de 1982 et 1999. C’est essentiel car il faut garder à l’esprit qu’une journée de production non vendue équivaut bon an mal an à 20 millions d’euros de perte”. Cette approche, ainsi que des résultats semestriels en forte hausse et nettement supérieurs aux attentes, ont d’ailleurs eu des conséquences positives auprès des agences de notation, Moody’s et Standard&Poor’s ayant tout récemment revu à la hausse la note de Michelin. Au même titre que la banque Goldman Sachs qui a réévalué son opinion de “vente” à “neutre” au début de l’été. Cependant, certains analystes restent sceptiques, à l’image des équipes d’UBS qui estiment que la forte présence industrielle du groupe en Europe et en France fragilise le groupe.

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