Avec un chiffre d’affaires en hausse de 1,9 %, à 52,5 milliards d’euros, et une rentabilité de 2,5 % (avant impôts et résultats financiers), il n’y a pas péril en la demeure. Le nouveau président du directoire, Volkmar Denner, ne se satisfait cependant pas d’un résultat opérationnel de 1,310 milliard d’euros alors qu’il était de 2,709 milliards en 2011. Certes, les nombreux investissements en “Rechange automobile” (achat de SPX par exemple) et en “Packaging Technology”, les fortes hausses de matières premières, un ralentissement du chiffre en Europe notamment, et la perte sèche de plus d’un milliard d’euros dans le photovoltaïque constituent de solides explications à cette situation. Le président entend bien pérenniser le groupe, constitué de 305 900 collaborateurs (en hausse de 3 400 personnes) et rentabiliser les 4,8 milliards d’euros investis en Recherche et Développement. Mais pas question de se laisser aller à un plan social, alors que l’on dispose de tant de ressources : le président change, l’esprit reste.
Plan B
Trois thèmes ont présidé à l’édification des mesures pour accroître la rentabilité du groupe. En premier lieu, poursuivre les investissements en R&D tout en stabilisant les acquisitions (des critères stricts de compétitivité devront toujours être scrutés à la loupe). Les effectifs en ce domaine sont en hausse, et comptent 42 800 personnes. Bien évidemment, cette croissance continuera et sera tirée par les besoins en Asie-Pacifique. Parallèlement, Volkmar Denner a ordonné un programme drastique de réduction des coûts fixes afin d’améliorer la compétitivité et a, aussi, appelé à “être plus réactifs et plus souples face aux fluctuations du marché”. Un accord avec le personnel pour gagner en flexibilité a d’ailleurs été signé. Et, surtout, le “Bosch Way” a été déclenché afin de prévenir la stagnation du marché européen et les problèmes de cette zone. Il s’agit pour tous les pays d’adapter leur stratégie localement pour, d’une part, accroître la compétitivité et, de l’autre, trouver de nouveaux leviers de croissance via des produits innovants et de nouveaux business modèles. L’idée étant de conquérir de nouvelles parts de marché et de retrouver rapidement un résultat opérationnel de l’ordre de 8 %. L’abandon de l’activité du photovoltaïque cristallin (un milliard d’euros de pertes en 2012) participe de ce nouvel élan, les “régions” devant puiser dans le catalogue produits environnement du groupe pour créer de nouvelles sources de chiffre d’affaires. Volkmar Denner a précisé, dans le même esprit, que le groupe allait tout faire pour gérer les trois mille emplois concernés par cet arrêt, en cherchant des acquéreurs, en transposant des emplois dans d’autres secteurs du groupe ou encore en transformant des sites de production. Le président a, par ailleurs, évoqué le fait que le second semestre 2013 serait plus propice au groupe, qui devrait atteindre sur l’année une hausse de 2 à 4 % de son chiffre d’affaires.