JOURNAL DE L’AUTOMOBILE. On connaît votre groupe sur ses métiers fondamentaux, mais depuis quelque temps, on note une nouvelle orientation vers les nouvelles mobilités, peut-on parler de diversification ?
OLIVIER BAUJARD. Segula Technologies est un groupe de conseil en innovation et d’ingénierie. Voilà son positionnement, c’est à la fois l’idée, le concept et la manière d’y parvenir, la mise en œuvre. Nos racines automobiles sont très anciennes, mais il est vrai que, depuis cinq ans, nous nous diversifions. En schématisant, on peut dire que la moitié du chiffre d’affaires mondial provient de l’automobile et l’autre moitié d’autres industries, aéronautique, transports, énergies… Désormais, plus de 25 % de notre activité est réalisée à l’international et c’est là que la croissance est la plus forte, via l’accompagnement de nos clients français, mais aussi avec des clients locaux. En outre, nous avons des opportunités, car si le partage de la valeur ajoutée et de l’innovation et le recours à un tiers sont actés dans l’industrie française ou allemande, ce n’est pas le cas dans de nombreux autres pays.
JA. Pourquoi mettez-vous l’accent sur les nouvelles mobilités et sur le véhicule électrique en particulier ?
OB. Il y a deux ans, déjà sur le Mondial, nous avions dévoilé le prototype EF01, une voiture de course tout électrique, qui vit désormais sa propre vie en lançant un championnat de course VE. C’est peut-être la racine de la compétition automobile du futur. Ensuite, l’an dernier, nous avions présenté un véhicule spécialisé, un fauteuil roulant qui a eu de nombreux prix. L’innovation et l’ingénierie se trouvaient plus liées à la dimension sociétale. Ce produit devrait être commercialisé prochainement avec des partenaires. Enfin, cette année, nous présentons Hagora, un concept qui préserve l’émotion et qui apporte une double performance, performance pure et performance environnementale. C’est donc un concentré d’innovations. Ce sont 217 chevaux dans un espace exceptionnellement réduit. Avec Rotax, une filiale de Bombardier, nous avons retenu un moteur deux temps, car ce type de moteurs pourrait faire son grand retour avec les normes Euro 6, que nous avons couplé à un moteur électrique avec une transmission variable. Nous serons donc sous la barre des 3 litres en cycle mixte.
JA. Près du cap symbolique des 2 litres mis en avant par le gouvernement ou pas encore ?
OB. Nous parlons de ce dont nous sommes sûrs. La barre des 3 litres, c’est acquis, mais pas encore celle des 2 litres.