L’effervescence qui a accompagné la progression du secteur des ventes aux enchères automobiles, entre 2000 et 2005, ne semble plus aussi perceptible depuis quelques années. La fermeture des pays du Maghreb, très vite suivie par la crise économique, n’ont pas permis à la profession de maintenir cette tendance ascendante. Le secteur automobile vit des heures difficiles, la vente aux enchères de VO également. “Mais l’activité n’est pas pour autant tombée aux oubliettes. Je n’ai pas ressenti une désaffection dans les salles”, défend Guillaume Arnauné, commissaire-priseur à Toulouse Enchères Automobiles. Avec 179 000 transactions réalisées en 2009, et un montant d’adjudication qui s’est élevé à 840 millions d’euros, en hausse de 8,4 %, la profession a représenté, l’an passé 2,8 %, des ventes de VO en France. A titre de comparaison, la part des ventes aux enchères de VO aux Etats-Unis représentait 25,6 % et 18 % au Royaume-Uni en 2009. “La vente aux enchères automobiles est un canal de vente historique au Royaume-Uni, qui a également trouvé sa place en Europe du Nord, mais qui reste encore totalement absent de certains pays d’Europe. En France, nous sommes dynamiques mais restons encore un acteur jeune face aux négociants et aux réseaux de marques qui sont installés depuis longtemps. C’est à nous de trouver notre place”, expose Guillaume Arnauné.
Secteur en quête de notoriété
Une place qu’il convient de défendre face aux exigences toujours plus prononcées des apporteurs d’affaires et de valoriser aux yeux des particuliers et du grand public. Un défi de taille. “C’est une profession qui est assez mal connue de manière générale même si nous représentons des volumes conséquents”, confiait Jean Livinec, dirigeant de Bretagne Enchères, dans le JTA en septembre dernier. Même constat pour Fabrice Léger, directeur commercial du réseau Five Auction : “Nous sommes clairement confrontés à un problème de notoriété. Beaucoup de gens du nord de la France ne savent pas qu’il existe l’un des plus importants centres de ventes aux enchères à Béthune”, déplore-t-il. De l’avis de Guillaume Arnauné, la disparité qui caractérise le paysage français des ventes aux enchères automobiles, entre les spécialistes du BtoB, du BtoC et les acteurs dédiés aux enchères électroniques, ne participe pas d’une plus grande visibilité.