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Constructeurs

Stellantis et Dongfeng : vers un renforcement du partenariat en Chine ?

Publié le 15 avril 2026

Par Catherine Leroy
4 min de lecture
Longtemps en retrait sur le marché chinois, Stellantis semble opérer un virage stratégique. Le groupe réaffirme l’importance de son partenariat avec Dongfeng et ambitionne de faire de Wuhan une base industrielle clé pour l’export de véhicules.
M-Hero Dongfeng
La marque M-Hero appartient au constructeur Dongfeng Motor Corporation. ©Dongfeng

Longtemps en retrait sur le marché chinois, Stellantis semble aujourd’hui opérer un changement de cap significatif. À Wuhan, berceau historique de son partenariat avec Dongfeng Motor Group, le discours du constructeur a évolué au début de cette année 2026.

 

Faut-il y voir les prémices d’un renforcement durable de l’alliance sino-européenne ? Le 9 janvier 2026, la convention annuelle des distributeurs de Dongfeng Peugeot-Citroën Automobile (DPCA) a donné le ton, comme le rapportait récemment le site Italpassion.com. L’événement s’est articulé autour d’un mot d’ordre explicite : "En Chine, pour le monde". Un slogan qui traduit une inflexion stratégique majeure qui était alors confirmée par Grégoire Olivier, directeur de Stellantis pour la Chine et l’Asie-Pacifique.

 

Face au réseau de distributeurs, ce dernier a affirmé que le nouveau directeur général du groupe, Antonio Filosa, accordait une importance stratégique majeure à la Chine et entendait y redevenir un acteur à part entière.

 

Un discours en rupture

 

Plus récemment, le 14 avril 2026, c’est au tour de Clara Ingen-Housz, directrice de la communication et des affaires publiques de Stellantis, au forum Wuhan Goes Global qui se déroulait à Paris le 14 avril 2026, d’apporter de nouveaux signaux sur un réveil du partenariat.

 

"Nous ajustons notre stratégie pour rester agile et la Chine reste un marché clé pour l’automobile. Stellantis est prêt à tirer parti de l'expertise industrielle de Wuhan pour exporter des véhicules électriques produits à Wuhan vers les marchés d'Asie, d'Afrique et d'Amérique du Sud, dans des conditions de qualité et de compétitivité exceptionnelles", a-t-elle affirmé devant un parterre d’officiels chinois membres de la Vallée de l’automobile à Wuhan, accompagnée par Jean-Pierre Raffarin, chargé de mission par Emmanuel Macron pour établir de nouvelles relations franco-chinoises.

 

Ce repositionnement tranche avec les orientations affichées ces dernières années. En octobre 2023, Stellantis annonçait la cession à Dongfeng des trois usines de DPCA situées à Wuhan, Chengdu et Xiangyang, pour un montant estimé à 1,71 milliard de yuans (environ 220 millions d’euros). Une décision alors présentée comme une étape clé d’une stratégie d’allègement des actifs en Chine.

 

Quelques jours plus tard, le groupe officialisait également sa prise de participation de 20 % dans le constructeur chinois de véhicules électriques Leapmotor, marquant un pivot vers de nouveaux partenariats.

 

Ce mouvement faisait suite à des déclarations plus radicales encore. Dès octobre 2022, Carlos Tavares n’excluait pas la possibilité pour Stellantis de cesser à terme toute production locale en Chine. Autant d’éléments qui laissaient penser à un désengagement progressif.

 

Stratégie de reconquête

 

Or, début 2026, le discours a radicalement changé. Cette orientation s’inscrit dans le cadre du "plan de renaissance sur trois ans" de la coentreprise, dont 2026 marque le point de départ. L’objectif n’est plus seulement de maintenir une présence minimale, mais de reconstruire une offre compétitive sur un marché dominé par des acteurs locaux particulièrement agressifs, en pointe sur l’électrification et les technologies embarquées.

 

La Citroën C5 X est toujours produite par la coentreprise entre Stellantis et Dongfeng à Wuhan en Chine. ©JA

 

Signe supplémentaire d’un possible rapprochement, Stellantis aurait récemment signé un accord préliminaire avec Dongfeng Motor autour d’un projet de développement commun. Celui-ci porterait notamment sur un SUV tout-terrain de la marque Jeep, avec l’intégration des marques chinoises Voyah et M-Hero. Si ces informations se confirment, elles illustreraient une volonté de coopération renforcée, allant au-delà du cadre historique de la coentreprise DPCA.

 

Cette dynamique suggère que Stellantis pourrait désormais considérer la Chine non seulement comme un marché difficile, mais aussi comme un levier stratégique pour nourrir son offre globale, notamment dans les domaines des batteries, de l’électrification et du software.

 

Reste à savoir si cette inflexion se traduira par un véritable renforcement structurel du partenariat avec Dongfeng. Des clarifications pourraient intervenir à l’occasion de la présentation du prochain plan stratégique du groupe, attendue le 21 mai 2026 et présenté par Antonio Filosa.

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