Malus automobile : plus d’une voiture neuve sur deux désormais taxée

Le durcissement du malus automobile franchit un nouveau cap en 2026. Selon les estimations établies à partir des données du SIV par Dataneo et Mobilians, 50,3 % des voitures particulières neuves immatriculées au premier trimestre ont été soumises à un malus CO2, au malus au poids, ou aux deux dispositifs cumulés. Une première sur le marché français.
Cette progression intervient alors que les volumes restent dégradés. Malgré un marché attendu entre 1,65 et 1,68 million d’immatriculations cette année, les recettes liées aux taxes automobiles continuent d’augmenter. Elles atteignent déjà 231,1 millions d’euros sur les trois premiers mois de l’année et pourraient avoisiner 971 millions d’euros sur l’ensemble de 2026.

Source Dataneo/Mobilians
Le marché des généralistes désormais touché
Depuis le 1er janvier, le seuil de déclenchement du malus CO2 a été abaissé à 108 g/km, contre 113 g/km auparavant. Parallèlement, le malus selon la masse s’applique désormais dès 1 500 kg, contre 1 600 kg en 2025.
Résultat : des véhicules jusque-là épargnés basculent dans le champ de la taxation, tandis que d’autres subissent une hausse sensible de leur facture fiscale. Le montant moyen du malus progresse ainsi à 1 143 euros par véhicule concerné, contre 1 095 euros un an plus tôt.
Le phénomène ne touche plus uniquement les modèles premium fortement motorisés. Avec le resserrement des barèmes, une partie du marché généraliste se retrouve désormais concernée.
Les familiales et les citadines de plus en plus exposées
Le classement des modèles les plus contributeurs illustre cette évolution. Le Peugeot 5008 devient le premier véhicule générateur de recettes fiscales sur le trimestre, avec 7,92 millions d’euros liés aux malus pour un peu plus de 5 000 immatriculations.

Source Dataneo/Mobilians
Les SUV premium allemands demeurent fortement pénalisés à l’unité. Les Mercedes GLA et GLC, le BMW X3 ou encore l’Audi Q3 figurent parmi les modèles les plus taxés du marché. Les niveaux de malus dépassent fréquemment plusieurs milliers d’euros par véhicule en raison du cumul entre émissions de CO2 et masse élevée.
Mais la nouveauté vient surtout de l’apparition de modèles plus accessibles dans ce classement. La Citroën C3 et la Dacia Sandero figurent désormais dans le top 10 des véhicules contribuant le plus aux recettes du malus, sous l’effet de volumes de ventes importants et d’un abaissement progressif des seuils.
Les marques françaises montent en première ligne
Les marques allemandes restent les principales contributrices aux recettes fiscales. BMW et Mercedes-Benz génèrent chacune 27,5 millions d’euros sur le trimestre, devant Volkswagen avec 21,7 millions.
Mais les constructeurs français voient leur exposition augmenter rapidement. Peugeot atteint 19,3 millions d’euros de contribution, Citroën 14,4 millions et Renault 13,3 millions.
Le durcissement des barèmes modifie ainsi progressivement la structure du marché : le malus ne cible plus seulement les véhicules haut de gamme, mais touche désormais des segments centraux du marché français, notamment les SUV familiaux et certaines motorisations essence généralistes.

Source : Dataneo/Mobilians
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